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Symbolique

Le cochon : trop humain !

Apprécié pour sa chair généreuse, le cochon est honoré à sa juste mesure dans le monde chinois où il a sa place au calendrier.

Mais de nombreuses cultures et même certains représentants de Dieu le vouent aux gémonies. Nous-mêmes, à certaines époques, avons affiché un cruel mépris à son égard. Encore aujourd'hui, dans nos belles contrées, il est donné en contre-exemple aux enfants pour les convaincre de la nécessité de se laver...

Carte postale de vœux de bonne année, 1909.

Espèce de cochon !

Sale, le cochon ? Il est vrai que, depuis le XVIIIe siècle et le croisement du cochon noir d'Europe avec des cousins asiatiques, son pelage présente une belle surface rose layette sur laquelle ne ressortent que mieux les taches. Il est tout aussi vrai qu'il a une fâcheuse tendance à sauter à pieds joints dans la boue. Ce n'est pas l'appel de la crasse qui l'y conduit, mais le besoin d'évacuer la sueur et de faire fuir les parasites.

Quoiqu'il y paraisse, sa façon de se laver est proche de la nôtre : il frotte sa peau puis la protège avec une petite couche de gras...

Enfant devant un porc, XIIe av. J.-C., Paris, musée du Louvre.

La mauvaise réputation

Félicien  Rops, La Dame au cochon, pornokrates, 1879, Musée provincial Félicien Rops, Namur.En sus de la saleté, d'autres accusations pèsent sur le malheureux cochon, notamment la goinfrerie qui semble diriger chaque minute de sa vie et le pousse à avaler sans retenue immondices et charognes.

Comme il n'y voit goutte, il passe son temps à farfouiller du groin, de façon peu délicate, la fange ou les recoins de sa porcherie, souvent mal entretenue par ses maîtres.

D'une mauvaise réputation à l'autre, il n'y a qu'un pas...

Dans la Grèce antique, Platon a fait de sa « cité de pourceaux  » (La République, II, IVe siècle av. J.-C.) le symbole de l'immoralité d’êtres au caractère… de cochon, forcément.

Au Moyen Âge, voici notre « bête noire  » (surnom donné au sanglier par les traités de vénerie) devenue symbole de lubricité.

Le cochon a été en fait victime d'un transfert de calomnie car, aux alentours de l'An Mil, c'était encore le chien et la chienne que l'on montrait du doigt (il en est resté une injure, « chienne », à l'encontre des femmes aux mœurs dissolues).

Louis XVI en cochon, caricature attribuée à Villeneuve, 1791. Collection particulière.C'est à la fin du Moyen Âge que Médor entre dans nos bonnes grâces et laisse sa place de vil séducteur au vilain petit cochon.

Doit-il ces reproches de « cochoncetés » à la remarquable fécondité de sa femelle ou aux longues minutes que peut durer son accouplement ?

Il est à noter la persistance à travers les siècles de cette mauvaise réputation, comme le montrent les caricatures des dirigeants honnis, de Louis XVI à Hitler.
Ben, mon cochon ! (...)


L'auteur : Isabelle Grégor

Isabelle Grégor

Isabelle Grégor a obtenu un doctorat de Lettres modernes avec une thèse consacrée au récit de voyage de Bougainville. Cette thèse a donné lieu à des publications, par exemple dans la Revue d'Histoire maritime, et à des conférences dans des colloques scientifiques.

Notre collaboratrice a également passé avec succès le concours de CAPES en 2008 et enseigne les lettres dans un lycée de Poitou-Charentes.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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