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Le Luxembourg, pionnier de la construction européenne


Le grand-duché de Luxembourg occupe une place singulière au coeur de l'Europe occidentale.

Après avoir obtenu une indépendance pleine et entière en 1867, il est resté longtemps discret, endurant deux occupations allemandes en 1914 et 1940. Nécessité faisant loi, il s'est résolument engagé après la Seconde Guerre mondiale dans la voie du libre-échange et de la construction européenne.

Une seigneurie médiévale convertie au libéralisme

Le drapeau du LuxembourgGrand comme un département français moyen (2600 km2, 500.000 habitants), le grand-duché est un pays bucolique et boisé, adossé aux massifs des Ardennes et de l'Eifel.

Il doit son existence moins à une conscience nationale qu'à des arbitrages et hasards diplomatiques. Ses habitants n'en sont pas moins attachés à leur singularité. De confession majoritairement catholique, ils parlent le luxembourgeois (un dialecte franc-mosellan) ainsi que le français et l'allemand, sans compter les langues des nombreuses communautés d'immigrants, en particulier le portugais, plus du tiers de la population étant originaire du Portugal.

Le grand-duché leur assure le niveau de vie le plus élevé de l'Union européenne. Sa prospérité est assise sur la banque ainsi que sur l'industrie sidérurgique, liée à la présence du gisement de fer lorrain.

Une principauté parmi beaucoup d'autres

Le Luxembourg est à l'origine une principauté médiévale comme beaucoup d'autres, fondée par un certain Sigefroid. Plus exactement, ce comte fait construire en 963, au-dessus de l'Alzette, un « petit château » (en ancien allemand : « Lützelburg », d'où nous viendrait Luxembourg).

Situé dans le tout nouvel empire germanique, le Luxembourg connaît une existence comparable à d'autres seigneuries. Il voit se succéder trois familles comtales jusqu'en 1354.

L'histoire contemporaine du Luxembourg débute en 1815. Dans le cadre du redécoupage de l'Europe au Congrès de Vienne, le Luxembourg est érigé en grand-duché et cédé au roi des Pays-Bas, Guillaume 1er.

Après la sécession de la Belgique du reste des Pays-Bas, le grand-duché est l'objet de nouvelles manœuvres diplomatiques. Celles-ci conduisent en 1831, aux termes du « traité des XXIV articles », à la cession à la Belgique de la partie francophone ainsi que d'Arlon.

Ce qui reste du grand-duché demeure placé sous l'autorité de Guillaume 1er, bien que n'ayant plus de frontière commune avec les Pays-Bas. Cette situation particulière va le conduire doucement à l'indépendance. Elle explique aussi que le grand-duché ait encore aujourd'hui le même drapeau que les Pays-Bas (à une différence près : le bleu luxembourgeois est plus clair).

Libre envers et contre tout

Depuis 1890, le trône est occupé par une branche cousine de la famille royale néerlandaise. La prospérité de cette monarchie constitutionnelle est à peine entamée par les deux guerres mondiales.

En 1922, le grand-duché conclut une union douanière avec la Belgique, son « grand » voisin. Elle est prolongée le 1er janvier 1948 par une union douanière et économique entre le Luxembourg, la Belgique et également les Pays-Bas. C'est le Benelux (Belgique-Nederland-Luxembourg), une amorce du futur Marché commun européen.

L'occupation nazie laisse aux Luxembourgeois de douloureux souvenirs comme la répression d'une grève générale, en août 1942, par laquelle ils protestent contre l'enrôlement des jeunes hommes dans la Wehrmacht.

Depuis la Libération, le grand-duché, partie prenante de toutes les institutions européennes, a renoncé à sa neutralité pour intégrer l'OTAN en 1948. Il fait figure aussi de pionnier dans la construction européenne. Ainsi est-il partie prenante de la CECA (1950), dont il accueille le siège, et du traité de Rome (1957).

Le Luxembourg héberge aussi la Cour de justice des Communautés européennes depuis 1952 et la Cour des comptes européenne depuis 1977. Enfin, c'est dans la petite ville de Schengen qu'a été signée le 14 juin 1985 la convention sur la libre circulation des personnes.

Une tache sur le front lisse du grand-duché

En 2014, les citoyens du Luxembourg se sont réjouis de voir l'un des leurs accéder à la présidence de la Commission européenne. L'heureux impétrant, Jean-Claude Juncker (58 ans), qui fut pendant 18 ans Premier ministre et ministre des Finances du grand-duché, avait l'apparence d'un homme d'État au-dessus de tout soupçon jusqu'à ce qu'un consortium de journalistes mette à jour une énorme machinerie pilotée par son gouvernement et destinée à défiscaliser les grandes multinationales (surtout américaines) installées sur le sol européen par un détournement de procédure à la limite de la légalité.

Au total, pas moins de 340 « tax rulings ». Le préjudice est de plusieurs dizaines ou centaines de milliards d'euros par an pour les budgets publics des différents États de l'Union.


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Publié ou mis à jour le : 2014-11-20 18:29:58

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

pierre dolivet (14-12-201617:26:15)

Les articles publiés sont toujours très intéressants et instructifs. Néanmoins, l'on peut regretter le côté "neutre" de "hérodote.net". Un peu de "prise de position" argumentée serait bienvenue. Pour revenir à M. Juncker, il est tout de même inconcevable qu'un homme à l'origine de "tax rulings" qui dépossède une grande partie des revenus nécessaires aux pays (services publics, au sens large du terme)voisins, puisse occuper le poste de président au sein de l'Assemblée européenne. Ce qui rejoint é... Lire la suite


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