C’était par un beau jour de 1907, alors qu’il était encore à Berne, qu’Albert Einstein eut, à ce qu’il raconte, « la plus heureuse idée de sa vie » : « Je compris soudain que si une personne est en chute libre, elle ne sentira pas son propre poids. J’en ai été saisi. Cette pensée me fit une grande impression. Elle me poussa vers une nouvelle théorie de la gravitation » (note).
Ce que venait de comprendre le physicien, c'est que le fait d'être en chute libre annule les effets de la gravitation… et que celle-ci n'est pas une force, comme le voulait Isaac Newton, auteur en 1686 de la théorie de la gravitation, mais une courbure de « l'espace-temps » dont les perturbations modifient la marche des horloges et la longueur des règles. À la manière d'une pierre jetée dans l'eau ou d'une personne jetée sur un trampoline qui en déformerait la toile…
Publiée en 1915, dix ans après la théorie de la relativité « restreinte », la théorie générale est désormais centenaire. Elle n'a pas pris une ride et semble au contraire rajeunir depuis le 11 février 2016. Ce jour-là, en effet, les chercheurs de l'observatoire américain Ligo et du projet européen Virgo ont mis en évidence des ondes gravitationnelles de l’espace-temps par des moyens techniques qu’Einstein lui-même n’osait pas imaginer. Les ondulations de l'espace-temps qu'ils ont pu détecter dans les quatre mois précédents ont fait l'objet d'une présentation officielle, chiffres à l'appui. Grâce à la collision de deux trous noirs qui ont fusionné il y a de cela 7 milliards d'années. On peut y voir l'acte de naissance de l'astronomie gravitationnelle et une fenêtre ouverte sur la compréhension des galaxies.










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