Le 3 mars 1878, la Russie et la Turquie ottomane signent un traité à San Stefano (aujourd'hui Yesilköy), aux portes d'Istamboul, par lequel prend fin l'offensive déclenchée par le tsar Alexandre II le 27 avril 1877. La Russie victorieuse impose au sultan la cession des provinces arméniennes de Kars, Batoum et Ardahan, ainsi que la Dobroudja (bas-Danube) que le tsar troque immédiatement avec la Roumanie contre la Bessarabie. Surtout, il impose la création d'une Grande-Bulgarie indépendante, étendue du Danube à la mer Égée.
Last but not least, le tsar se pose en protecteur des Arméniens de Turquie par l'article 16 du traité qui lui donne le droit de maintenir des troupes sur place : « En vue d'assurer la protection des Arméniens contre les Kurdes et les Circassiens, la Sublime Porte s'engage à exécuter, sans délai, les améliorations et réformes exigées par les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens, et à garantir leur sécurité contre les bandes et les attaques. La Russie maintiendra temporairement des troupes dans ces provinces jusqu'à la mise en œuvre complète de ces réformes. »
Le traité va aussitôt susciter l'opposition de l'Angleterre et de l'Autriche-Hongrie et conduire à un nouveau traité, conclu à Berlin le 13 juillet de la même année, avec des conditions beaucoup moins avantageuses pour la Russie... et surtout, avec la disparition du parapluie militaire russe pour les Arméniens : « La Sublime Porte s'engage à réaliser, sans plus de retard, les améliorations et réformes qui réclament les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens, et à garantir leur sécurité contre les Circassiens et les Kurdes. Elle donnera périodiquement connaissance des mesures prises à cet effet aux Puissances, qui en surveilleront l'application » (article 61).










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