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Heinrich Schliemann (1822 - 1890)

Le découvreur de Troie

Heinrich Schliemann (6 janvier 1822, Neubukow, Mecklembourg-Schwerin ; 26 décembre 1890, Naples), découvreur de Troie et de MycènesAprès s'être très vite enrichi dans le commerce, l'Allemand Heinrich Schliemann (1822-1890) a souhaité réaliser un rêve d'enfant : découvrir la ville mythique de Troie, l'antique Ilion, au coeur de la plus fantastique épopée de tous les temps.

Il appliqua à son projet la même énergie et la même absence de scrupules que dans le commerce. De fait, il réussit à identifier le site de Troie, sous la colline d'Hissarlik, en Asie mineure, mais ses fouilles peu précautionneuses conduisirent à la disparition définitive d'une bonne partie des vestiges de la Troie homérique. 

Sans se laisser démonter, Schliemann baptisa du nom du roi de Troie les fabuleux vestiges de l'Âge du Bronze découverts sur le site. Une fois ce  « trésor de Priam » mis à l'abri à Athènes, le découvreur entama de nouvelles fouilles dans le Péloponnèse, en particulier sur le site de Mycènes... 

Un rêve d'enfant

Né le 6 janvier 1822 dans le ménage d'un pasteur luthérien du Mecklembourg, le jeune Heinrich Schliemann dut interrompre ses études secondaires pour devenir garçon de courses chez un négociant d'Amsterdam.

Il révéla rapidement des dispositions exceptionnelles pour les langues et le commerce et fit fortune en vendant de l'indigo à Saint-Pétersbourg, avec une habileté qui confine à l'escroquerie.

Son premier mariage avec Ekaterina Lichine, une grande dame de Saint-Pétersbourg, tourna au désastre malgré la naissance de trois enfants. Il devint citoyen américain, divorce et décida de réaliser un rêve d'enfant : identifier le site de Troie, haut lieu de L'Iliade, que les archéologues de son temps qualifiaient d'imaginaire.

Avant toute chose, le commerçant, qui parle avec aisance le grec ancien et le grec moderne, eut oin de se trouver une nouvelle compagne en Grèce même.

C'est ainsi qu'ayant écrit à l'archevêque de Mantinée et Kynouria (Attique), il épousa le 23 septembre 1869 une cousine de celui-ci, Sophia Kastromenou (16 ans), après l'avoir choisie sur photographie. Le ménage vécut heureux. Il eut deux enfants baptisés Andromaque et Agamemnon.

Le chantier de fouilles d'Hissarlik, mené par Heinrich Schliemann (1878)

Passion et démesure

Sophie Schliemann porte les principaux bijoux du trésor de Priam

Sur la foi de sa lecture de l'Iliade et des descriptions de lieux qu'elle renferme, l'archéologue amateur estima que Troie devait se trouver à l'emplacement du tumulus d'Hissarlik, en Asie mineure, près du détroit des Dardanelles, à six kilomètres de la côte.

Il excava avec son équipe neuf niveaux de ruines superposées parmi lesquelles il crut reconnaître l'ancienne Ilion (autre nom de Troie).

Pas moins de 150 hommes furent requis pour déblayer un total de 250 000 m3. Une voie ferrée fut construite en vue d'évacuer les gravats.

Les travaux furent menés sans prendre la précaution de préserver les vestiges plus récents, qui disparaissent à tout jamais et interdirent aux actuels archéologues d'établir l'histoire complète des différentes cités qui se succédèrent sur le site.

Du « trésor de Priam » à celui d'Agamemnon

Le 14 juin 1873, son intuition fut récompensée par la découverte d'un fabuleux trésor archéologique, immédiatement qualifié de « trésor de Priam ».

Pas moins de huit mille fragments de bijoux divers que l'archéologue eut soin d'évacuer discrètement vers Athènes...

Après la mort de Schliemann, l'archéologue Wilhelm Dörpfeld prit sa relève à Mycènes. On le voit ici (à gauche, chapeau à la main) devant la Porte des Lionnes en 1891Mais les archéologues postérieurs montrèrent que la Troie homérique se situait à un autre niveau géologique, bien plus récent que le « trésor de Priam ».

Interdit de séjour en Turquie, Schliemann se replia en Grèce et mit à jour les sites de Mycènes, Ithaque, Orchomène et Tyrinthe.

Il se construisit un palais à Athènes (aujourd'hui transformé en musée des monnaies) et un tombeau digne des héros de l'Antiquité.

Schliemann mourut à Naples, dans la rue, d'une congestion cérébrale.

Le magnifique « trésor d'Agamemnon » découvert à Mycènes fut légué au Pergamon (musée d'archéologie de Berlin), d'où il fut enlevé par l'Armée rouge en 1945. Il a aujourd'hui retrouvé sa place dans la capitale allemande.

Alban Dignat

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Publié ou mis à jour le : 2026-09-16 09:22:21
Mireille (15-06-2023 17:00:08)

Il parait utile de préciser que ce trésor est bien antérieur à la guerre de Troie

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