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17 novembre 1869

Inauguration du canal de Suez


Le 17 novembre 1869, le canal de Suez est inauguré en présence de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et de l'empereur d'Autriche François-Joseph.

Aïda, cadeau de Verdi à l'Égypte

L'ouverture du canal intervient à un moment où l'Occident se prend de passion pour l'Égypte : autant la civilisation pharaonique redécouverte par Champollion que l'Égypte moderne, réformée par le vice-roi Méhémet-Ali et ses successeurs.

En prévision de l'inauguration d'un nouvel Opéra au Caire, le compositeur Giuseppe Verdi écrit Aïda sur une suggestion de l'égyptologue français Auguste Mariette. Les décors ayant été bloqués à Paris du fait de la guerre franco-prussienne de 1870, la première représentation a finalement lieu le 23 décembre 1871.

Le triomphe de Lesseps

La construction du canal a pu être menée à bien grâce à la séduction et au don de persuasion du diplomate Ferdinand de Lesseps. Celui-ci représente la France en Égypte et bénéficie par ailleurs d'une bonne réputation à la cour de Napoléon III.

Ferdinand de Lesseps et le canal de Suez, caricature de Carjat Vice-consul à 27 ans à Alexandrie, il donne des leçons d'équitation au fils préféré du khédive (vice-roi en arabe), qui gouverne l'Égypte au nom du sultan d'Istamboul.

Il rencontre à Alexandrie l'ingénieur saint-simonien Prosper Enfantin et adhère à son projet de construction d'un canal dans l'isthme de Suez.

Beaucoup plus tard, son élève Muhammad Saïd devient à son tour khédive.

De Paris, Ferdinand de Lesseps lui adresse ses félicitations. Il est invité en Égypte et profite de l'occasion pour lui présenter le projet de canal. Reste à convaincre l'opinion européenne, rassurer le sultan d'Istamboul. Reste surtout à surmonter l'opposition du gouvernement anglais qui craint pour sa domination sur le trafic Europe-Asie et pour son propre projet d'un chemin de fer entre la Méditerranée et l'Océan Indien.

Ferdinand de Lesseps renonce à solliciter les banquiers car ils réclament une part de la future société d'exploitation du canal en échange de leurs prêts. Foin de banquiers ! Il fait appel à l'épargne publique et multiplie les conférences en Angleterre et en France en vue de séduire les futurs souscripteurs.

Le khédive souscrit lui-même au projet et achète près de la moitié des actions. Il va aussi engager le crédit de l'Égypte dans la construction du canal... Ses emprunts, à des taux d'intérêt prohibitifs, vont contribuer à ruiner le pays et finalement le faire passer sous la tutelle anglaise.

En attendant, avec l'appui de la jeune impératrice des Français, Eugénie de Montijo, à laquelle sa famille est apparentée, Ferdinand de Lesseps obtient le 25 novembre 1854 une concession de 99 ans. Il fonde le 19 mai 1855 la Compagnie de Suez dont le nom est encore porté par un groupe industriel (Suez Lyonnaise des Eaux).

Une voie prometteuse

Au terme des travaux, le canal, d'une longueur de 162 km, sur 54 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur, traverse l'isthme de part en part . Des villes nouvelles naissent dans le désert : Port-Saïd sur la Méditerranée (ainsi nommée en l'honneur du khédive) et Suez sur la mer Rouge, ainsi qu'Ismaïla, entre les deux.

La jonction des eaux a lieu le 15 août 1869. De ce jour, le canal abrège de 8000 kilomètres la navigation entre Londres et Bombay en évitant de contourner le continent africain !

Ferdinand de Lesseps tentera de renouveler dix ans plus tard son exploit à Panama mais n'aboutira qu'à un désastre financier et politique...

Publié ou mis à jour le : 2013-07-19 15:20:44

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Anonyme (21-07-201312:13:10)

Ce qui me parait à moi plus intéressant, outre tout ce qui a été dit avant -mais je dois être un anticapitaliste primaire, voire primitif-, c'est de voir comment, en toutes circonstances, les pays européens réussissent à déposséder les autres de tout. Même les meilleures dispositions, les meilleures idées, les meilleurs dévouements, sont accaparés, captés par les financiers -le plus souvent anglo-saxons et... juifs (pardon pour les humanistes anti anti anti, mais c'est une réalité qu'on a aucune... Lire la suite

aldo (20-07-201317:11:34)

Il est curieux que l'on parle toujours que de Ferdinand de Lesseps qui fut le commanditaire et pas de Moulin-Bey qui dirigeât toute la construction comme ingénieur en chef et demanda même à son épouse de venir aider à soigner les ouvriers atteints de la fièvre jaune.Elle en fût d'ailleurs victime et décéda en Égypte.Moulin ,après l'inauguration fût fait BEY par le roi d'Égypte et s'appela désormais Moulin-Bey.Ces détails m'ont été donné par feu mon beau-frère dont il était descendant et possè... Lire la suite

Piet (16-11-201118:43:03)

Très intéressant... notamment quant à la genèse du projet. Quelques mots sur le vécu de cette "concession d'exploitation de 99 ans" consentie à une société française créée malgré l'opposition de londres et de la Banque, n'auraient pas été malvenus. J'ai lu quelque part que l'Angleterre de Benjamin Disraéli,premier ministre de Victoria, n'avait pas tardé à en prendre le contrôle financier en rachetant les parts du khédive grâce au concours du Rothschild de Londres.

alain Dollinger (17-11-200919:19:54)

Si Ferdinand de Lesseps fût le promoteur et le financier,l'ingénieur en chef fut M. Moulin qui perdit son épouse durant les travaux. Il lui avait demandé de diriger l'infirmerie où étaient soignés les travailleurs qui souffraient pour beaucoup de la fièvre jaune. Elle l'attrapa et en mourut. M. Moulin fut anobli par le roi d'Egypte et s'appela Moulin-Bey.


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