Tour de France - La fine fleur du cyclisme français - Herodote.net

Tour de France

La fine fleur du cyclisme français

Le Tour de France réunit chaque année depuis plus d'un siècle la fine fleur du cyclisme mondial. Aucun champion ne peut se dispenser d'en être. La France elle-même ne manque pas de champions et de candidats à la victoire mais par un singulier coup du sort, la nation qui a promu la bicyclette et le Tour de France semble avoir perdu la main depuis 1985, dernière victoire française. L'espoir renaît néanmoins en 2019 avec l'émergence d'une nouvelle génération décomplexée, Julian Alaphilippe, Thibaut Pinot, Romain Bardet, Warren Barguil.
Retour sur leurs illustres prédécesseurs...

Vanessa Moley
- Maurice Garin, le vainqueur du premier Tour de France

Né en Italie, Maurice Garin devient, à l'âge de 14 ans, ramoneur en Savoie. Ce métier et sa petite taille (1,61 m pour 60 kg) lui vaudront plus tard le surnom de « Petit ramoneur ».

En 1892, il vit à Maubeuge. À sa majorité, il se fait naturaliser français. Il participe alors à ses premières courses cyclistes. En 1896, il finit troisième de la première édition du Paris-Roubaix. Les deux années suivantes, il occupe la première place du podium.

En 1903, Maurice Garin qui réside désormais à Lens, fait partie des 60 cyclistes qui prennent le départ du premier Tour de France. Il  porte le brassard n° 1 et court pour la marque de cycles La Française-Diamant. Après avoir parcouru 2 428 km, il va remporter une victoire éclatante à la vitesse moyenne de 26 km/h. Ses gains s’élèvent à 6 075 francs.  À la fin de ce premier Tour de France, son avance est de 2 heures 49 sur le deuxième, Lucien Pothier, ce qui reste à ce jour le record du Tour.

En 1904, il est à nouveau au départ de la grande boucle et remporte l’épreuve, mais il est disqualifié par l'Union vélocipédique de France avec onze autres coureurs. La suspension de deux ans qui lui est infligée alors qu’il a déjà 34 ans, l’oblige à mettre un terme à sa carrière.

Une du journal sportif La Vie au grand air montrant le premier vainqueur du Tour de France Maurice Garin (au centre), son préparateur physique et son jeune fils, 24 juillet 1903, Paris, Gallica, BnF.

- Henri Cornet, le plus jeune vainqueur du Tour de France

Henri Cornet et son directeur sportif au Parc des princes en 1904Originaire du Pas-de-Calais,  c’est une aventure singulière que va vivre Henri Cornet lors du Tour de France 1904. Tout au long de cette édition se produisent de nombreux incidents et la dernière étape est  homérique : victime d’une crevaison, Henri Cornet parcourt 35 km à plat !

Néanmoins, voici le classement à l’arrivée : Maurice Garin est premier et remporte donc son second Tour de France ; Lucien Pothier second ; César Garin troisième et Hippolyte Aucouturier quatrième.  Mais un événement va bouleverser cet ordre : l'Union vélocipédique de France a mené son enquête et rend son verdict le 30 novembre: les quatre premiers sont disqualifiés pour « violations du règlement ».

À vingt ans à peine, Henri Cornet, cinquième sur la route, est ainsi déclaré vainqueur du Tour de France. Deux ans plus tard, en 1906, il remporte Paris-Roubaix.  Il met fin à sa carrière en 1912 et prend sa retraite à Prunay-le-Gillon (Eure-et-Loire).

- Louis Trousselier, un redoutable coureur de fond

Fils d’un directeur de manège parisien, il roule dans les traces de son frère aîné André Trousselier, lui-même cycliste professionnel.  

Louis devient  très populaire après ses victoires en 1905 aux courses Paris-Roubaix et Paris-Valenciennes. La même année,  il connaît la consécration en remportant le Tour de France. Lors de cette édition au cours de laquelle le classement s'effectue aux points, il remporte cinq étapes en contenant les assauts d'Hippolyte Aucouturier et Émile Georget.

En 1906, Louis Trousselier se classe troisième du Tour de France (4 victoires d'étape), gagne deux étapes sur le Tour en 1907, avant de remporter le Bordeaux-Paris et le Liège-Bastogne-Liège en 1908. Il décroche encore une étape sur le Tour en 1909 et en 1910. Il  signe son dernier résultat significatif en 1914 avec une 4e place à l’issue de la course Bordeaux-Paris.

Louis trousselier, vainqueur du Tour de france 1905

- René Pottier, du sommet à la tragédie

Originaire de Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne, René Pottier se passionne très tôt pour le cyclisme. Il fait ses débuts en 1903 et remporte Bordeaux-Paris la même année.

En 1905, le Tour de France aborde la montagne pour la première fois : en l'occurrence, les coureurs doivent franchir le ballon d'Alsace. C'est là que René Pottier va faire la démonstration de ses qualités de « grimpeur ».

En 1906, il se lance de nouveau dans un grand numéro dans le ballon d'Alsace qu'il franchit seul en tête, ralliant Dijon avec 50 minutes d’avance sur Georges Passérieu. Il gagne haut la main cette quatrième édition du Tour de France au cours de laquelle il remporte cinq étapes. Toujours en 1906, le coureur s'affirme comme le maître du cyclisme puisque, dans un exercice totalement différent, il remporte le Bol d'or, épreuve sur piste de vingt-quatre heures.

Le 25 janvier 1907, René Pottier se suicide dans le garage où il entrepose ses vélos. Il est toujours  considéré comme le premier grand « grimpeur » de l’histoire du cyclisme.

Tour de France 1906. Tour d'honneur des vainqueurs René Pottier et Georges Passerieu, Agence Rol, Paris, BnF

- Lucien Petit-Breton, l’Argentin

Né en France à Plessé (Loire inférieure), mais ayant grandi en Argentine, Lucien Mazan débute sa carrière de coureur cycliste en Amérique latine. Afin de se soustraire à la réprobation de son père, il se fait connaître sous le nom de Petit-Breton. De retour en France, il devient professionnel et se distingue en 1902 avec une deuxième place au Bol d’or puis une victoire en 1904.

Déjà cinquième du Tour de France en 1905, il bat le 24 août le record de l'heure en couvrant 41,1 km au vélodrome Buffalo à Neuilly-sur-Seine, faisant tomber le record établi en 1898 par l'Américain Willie Hamilton avec 40,781 km. Quatrième du Tour de France et vainqueur de Paris-Tours en 1906, Petit-Breton remporte la course Milan-San Remo en 1907.

La même année, le Français Émile Georget domine le Tour. Mais comme il a enfreint le règlement en changeant de bicyclette, il se voit disqualifié. Petit-Breton gagne donc le Tour de France et remporte l’année suivante le Tour de Belgique et Paris-Bruxelles. Vainqueur de cinq étapes, il devient, la même année, le premier coureur à inscrire deux fois son nom au palmarès de la Grande Boucle.

Il se trouvera encore au départ du Tour en 1913 mais une chute l’empêchera de terminer l'épreuve. Le 20 décembre 1917, le nom de Lucien Mazan s'ajoute à ceux des soldats morts pour la France.

Lucien Petit-Breton sur les routes du Tour de France en 1913. Carte postale. Collection particulière

- Octave Lapize à l’assaut des Pyrénées

Le coureur cycliste fait ses débuts en 1907, comme amateur, et se classe troisième de l’épreuve des 100 kilomètres sur piste aux jeux Olympiques de Londres en 1908. Il passe professionnel en 1909.

En 1910, il remporte une édition du Tour de France particulièrement difficile. C’est en effet la première fois que les coureurs doivent traverser les Pyrénées, de surcroît entre Luchon et Bayonne. Le Tourmalet et l'Aubisque seront même franchis sous la neige !

Octave Lapize sera également été le premier coureur à remporter à trois reprises d’affilée le Paris-Roubaix (1909, 1910 et 1911) et à décrocher trois titres de champion de France sur route (1911, 1912 et 1913).

Engagé dans l'aviation durant la Première Guerre mondiale, Octave Lapize est abattu au-dessus de Pont-à-Mousson le 14 juillet 1917.


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• 1er-19 juillet 1903 : premier Tour de France cycliste
Publié ou mis à jour le : 2019-07-31 10:47:38

 
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