Le 1er janvier 1877, sur une suggestion du Premier ministre britannique Benjamin Disraeli, la reine Victoria est proclamée impératrice des Indes. La souveraine s'en montre enchantée et s'attache à ces possessions d'Asie qu'elle n'a jamais vues mais pour lesquelles elle promeut autant que faire se peut une politique de tolérance religieuse et de bienveillance.
À l'origine, c'est l'East India Trading Company (« Compagnie de commerce des Indes orientales ») qui administrait officiellement les Indes britanniques, de concert avec les princes locaux. Mais ses pertes financières et la révolte des cipayes, en 1857, l'avaient obligée à passer la main au gouvernement de Londres. Vingt ans plus tard, Disraeli officialise le nouvel état des choses en créant le British Raj (l'Empire britannique en anglo-hindi). Son administration est confiée à l'India Office, à Londres. Le gouverneur général établit à Calcutta reçoit le titre de vice-roi. Il s'appuie sur l'Indian Civil Service, qui comporte une poignée de hauts fonctionnaires britanniques : deux mille personnes environ issues des meilleures écoles, qui vivent comme des demi-dieux dans des palais des Mille et Une Nuits, avec une pléiade de serviteur. Ils sont assistés de dix mille officiers britanniques qui, entre les opérations militaires, connaissent les mêmes agréments.
Les élites hindoues sont associées à l'administration par les Anglais, trop peu nombreux pour pouvoir administrer à eux seuls le sous-continent et ses trois cents à quatre cents millions d'âmes. Appelés babus, ces Indiens frottés de culture occidentale adoptent volontiers la langue anglaise, qui a la vertu d'être la langue du maître mais aussi d'être commune à tous les fonctionnaires du sous-continent.










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