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650 avant JC à nos jours

Brève histoire de la monnaie


L'idée de frapper des pièces en métal précieux est née autour de la mer Égée vers 650 av. J.-C.

La monnaie, symbole ostentatoire

Les premières pièces ont, semble-t-il, pour principal but de satisfaire l'ego des cités et de leurs dirigeants...

Il en va ainsi des pièces en électrum (un alliage d'or et d'argent) frappées à Sardes par le roi Alyattès, qui règne sur la Lydie entre 610 et 560 av. J.-C.

Ses pièces portent son emblème, une ou plusieurs têtes de lion. Elles peuvent s'échanger localement comme de quelconques bijoux.

Mais on ne tarde pas à trouver aux pièces frappées d'autres avantages comme de faciliter les échanges de marchandises : dès lors que leur valeur, autrement dit leur poids en métal précieux, est garantie par un roi ou une association de marchands, ces pièces peuvent en effet être échangées contre des marchandises beaucoup plus pondéreuses (bétail, céréales...).

C'est ainsi que la monnaie devient le référentiel d'échange que nous connaissons.

La monnaie, outil d'échange

À partir de là, l'échange monétaire se substitue peu à peu au troc traditionnel (marchandise contre marchandise).

Le développement du commerce entre les cités grecques lui donne un coup de fouet. « Il fallait bien qu'Athènes elle-même exporte notamment ses céramiques décorées pour payer le blé qu'elle importait en grande quantité pour se nourrir. Au IVe siècle, ces importations représentaient régulièrement la moitié du grain consommé dans la cité » (*).

Ces premières pièces grecques sont frappées à l'effigie des cités (par exemple la chouette pour Athènes) afin de rassurer les utilisateurs sur leur valeur.

La monnaie au service de la puissance romaine

En 269 av. J.-C., les Romains installent leur atelier de frappe des sesterces dans le temple de la déesse Junon, protectrice du foyer et pour cette raison surnommée « Moneta » (du latin monere, conseiller). De là découle l'appellation donnée aux pièces, dont nous avons fait monnaie (money en anglais, moneda en castillan...).

Auguste réorganise le système monétaire romain sur le principe du trimétallisme, avec la circulation en parallèle de pièces en or, argent et bronze. L'aureus pèse environ 8 grammes d'or, sa parité avec le denier d'argent est fixée à 1/25. Le denier lui-même équivaut à 4 sesterces de bronze. Mais la raréfaction progressive de l'argent entraîne une rupture des parités et une perte de confiance dans la valeur respective des pièces.

Au début du IIIe siècle après J.-C., l'empereur Constantin impose le monométallisme avec une pièce en or, le solidus (massif, en latin), d'où nous viennent les mots sou mais aussi solde et soldat. Les premiers solidus sont frappés à Trèves, en Rhénanie, en l'an 310. Leur circulation va perdurer en Europe pendant un demi-millénaire !...

Après les troubles du haut Moyen Âge, Charlemagne, faute d'approvisionnement suffisant en or, doit se résigner à mettre en circulation une nouvelle monnaie de référence, le denier d'argent (de 1,36 à 1,80 grammes d'argent). Du monométallisme fondé sur l'or, voilà donc que l'on passe à un monométallisme fondé sur l'argent ! Celui-ci va si bien entrer dans les moeurs qu'on utilise aujourd'hui encore le nom de l'argent comme synonyme de monnaie ou numéraire.

À l'époque féodale, la dispersion du pouvoir régalien entre une multitude de seigneuries indépendantes entraîne la création d'autant d'ateliers de frappe avec des monnaies locales de faible valeur. 

Les pièces d'or réapparaissent au XIIIe sièce, dans la grande période d'expansion économique du Moyen Âge, avec la renaissance du commerce international. La première est le florin de Florence en 1252. Vient ensuite le prestigieux ducat de Venise. Saint Louis, pour faire bonne mesure, limite l'activité des ateliers seigneuriaux et crée le gros tournois d'argent et l'écu, d'une valeur de 10 sous tournois.

Le thaler, première monnaie internationale

En 1559, l'empereur d'Allemagne Ferdinand 1er de Habsbourg crée un Reichsthaler en argent qui s'honore d'un franc succès. Son nom est une abréviation de Joachimsthaler. Il vient de Joachimsthal (« vallée de Joachim ou Jacques »), ville autrichienne entourée de riches gisements argentifères, dans les monts Métallifères.

En 1750, l'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg fait à son tour frapper un thaler d'argent à son effigie avec l'inscription : M. THERESIA D. G. R. IMP. HU. BO. REG. ARCHID. AVST. DUX BURG. CO. TYR. (abréviation de Maria Theresia, Dei Gratia Romanorum Imperatrix, Hungariae Bohemiaeque Regina, Archidux Austriae, Dux Burgundiae, Comes Tyrolis, Marie-Thérèse, impératrice romaine, reine de Hongrie et de Bohême, archiduchesse d'Autriche, duchesse de Bourgogne, comtesse du Tyrol).

Très vite, le Maria Theresien Thaler (MTT) va devenir une monnaie internationale très prisée dans les colonies espagnoles et anglaises d'Amérique. Après la mort de Marie-Thérèse en 1780, cette monnaie de très bon aloi sera frappée avec la date de 1780 et le portrait bien en chair de la souveraine dans son âge mûr. Elle continuera de l'être jusqu'au milieu du XXe siècle du fait d'une popularité persistante en Afrique orientale et dans la péninsule arabe !

René Castillon
Du thaler au dollar

Quand ils créent en 1792 leur propre monnaie, les États-Unis donnent à celle-ci un nom, le dollar, qui n'est autre qu'une déformation phonétique du mot thaler, la monnaie de Marie-Thérèse ayant été la première qu'aient utilisée les planteurs d'Amérique du nord. L'actuel dollar américain en est d'une certaine manière l'actuel et véritable continuateur du thaler de Marie-Thérèse !

Publié ou mis à jour le : 2014-03-20 08:38:45