De 1914 à 1945 - Crise européenne et guerres mondiales - Herodote.net

De 1914 à 1945

Crise européenne et guerres mondiales

L'abîme

Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington) Quand débute le XXe siècle,tout semble sourire à l'Europe. Le continent et son alter ego américain dominent la planète par la force de leurs armes et plus encore par le dynamisme de leurs industriels, de leurs savants, de leurs philanthropes et de leurs marchands. Ils bénéficient aussi d'une grande vitalité démographique : au début du XXe siècle, un homme sur trois est européen ou d'origine européenne... alors que dans les siècles antérieurs, les Européens et assimilés représentaient seulement un quart ou, comme aujourd'hui, un cinquième de la population mondiale !
Ces Européens communient dans le vif sentiment d'appartenir à une même civilisation. Artistes et intellectuels participent à des mouvements culturels comme l'Art nouveau qui transcendent les frontières nationales.
Marchandises et voyageurs circulent avec un minimum de contraintes. Les échanges commerciaux de l'Europe avec le reste du monde sont plus importants qu'à toute autre époque de l'Histoire, y compris la nôtre... Contrairement à ce que l'on croit aujourd'hui, la «mondialisation» avait bien plus de réalité au début du XXe siècle qu'au début du XXIe siècle ainsi que l'attestent les statistiques commerciales.
Cet aboutissement de mille ans de progrès quasi-constants va sombrer en quelques années. Avec deux guerres mondiales et le concours de quelques dictateurs de malheur, l'Europe tourne le dos à ses valeurs et à ses traditions. «L'homme est désormais sans illusion sur le fauve qui dormait en lui», écrit l'historien René Grousset au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (Bilan de l'Histoire, Plon, 1946).
Songeons seulement qu'en un tiers de siècle, de 1914 à 1945, on a massacré plus d'innocents que tous les souverains du millénaire précédent.
La haine antireligieuse est le moteur commun aux idéologies criminelles qui triomphent au début du XXe siècle, du léninisme au maoïsme en passant bien sûr par le nazisme. Ces idéologies rejettent le principe d'une autorité divine qui transcende l'homme. Le culte du chef remplace l'humilité devant Dieu et la Création. Les êtres humains deviennent un matériau façonnable à loisir. Tirant la leçon de ce siècle de fer et de sang, l'historien François Furet observe : « C'est au XIXe siècle que l'histoire remplace Dieu dans la toute-puissance sur le destin des hommes, mais c'est au XXe siècle que se font voir les folies politiques nées de cette substitution » (Le passé d'une illusion, 1995).

Vers la guerre

Le début du XXe siècle est un tournant à tous les égards. Le Royaume-Uni rencontre ses premiers échecs en Afrique du Sud. Ils sont le fait des paysans Boers d’origine franco-hollandaise qui se révoltent pour maintenir l’autonomie de leurs communautés rurales. Les Britanniques enferment les femmes et les enfants dans les premiers camps de concentration de l’Histoire. Malgré leur brutalité, ils doivent concéder aux Boers une paix de compromis (1902).

En Asie, la diplomatie britannique encourage le Japon à attaquer la Russie car elle craint les visées coloniales du tsar sur les Indes. La flotte russe est défaite dans la mer du Japon (1905). Cette première victoire d’un pays non-européen a un retentissement énorme dans tous les pays colonisés qui y voient l’espoir de se défaire du joug européen. Elle ébranle aussi le pouvoir tsariste.

En France, la guerre religieuse se clôt avec la loi de séparation des Églises et de l’État (9 décembre 1905). La même année, un savant allemand de 25 ans publie une théorie obscure dite de la relativité. Il a nom Albert Einstein et ouvre l’ère de l’atome.

Pour faire face à la montée des menaces, les trois grands États d’Europe centrale se lient par une alliance défensive, la Triplice. Il s’agit du royaume d’Italie, unifié depuis peu, de l’Autriche-Hongrie, minée par les revendications de ses minorités, et de la puissante Allemagne.

De son côté, la France, qui entretient des rapports tendus avec l'Allemagne et cultive envers l'Autriche une méfiance qui remonte à la rivalité de Charles Quint et de François 1er , constitue avec le Royaume-Uni et la Russie une autre alliance défensive : la Triple-Entente.

L'Allemagne accroît sa flotte de guerre et entraîne le Royaume-Uni dans une périlleuse course aux armements. La France porte en 1913 la durée du service militaire obligatoire de deux à trois ans. Il suffit d'une étincelle pour provoquer l'explosion.


Épisode suivant Voir la suite
Notre époque
Publié ou mis à jour le : 2019-05-22 17:52:45

 
Seulement
20€/an!

Des cadeaux
pleins d'Histoire

La boutique d'Herodote.net, ce sont des idées de cadeaux pour tous ceux qui aiment l'Histoire

Voir la boutique

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations


L'Antiquité classique
en 36 cartes animées


Galerie d'images
un régal pour les yeux