Chantilly : le musée Condé - Chefs-d'oeuvre de l'Histoire de France - Herodote.net

Chantilly : le musée Condé

Chefs-d'oeuvre de l'Histoire de France

Par sa magnifique collection de portraits, le musée Condé fait figure de mémorial de l'Histoire de France.

Le musée Condé, dans le château de Chantilly, possède l'une des plus belles collections françaises de peintures anciennes, de manuscrits et de documents divers.

Beaucoup d'oeuvres se rapportent à de grands personnages, comme ci-joint un portrait remarquable de vérité du Premier Consul, ce qui fait du musée Condé un véritable mémorial de l'Histoire de France, selon le voeu du duc d'Aumale.

Le duc d'Aumale, fils du roi Louis-Philippe 1er et dernier propriétaire privé du domaine de Chantilly, eut à coeur de poursuivre l'oeuvre de ses prédécesseurs en rassemblant des chefs-d'oeuvre de toutes les grandes époques de la peinture occidentale.

En exil en Angleterre de 1848 à la chute du Second Empire, il fit sienne la devise : « J'attendrai » et patiemment, avec des conseillers compétents, constitua la collection d'art dont il projetait d'enrichir le domaine familial de Chantilly à son retour dans la mère patrie.

Grâce à lui, Chantilly est aujourd'hui dépositaire des Très riches Heures du duc de Berry (l'enluminure ci-contre représente le mois d'avril).

Ce livre de prières a été conçu et enluminé par l'atelier des frères de Limbourg sur une commande de Jean de Berry (1340-1416), l'un des frères du roi Charles V le Sage. Sa réalisation s'est étendue de 1410 à... 1485. Le duc d'Aumale retrouve ce manuscrit dans un couvent de jeunes filles, à Gênes, en 1856 !

Promenade au fil de l'Histoire

Le musée se signale par le nombre et la qualité des portraits illustres qui en font un authentique mémorial de l'Histoire de France.

Les visiteurs, en particulier les plus jeunes, peuvent reconnaître au fil de leur parcours la plupart des personnages qui émaillent leurs souvenirs scolaires, du Moyen Âge au Second Empire.

Le portrait ci-dessus de François 1er a été peint par Jean Clouet vers 1515, à l'époque de Marignan, quand le roi avait une vingtaine d'années.

Le « cabinet des Clouet », d'après le nom d'un peintre et portraitiste en vogue au XVIe siècle, présente une centaine de portraits de grands personnages du XVIe siècle et de la Renaissance (Anne Boleyn, Montaigne, Luther...).

Cette collection, constituée par Alexandre Lenoir, créateur et premier conservateur du Musée des Monuments français, a été rachetée en 1876 à Londres par le duc d'Aumale, qui en rêvait depuis longtemps.

Chefs-d'oeuvre de l'art occidental

La Renaissance italienne et le Cinquecento sont excellemment représentés par trois oeuvres de Raphaël (1483-1520), dont Les Trois Grâces (ci-dessus).

Cette peinture de trois femmes tenant une pomme est inspirée d'un marbre antique. Elle pourrait représenter des femmes du jardin des Hespérides, dont les pommes conféraient l'immortalité à qui les consommait.

La Madone ci-contre est un autre chef-d'oeuvre, d'inspiration chrétienne celui-là, du même Raphaël. Ces chefs-d'oeuvre témoignent du goût du duc d'Aumale pour l'art italien.

Grâce au duc, Chantilly conserve aussi plusieurs centaines de dessins de la Renaissance italienne (Raphaël, Primatice, Parmesan...) ainsi que la fameuse Joconde nue attribuée à Léonard de Vinci.

Le donneur de sérénade est une peinture d'Antoine Watteau (1684-1721).

Mort prématurément à 37 ans comme Raphaël, le peintre de Valenciennes annonce la légèreté primesautière et le marivaudage du siècle de Louis XV.

Ses oeuvres, et en particulier ses fêtes galantes, remplies de musicalité, ne sont pas pour autant dépourvues d'un étrange spleen.

Plus près de nous, voici ci-dessous un souvenir de voyage d'Eugène Delacroix : Le corps de garde de Meknès, Maroc (1847).

Il témoigne de l'empathie des artistes et intellectuels pour l'Orient au milieu du XIXe siècle (il n'en ira plus de même à la fin du même siècle, après 1870).

Reconnaissons-le, le duc d'Aumale n'a pas manifesté de passion pour l'art de son époque, si l'on met à part les sujets héroïques ou historiques.

Il a dédaigné en particulier les peintres de paysages (tels les impressionnistes).

Mais il a fait quelques exceptions comme le Concert champêtre de Camille Corot (1796-1875), ci-dessous.

Cette oeuvre pleine de grâce est exposée comme les précédentes au musée Condé.

Parmi les contemporains dont le duc d'Aumale appréciait le talent figure Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), dont voici L'Autoportrait, entamé à l'âge de 24 ans et terminé... près de quarante ans plus tard.

Originaire de Montauban, Ingres s'inscrit pleinement dans une société bourgeoise, confiante dans le progrès, le travail et les vertus viriles. Il prise les sujets historiques (la peinture « troubadour »).

Lui-même, tout en cultivant un style néo-classique, fait preuve d'audace et, dans ses dessins et ses peintures, s'affranchit à l'occasion des proportions convenues.

Portraits illustres

La peinture historique est représentée par une version des Pestiférés de Jaffa d'Antoine-Jean Gros... Également par L'assassinat du duc de Guise (Delaroche) et bien d'autres oeuvres dont les reproductions se retrouvent dans nos livres d'histoire.

Parmi les grands portraits, outre celui du Premier Consul, relevons celui de la princesse Palatine Charlotte Elisabeth de Bavière (1652-1722), par Nicolas de Largillière.

Duchesse d'Orléans, belle-soeur de Louis XIV et mère du Régent, elle occupa à la cour de Versailles une place singulière du fait de son rude langage et de sa franchise à l'épreuve du protocole.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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