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24 mai 1873

Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée


Le 24 mai 1873, à Paris, la majorité monarchiste de l'Assemblée nationale retire sa confiance au président de la République Adolphe Thiers. Elle lui reproche son manque d'empressement à restaurer la monarchie après l'effondrement du Second Empire.

Joseph Savès
Une «élection de maréchal»

Le maréchal Patrice de Mac Mahon, duc de Magenta, héros de Malakoff (65 ans) est le jour même hissé à la présidence de la République avec pas moins de 300 voix sur 392 (on qualifie depuis lors d'«élection de maréchal» une élection à la quasi-unanimité !).

Le nouveau président, légitimiste bon teint, annonce son intention de rétablir l'«ordre moral» et laisse au vice-président du Conseil Albert de Broglie le soin de préparer la restauration de la monarchie. Mais les efforts de celui-ci se brisent sur l'entêtement du prétendant, le comte de Chambord, qui exige le 27 octobre 1873 la réhabilitation du drapeau blanc, inacceptable pour la très grande majorité des Français.

Pour préserver les chances de la restauration monarchique, les députés votent le 20 novembre 1873 une loi qui fixe à sept ans (un septennat) le mandat du président de la République. Quatorze mois plus tard, toutefois, le 30 janvier 1875, le député Wallon, républicain convaincu et fervent catholique, fait voter un amendement qui, sous une apparence banale, introduit le mot fatal : République ! C'en est fini des rêves de restauration monarchique. La plupart des Français, par accoutumance et résignation, se rallient à la république conservatrice que Thiers appelait de ses vœux.

Plusieurs lois constitutionnelles précisent en 1875 les pouvoirs du président. Celui-ci nomme les ministres, peut dissoudre la Chambre des députés, a l'initiative des lois, ratifie les traités, dirige les armées et bénéficie du droit de grâce, privilège d'inspiration monarchique. Cette magnifique construction va sombrer moins de deux ans à la faveur d'un conflit violent entre le président et la nouvelle majorité républicaine de la Chambre.

Après cette crise du «Seize Mai» et le triomphe des républicains, le président se résigne à ne plus faire usage de son droit de dissolution de l'assemblée et ses successeurs suivront la règle, perdant en conséquence beaucoup de leur autorité. Lui-même, désabusé, démissionne avant le terme de son mandat.

Mise à jour : 2010-05-24 01:08:04