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Otto von Bismarck (1815 - 1898)

Le «Chancelier de fer»


Otto von Bismarck est né le 1er avril 1815 en Poméranie, dans une famille de junkers, la classe des petits nobles prussiens, conservateurs, militaristes et dévoués à leur souverain.

Par son action brutale à la tête du gouvernement prussien, cet homme d'État va peut-être plus qu'aucun autre infléchir le cours de l'Histoire.

C'est ainsi qu'il va transformer l'Allemagne démocratique et cultivée en un État autoritaire et militariste. Sans l'avoir consciemment voulu, il porte sans nul doute une responsabilité dans les événements qui ont conduit aux drames du XXe siècle.

Un homme de conviction

Après un bref passage dans l'administration et la magistrature, Bismarck est élu au Parlement de Prusse où il se fait remarquer par ses discours violents vis-à-vis des idées «révolutionnaires» ou simplement démocratiques.

Ne se cachant pas d'être agnostique, voire athée, Bismarck n'a qu'une passion, la Prusse, et agira constamment en vue d'étendre son emprise sur l'Allemagne. Ses idées sont servies par son physique impressionnant de colosse aux yeux bleus et au regard direct, autant que par sa franchise brutale et volontiers sarcastique.

Nommé ambassadeur à la Diète fédérale de Francfort de 1852 à 1858, Otto von Bismarck y acquiert la conviction que l'unité allemande devra se faire sous l'égide de la Prusse et au besoin contre l'Autriche. Il est ensuite ambassadeur à Saint-Pétersbourg puis à Paris. Pendant ses vacances dans le Midi de la France, il est rappelé d'urgence à Berlin et reçu par le roi le 23 septembre 1862.

Le 23 septembre 1862, le roi Guillaume 1er, qui a succédé à son frère quelques mois plus tôt, lui offre le poste de ministre-président, autrement dit la direction du gouvernement. Jusqu'à sa mort, en 1888, il va lui conserver sa confiance malgré leur incompatibilité de caractère et de très violents heurts entre les deux hommes !

Prussien par-dessus tout

Le comte Otto von Bismarck, chancelier de Prusse (photo colorié de 1866)Bismarck, que l'on surnommera rapidement et avec justesse le «Chancelier de fer», raffermit l'autorité de l'État prussien et de son souverain en bafouant allègrement les prérogatives des députés.

Sa politique est résumée par un député dans l'aphorisme : «La force prime le droit» et lui-même rappelle publiquement que les grands problèmes du temps ne sauraient être résolus par le Parlement mais «par le fer et par le sang» !

Il fait capoter une tentative de l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er d'unifier l'Allemagne autour de Vienne en dissuadant Guillaume 1er de se rendre à la Journée des Princes convoquée à cet effet.

Adepte de la «Realpolitik», il provoque une guerre avec l'Autriche et remporte une victoire écrasante sur les Autrichiens à Sadowa , le 3 juillet 1866. La défaite de l'Autriche fait en Europe l'effet d'un «coup de tonnerre». L'Autriche est exclue d'Allemagne. La Prusse, quant à elle, annexe la plupart de ses adversaires d'Allemagne du Nord.

La Confédération germanique est remplacée le 15 décembre 1866 par une Confédération de l'Allemagne du Nord, avec 21 États sous la mainmise écrasante de la Prusse. La Confédération comporte un Parlement fédéral composé de deux assemblées : le Bundesrat, ou Conseil fédéral, et le Reichstag, ou Chambre des députés. Ceux-ci sont élus au suffrage universel.

La réalité du pouvoir appartient au Président héréditaire qui n'est autre que... le roi de Prusse Guillaume 1er, assisté d'un Chancelier fédéral en la personne de Bismarck !

Il ne manque à la nouvelle Confédération que d'être rejointe par les grands États du Sud (Bade, Bavière...) pour que toute l'Allemagne soit enfin unie. Avec la même habileté dont il a usé contre l'Autriche, Bismarck s'emploie à unir les Allemands contre... la France de Napoléon III.

En truquant une dépêche officielle de l'empereur Guillaume 1er en vacances dans la station thermale d'Ems, Bismarck monte les opinions publiques l'une contre l'autre. Le gouvernement français déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 et Napoléon III est capturé à Sedan le 2 septembre suivant. Comble de l'humiliation, c'est à Versailles, dans la galerie des Glaces, le 18 janvier 1871, qu'est solennellement proclamé le IIe Reich.

Bismarck peut savourer son triomphe lors de sa signature du traité de Francfort, non sans commettre l'erreur d'enlever à la France l'Alsace et le nord de la Lorraine, empêchant toute réconciliation future entre les deux pays. Le chancelier va s'atteler dès lors à la construction d'une nation puissante avec les 25 États qui composent le IIe Reich, chacun conservant ses lois, sa Constitution et même son souverain (sans compter l'Alsace-Lorraine, érigée en terre d'Empire).

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