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De 1688 à 1848

Le temps des Révolutions


La France en vedette

Cent ans avant la prise de la Bastille, c’était déjà la Révolution, mais à Londres (1689). Cette « Glorieuse révolution » sans effusion de sang va inspirer tous les mouvements démocratiques à venir.

Dans les salons français, on cultive l’art de la conversation et l’on brasse des idées nouvelles sur la liberté individuelle et les droits naturels des hommes. On remet aussi en cause l’autorité du clergé et du roi. De Paris, ces idées gagnent toute l’Europe et même traversent l’Atlantique. Les insurgés américains s’en réclament. Dans leur Déclaration d’indépendance, ils proclament le droit de chacun à la recherche du bonheur !

Toute les élites communient dans une même foi dans le progrès et la bonté du genre humain. Et de Philadelphie à Saint-Pétersbourg, c’est en français que s’exprime cette foi. Le XVIIIe siècle est le siècle français par excellence. Ce succès s’appuie sur un dynamisme démographique qui fait de la France le pays le plus peuplé d’Europe avec une jeunesse nombreuse. Les premières années de la Révolution confirment la prééminence de la France. Mais de malheureux dérapages entraînent le pays dans deux décennies de guerres qui vont la saigner à blanc.

Au XIXe siècle, la France doit se contenter d’une seconde place derrière l’Angleterre. La démocratie anglaise se trouve particulièrement à l’aise pour tirer parti des progrès techniques et engager la Révolution industrielle. Quand, en 1848, éclatent sur le Continent des révolutions, faut-il s’étonner qu’elles échouent en quelques mois ? Romantiques et idéalistes dans un siècle ouvrier et industriel, ces révolutions-là se trompent d’époque.

La Glorieuse Révolution

En Angleterre, après la « Grande Rébellion » de Cromwell, la méfiance s’installe entre le Parlement et le trône. Le roi Charles II concède au Parlement l'Habeas corpus (en latin, « que tu aies le corps ») (1679). Ce texte très important impose que tout prisonnier soit déféré sans attendre devant un juge. C'en est fini des arrestations arbitraires !

Le roi suivant, Jacques II, ne cache pas son admiration pour Louis XIV et souhaiterait rétablir la religion catholique. Il a seulement deux filles d’un premier mariage. S’étant remarié, voilà qu’il engendre aussi un garçon. Ses ennemis craignent un renforcement de la dynastie. Ils font appel au gouverneur de Hollande, Guillaume III de Nassau-Orange, qui est l’époux de Mary, la fille aînée du roi.

Guillaume et Mary sont de fervents protestants et des ennemis inconditionnels de la France et de Louis XIV. Autant dire qu'ils ont tout pour plaire aux Anglais ! Quand Guillaume débarque en Angleterre, son beau-père traverse la Manche dans l’autre sens et personne ne se soucie de le retenir. C'est ainsi que les Anglais échappent à une nouvelle guerre civile.

Guillaume et Mary sont élevés de concert à la royauté par le Parlement de Westminster. Ils ne se font pas prier pour accorder aux parlementaires un droit de regard sur les affaires publiques par le « Bill of Rights » (13 février 1689). Cette Déclaration des Droits conclut une « heureuse et glorieuse révolution » sans effusion de sang. Elle met fin aux dissensions religieuses et instaure une monarchie parlementaire stable. La même année, le philosophe John Locke publie un Traité de gouvernement où il expose une théorie du gouvernement démocratique et fait l’apologie de la liberté individuelle.

Les Lumières

En France où le Roi-Soleil est au sommet de sa puissance, la « Glorieuse Révolution » suscite l’irritation que l’on devine. Louis XIV accueille le souverain déchu et poursuit avec un succès mitigé ses guerres tous azimuts. La fin de son règne est affectée par des famines et la guerre de Succession d’Espagne.

Le vieux roi fait face à toute l’Europe ou presque pour maintenir sur le trône d’Espagne son petit-fils, le duc d’Anjou, ancêtre de l’actuel roi Juan Carlos 1er. La Succession d’Espagne inaugure une nouvelle guerre d’environ cent ans (la troisième) entre la France et l’Angleterre. Elle prendra fin à Waterloo (1815).

Louis XIV meurt à 77 ans (1er septembre 1715) en laissant un pays puissant mais en grande difficulté à son arrière-petit-fils et successeur, Louis XV (5 ans).

Sous la régence du duc d’Orléans, la noblesse, trop longtemps bridée, prend sa revanche. Elle remplace les bourgeois au gouvernement et s’arc-boute sur ses privilèges. Elle impose que lui soient réservées les hautes charges de l’armée et de l’Église.

Devenu roi à part entière, Louis XV bénéficie d’un préjugé favorable qui lui vaut le surnom de « Bien-Aimé ». Il confie le soin du gouvernement à un Premier ministre pondéré, le vieux cardinal Fleury. Mais très vite sa réputation s’écorne en raison de ses guerres malencontreuses et de ses maîtresses envahissantes, au premier rang desquelles la marquise de Pompadour puis la comtesse du Barry.

Par le traité de Paris qui met fin à la désastreuse guerre de Sept Ans, la France cède à l’Angleterre la plus grande partie de son empire colonial, en particulier la Nouvelle-France (le Québec) et les Indes (10 février 1763). Mais elle conserve Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti). C’est la seule colonie à laquelle tiennent les bourgeois de l'époque, y compris les « philosophes », en raison des riches plantations de sucre où travaillent les esclaves ; le sucre jouant alors le rôle du pétrole dans nos économies.

Dans les salons parisiens où la haute bourgeoisie et les gentilshommes cultivent l’art de la conversation, on murmure contre le pouvoir monarchique. Un auteur à succès, Voltaire, est même emprisonné pour cela puis s’enfuit en Angleterre. De retour en France, il exalte les vertus de la jeune démocratie anglaise.

De grands esprits remettent en cause l’absolutisme au nom de la raison. Le plus célèbre est Montesquieu. Dans L'Esprit des Lois (1748), il recommande de séparer les pouvoirs législatif (la rédaction des lois), exécutif (l’exécution des lois) et judiciaire. Il propose de confier le pouvoir judiciaire à des juges renouvelés à chaque procès. S’inspirant du modèle anglais, il propose par ailleurs de diviser le pouvoir législatif entre deux assemblées :
- une assemblée populaire ou démocratique qui crée la loi.
- une assemblée de nobles ou haute assemblée qui corrige la loi.

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L'apogée de l'Europe

Publié ou mis à jour le : 2018-04-20 15:35:57

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