XIIe-XXe siècles - Le Japon colonial - Herodote.net

XIIe-XXe siècles

Le Japon colonial

Le Japon que l'on connaît aujourd'hui est le résultat d'une très lente et progressive expansion.

Colonisation et défrichement

Au XIIe siècle, l'État nippon est encore pour l'essentiel confiné dans la province du Shinkansen, au sud de la grande île de Honshu (ou Hondo), entre Kyoto et Edo (aujourd'hui Tokyo).

Il entame son expansion vers les terres sauvages du nord de l'île : les Japonais repoussent ou exterminent les Aïnous (ou Aïnos), des aborigènes blancs, par ailleurs les premiers habitants de l'archipel. Ce mouvement de colonisation et de défrichement s'apparente à la poussée des Européens en Amérique du Nord, au détriment des Indiens.

À la fin du XIXe siècle, l'occupation de Honshu est achevée et les Japonais passent sur l'île septentrionale de Hokkaïdo (ou Yeso) avant de s'intéresser encore plus au nord à l'île de Sakhaline (aujourd'hui russe). Quelques poignées de Aïnous fortement métissés survivent encore dans les frimas de l'île septentrionale d'Hokkaïdo.

Dans le même temps, les Japonais commencent à soumettre les royaumes de l'archipel méridional des Riu Kiu (ou Riou Kiou), dont la principale île est Okinawa. Ce châpelet d'îles s'étend très loin au sud, jusqu'au tropique du Cancer et à la grande île chinoise de Taiwan (ou Formose).

À l'orée du XXe siècle, le Japon s'étire des régions polaires de Sakhaline au îles tropicales des Riu Kiu, face à la masse continen tale de l'Asie. Il ne s'en tient pas là et, pour éviter d'être grignoté et dévoré par les Occidentaux à l'image de la Chine, se lance de sa propre initiative à l'assaut des terres proches.

Pour l'historien Pierre-François Souyri, il n'y a pas de discontinuité entre la colonisation par le Japon de son archipel et l'occupation des terres et îles plus lointaines à partir de 1895.

Jusqu'en 1931 et l'avènement de la dictature militaire, les Japonais progressent par pragmatisme, en se gardant d'a priori idéologique ou raciste. Ils n'excluent pas d'absorber à terme au sein de leur État les nouvelles colonies.

– L'occupation de Formose

Suite au traité de Shimonoseki qui conclut en 1895 sa victoire sur la Chine, le Japon commence par s'emparer de l'île de Formose.

Sur cette grande île à quelques encablures du continent chinois cohabitent des populations aborigènes et des Chinois originaires de la province de Canton, le Foukien, et pour la plupart installés là depuis trois ou quatre siècles.

Malgré leur éloignement de la culture japonaise, les élites de l'île vont accueillir celle-ci avec faveur et en profiter pour entamer la modernisation de leur société.

En 1949, quatre ans après la défaite écrasante du Japon dans la Seconde Guerre mondiale et au moment de l'arrivée sur l'île de l'armée nationaliste de Tchang Kaï-chek, on peut dire que la moitié de ces élites parlent et pensent encore en japonais !

– La soumission de la Corée

Au début du XXe siècle, le Japon se glorifie de ses succès économiques et surtout de sa victoire sur les Russes, première victoire d'un peuple non-Blanc sur un grand État européen (si l'on met à part la défaite des Italiens face aux Éthiopiens à Adoua en 1896).

Il prend pied sur le continent en arrachant le royaume médiéval de Corée à la suzeraineté de la Chine. Son annexion est officialisée le 22 août 1910 sous le nom de Cho-Sen.

Tout juste séparée de l'île de Hondo par un détroit, la péninsule de Corée a un peuplement très similaire au Japon. Sa culture en est très proche et les Japonais ont l'espoir de l'assimiler rapidement à leur État. C'est faire fi cependant de la longue tradition d'indépendance de ce «Royaume du Matin calme», de sorte qu'ils vont rencontrer sur place plus de difficultés que dans l'île chinoise de Formose !

L'empire colonial du Japon va s'effondrer d'un coup, en quelques jours, en août 1945, après la défaite du pays face aux Américains. Les plus anciennes colonies vont souffrir alors de guerres civiles (Corée, Formose) cependant que les conquêtes des militaires (Mandchourie, Malaisie, Philippines...) vont repasser sous la domination de leurs anciens maîtres.

Au final, notent certains Japonais avec quelque malice, tous ces pays figurent en ce début du XXIe siècle parmi les États les plus prospères et les plus prometteurs de la planète, signe du relatif bienfait de la colonisation nippone.

Alban Dignat

Publié ou mis à jour le : 2019-04-30 10:28:50

 
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