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Climat

France : des crues dévastatrices


En France, les catastrophes naturelles les plus fréquentes et les plus meurtrières sont les inondations provoquées par les crues. Si aujourd’hui les débordements des gros fleuves posent beaucoup moins de problèmes qu’auparavant, les crues de cours d’eau plus modestes continuent à causer de lourds dégâts matériels et humains.

Au cours des siècles, les crues ont été décrites et rapportées par les chroniqueurs. On sait par exemple que la Seine a connu sa crue la plus importante des 500 dernières années en 1658. Une autre particulièrement notable a eu lieu en 1740.

C’est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque s’achève en Europe le « Petit Âge Glaciaire » débuté 500 ans plus tôt, que l’on observe des épisodes de crues spectaculaires, favorisés par la fonte des glaciers. Retour sur les crues qui ont le plus marqué la France.

Julien Colliat
Il y a crue et crue

On distingue deux types de crue :
- Les crues d’étalement, qui sont les plus fréquentes, et qui se produisent à la suite de pluies à répétition qui font monter progressivement le niveau des cours d’eau.
- Les crues « éclair » qui surviennent à la suite de pluies intenses dans des zones de fort ruissellement. En France, les régions les plus exposées à ce type de crues sont situées sur le pourtour méditerranéen et au sud du Massif central, comme ci-dessous Vaison-la-Romaine, ravagée par la crue du 22 septembre 1992. Leur extrême rapidité les rend imprévisibles et par conséquent très dangereuses.

La crue du Rhône de 1856

En novembre 1840, le Rhône connaît une première crue remarquable tandis que la Saône atteint le plus haut niveau de son histoire. À Lyon, les inondations détruisent 600 maisons et provoquent la mort de 20 personnes.

Mais c’est quinze ans plus tard, le 31 mai 1856, après 36 heures de pluies torrentielles, que le Rhône va connaitre la plus grande crue de son histoire.

Dans la capitale des Gaules, plusieurs digues sont rompues et la rive gauche du fleuve est submergée par des eaux bourbeuses et jaunâtres qui atteignent une vitesse de 10 kilomètres à l'heure, charriant avec elles des troncs d'arbres détruisant tout sur leur passage. La moitié de la ville est inondée. Le quartier le plus touché est celui de la Guillotière, peuplé par près de 100 000 personnes. On dénombre 18 morts, 30 000 sinistrés et 400 maisons détruites.

Impériale compassion

Tout le long de la vallée du Rhône, 100 000 hectares ont été inondés par la crue du fleuve et de ses affluents, causant des dégâts matériels considérables. Devant l’ampleur exceptionnelle de la catastrophe, Napoléon III entreprend un voyage dans les régions sinistrées. Sa première visite est pour Lyon où l’empereur tient à participer en personne aux secours. Il se rend ensuite à Valence, à Avignon et à Arles en faisant quelques haltes dans plusieurs communes inondée.

De passage à Tarascon, Napoléon III traverse la ville dans un bateau au milieu des rues envahies par les eaux et distribue des viatiques aux habitants réfugiés dans les étages supérieurs de leurs maisons. Cette scène est immortalisée par le tableau de William Bouguereau : L’empereur visitant les inondés de Tarascon. Quant au périple rhodanien de l’empereur, il est baptisé : « voyage compassionnel ».

L’Empereur visitant les inondés de Tarascon en juin 1856 (William Bouguereau, Hôtel de ville de Tarascon

[Voir l'image en grandes dimensions]

Napoléon III décide d’allouer des crédits extraordinaires de plusieurs millions de francs aux victimes des inondations et à la reconstruction des régions sinistrées. A Paris, les commerçant et ouvriers du Faubourg Saint-Antoine lancent une grande loterie en faveur des sinistrés, sous le patronage de l’impératrice Eugénie et sous la direction du ministre de l'Intérieur.

Cette catastrophe contraindra les pouvoirs publics à mettre en œuvre une véritable politique d’aménagement du territoire. En 1858 est ainsi votée une loi à l’origine des « zones d’expansion des crues », qui détermine un plan d’action ambitieux pour l’édification et l’entretien des digues et réglemente les constructions dans les secteurs potentiellement inondables.

La crue de la Garonne de 1875

À Toulouse, compte-tenu de la situation géographique de la ville, les crues de la Garonne sont monnaie courante au printemps. Au cours de son histoire, la « ville rose » a subi plusieurs inondations spectaculaires. Celle de 1727 tua 50 personnes et détruisit 939 maisons, tandis que celle de 1772 provoqua l’effondrement de l’hospice Saint-Jacques.

À la suite de pluies diluviennes qui s’abattent sur le sud-ouest du pays, la Garonne est sortie de son lit le 23 juin 1875, dépassant de six mètres son étiage habituel...

Une énorme masse liquide s’abat sur l'avenue de Muret et met en pièces en quelques secondes les maisons adjacentes. Les bas quartiers de Toulouse sont très rapidement submergés. Quelques instants plus tard, la Garonne franchit le cours Dillon et envahit le faubourg Saint-Cyprien. En forme d’entonnoir, celui-ci est totalement inondé. Dans la soirée, le fleuve atteint sa cote maximale à l’échelle du pont Neuf : 8,32 mètres. Il s’agit encore aujourd’hui du niveau des plus hautes eaux connues de la Garonne.

Durant la nuit, la plupart des habitants sont contraints de se réfugier sur les toits, assistant avec impuissance aux inondations. Au petit matin, les eaux commencent à baisser laissant derrière elles un paysage apocalyptique : arbres déracinés, toitures défoncées, maisons éventrées, planchers effondrés, dalles de balcon descellées… Dans certaines zones, le sol est littéralement rasé et tout l’équipement urbain a disparu. La crue a surtout provoqué la mort de 209 personnes et détruit 1140 maisons.

En deux jours, les rives de la Garonne ont été dévastées sur plus de 250 kilomètres et des dizaines de communes ont été submergées. Les petites habitations le long du fleuve ont été emportées avec leurs occupants tandis qu’Agen est presque entièrement recouvert par les eaux.

Que d’eau, que d’eau !

Ces terribles inondations de la Garonne sont à l’origine d’un mot historique. Le 26 juin 1875, le président de la République, Patrice de Mac-Mahon, arrive à Toulouse.

Le passage dans cette région revêt une importance d’autant plus symbolique pour le chef de l’État que celui-ci a pour ancêtre, Pierre Paul Riquet, constructeur durant le règne de Louis XIV du canal du Midi, reliant la Garonne à la Méditerranée.

Pourtant, alors qu’il découvre les terribles ravages subis par la « ville rose » inondée, Mac-Mahon manque cruellement d’inspiration et devant tous les officiels qui l’accompagnent, se contente de prononcer cette formule laconique : « Que d’eau ! Que d’eau ! ». Cette réaction fut jugée un peu courte eu égard à l’ampleur de la catastrophe, et le président se fit copieusement brocarder par les journalistes.

Le manque d’à-propos de Mac-Mahon à l’occasion de cette catastrophe nationale est à l’origine de plusieurs inepties ou tautologies que l’on prête, très probablement à tort, à ce président de la République. Pour n’en citer qu’une : « La fièvre typhoïde on en meurt ou on en reste idiot. Je sais de quoi je parle, je l’ai eue ! »

La crue de la Seine de 1910

Après une année 1909 extrêmement pluvieuse, la Seine connaît entre le 20 et le 28 janvier 1910 sa plus grande crue depuis le XVIIe siècle...

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Publié ou mis à jour le : 2018-02-05 10:45:04

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Simdew (15-02-201811:54:13)

Pour répondre à oldpuzzle, en tant que Belge je constate cette faute à peu près chaque jour dans des écrits français. Je me demande ce n'est pas dû à l'évolution de la prononciation. En Belgique, nous marquons encore bien la différence entre côte (prononcée "caut") et cote ("kot"), entre pâte ("paat") et patte ("pat"), l'e final restant muet en général (alors qu'il est souvent très audible en France ["koteu" "pateu"]). Ce n'est qu'une hypothèse, bien sûr, mais j'observe chez beaucoup de Français... Lire la suite

Jean Dionnot-Enkiri (12-02-201818:48:01)

Depuis les romains l'Ouvèze sors régulièrement de son lit notamment à Vaisons-la-Romaine, c'est donc un phénomène très connu, mais nos contemporains n'ont aucune culture et construisent dans des zones où nos ancêtres se gardaient bien de s'implanter. Une maison les pieds dans l'eau, c'est super! Mais parfois l'eau monte.

Michel (05-02-201812:00:42)

Curieusement votre distinction entre divers types de crues ne nomme pas les crues "centenales". Quant à la fameuse crue de Toulouse de 1875 observons que les 2/300 morts de St Cyprien concerne un quartier "de pauvres". Le quartier de la rive droite, plus bourgeois est protégé dès cette époque par un quai très surélévé, face à l'Hôpital de Lagrave, rive gauche, celle inondée.. Les crues de la Garonne furent aussi redoutables que celles de la Durance (1960 ou 61?). Elles furent maîtrisées ... Lire la suite

crismo (05-02-201810:42:43)

Dans mon petit village de Bresse, la plus grande crue date de 1840 : une marque sur ma maison est à plus d'un mètre de haut !

oldpuzzle (05-02-201810:38:28)

En 1875, la Garonne était loin de la mer, beaucoup trop pour atteindre la CÔTE, tout juste sa COTE maximale. Dure, dure, la gestion des circonflexes !


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