Préhistoire et haute Antiquité en cartes animées

Vincent raconte les derniers empires mésopotamiens (1070 à 539 av. J.-C.)

Dix-septième épisode :

Mésopotamie : la gloire des derniers empires (1070 à 539 av. J.-C.)

Dans cette vidéo, on s’intéresse aux derniers siècles de la Mésopotamie antique caractérisée par l’expansion de vastes empires.

À la fin du XIe siècle, l’Assyrie et la Babylonie sont en plein chaos suite à l’arrivée des Araméens. Venu de Syrie, ce peuple sémitique achève ainsi le jeu de chaises musicales amorcé en Grèce vers 1200.

Les Araméens s’installent massivement en Haute Mésopotamie et tendent à remplacer les Assyriens tout le long de l’Euphrate. L’Assyrie ne subsiste plus qu’autour d’Assur et de Ninive : il faut attendre le règne d’Adad-Nirari II pour qu’elle reprenne de la vigueur vers -900. Il stoppe l’avancée des Araméens et ravage leurs royaumes, puis il attaque la Babylonie. Paradoxalement, ça contribue à réveiller le roi de Babylone qui retrouve un semblant d’autorité sur le pays. Les relations entre Assyrie et Babylonie finissent ensuite par être pacifiées.

Les successeurs d’Adad-Nirari II poursuivent la lutte contre les Araméens, notamment Assurnazirpal II qui fonde une nouvelle capitale à Kalkhu. Celle-ci va connaître un essor rapide. Il poursuit ensuite plus à l’ouest et s’empare notamment de Karkemish. Sous son règne, la cruauté devient une arme de guerre inégalée. Le principal objectif n’est pas de conquérir des territoires, mais de terroriser les populations pour les rançonner.

Après lui, Salmanazar III poursuit avec succès cette politique guerrière, mais ça pousse les ennemis à s’unir : au nord près du lac de Van, les Urartéens, successeurs des anciens Hurrites, se regroupent face aux attaques assyriennes. Ils fondent un royaume qui va devenir puissant, l’Urartu. Au sud-ouest, le royaume araméen de Damas parvient à lever une vaste coalition qui englobe la Syrie, le Levant et l’Egypte : Salmanazar est repoussé à la bataille de Qarqar, mais il revient quelques années plus tard et ravage tout le Levant. Enfin, il vient en aide au roi de Babylone pour faire taire les révoltes dans son pays, confirmant la suprématie de l’Assyrie.

À la fin de son règne en 825 av. J.-C., la rivalité entre ses 2 fils provoque une guerre civile. Shamshi-Adad V finit par monter sur le trône, mais peine à rétablir sa pleine autorité sur l’empire. L’expansion de l’Assyrie connaît alors un coup d’arrêt. Au nord, l’Urartu en profite pour s’agrandir et devient une sérieuse menace. A l’est les Mèdes et les Perses,  qui sont des peuples indo-européens venus de l’Orient, commencent à faire irruption dans le Zagros et deviennent menaçants. Au sud, cela se fait aux dépens des Elamites : l’Elam s’affaiblit et se trouve réduit autour de Suse.

Adad-Nirari III parvient à rétablir la puissance de l’empire assyrien grâce à de nombreuses campagnes. Mais sa mort en 783 marque un nouvel affaiblissement de l’Assyrie. La situation en Babylonie redevient elle aussi chaotique à cause de la montée en puissance d’un nouveau peuple sémitique : les Chaldéens. A l’inverse, cette période marque l’apogée de l’Urartu. Sa richesse provient notamment des ressources minières, abondantes dans ces régions montagneuses. Des forteresses sont érigées sur l’ensemble du territoire.

Cependant, l’Assyrie voisine va franchir une étape cruciale sous l’impulsion d’un roi : Teglath-Phalasar III. Celui-ci s’empare du pouvoir par un coup d’état en 745, à l’occasion d’une révolte dans la capitale. Il commence par intervenir en Babylonie pour aider son roi face aux Araméens et aux Chaldéens, et il en fait un protectorat. Puis il stoppe l’expansion de l’Urartu, notamment dans le nord de la Syrie qui tombe dans le giron de l’Assyrie. Enfin, il s’avance jusqu’en Palestine et place tous ces territoires sous sa coupe.

Teglath-Phalasar change surtout le mode d’organisation des territoires conquis, dont beaucoup sont annexés au lieu de demeurer des vassaux. C’est notamment le cas en Babylonie, où il se proclame roi en 729, initiant un siècle de domination directe.

L’armée est profondément réorganisée pour assumer ces changements : ainsi les bataillons légers destinés aux razzias sont remplacés par une infanterie lourde, la cavalerie remplace les chars, les engins de siège apparaissent, et une armée de métier est mise en place. Teglath-Phalasar III est ainsi le fondateur du modèle des vastes empires à venir : assyrien, babylonien, et perse.

Son successeur Salmanazar V poursuit les campagnes, vers les royaumes néo-hittites et vers Israël. Cependant, il n’a pas le temps d’achever ces conquêtes car Sargon II s’empare du pouvoir par un coup de force en 722. Aussitôt, le Chaldéen Merodach-Baladan II en profite pour s’emparer du trône de Babylone.

Sargon II achève d’abord la conquête des royaumes néo-hittites et d’Israël. La déportation des populations conquises vers la capitale en vue de les soumettre prend de l’ampleur avec l’accroissement de l’empire. Ca renforce l’araméisation de l’Assyrie, d’autant que l’alphabet araméen facilite la diffusion de cette langue. L’araméen devient ainsi la langue du commerce dans tout le Proche-Orient.

À cette époque, l’Urartu commence à subir l’irruption des Cimmériens : Sargon II en profite pour attaquer ses vassaux, puis il finit par reprendre le contrôle de Babylone. Il fonde une nouvelle capitale près de Ninive, mais meurt avant de l’achever. Son successeur Sennacherib s’installe alors à Ninive, qui restera la capitale jusqu’à la fin de l’empire. Il y fait peut-être construire les fameux jardins suspendus qui seront plus tard attribués à Babylone.

Comme à chaque passation de pouvoir, des révoltes éclatent dans l’empire. En réaction, Sennacherib saccage Babylone. Il meurt assassiné en 680 et son fils Assarhadon lui succède. Il mène de nombreuses campagnes, notamment en Egypte : il pille la ville de Memphis, mais ne parvient pas à maintenir son contrôle sur la région.

C’est son successeur Assurbanipal qui marque l’apogée de l’empire assyrien. Il reprend notamment la campagne d’Egypte et s’avance jusqu’à Thèbes, qu’il ravage, obtenant ainsi le contrôle de tout le pays. Puis il doit combattre son propre frère qui revendique le trône de Babylone. L’Elam ayant soutenu la révolte, Assurbanipal poursuit jusqu’à Suse qu’il ravage. L’Elam disparaît définitivement et les Elamites eux-mêmes, à présent divisés, finiront par s’évanouir sous la pression des Perses.

Assurbanipal est aussi un érudit et crée une vaste bibliothèque à Ninive. Enfin, des temples et des palais continuent d’être construits dans la capitale : c’est sous ses 40 ans de règne que l’art assyrien atteint son apogée.

Les révoltes permanentes dans l’empire attestent pourtant de sa fragilité. De fait, à la mort d’Assurbanipal en 627, l’empire assyrien va s’effondrer avec une brutalité exceptionnelle. En effet, le Chaldéen Nabopolassar en profite pour revendiquer le trône de Babylone : cette fois, le nouvel empereur ne parvient pas à mater la révolte et est tué au cours de la bataille. Aussitôt, Nabopolassar s’engouffre dans la brèche : allié aux Mèdes, il s’empare de Ninive en 612, qu’il saccage de fond en comble. Le pays lui-même est rasé et ne s’en remettra pas.

Son successeur Nabuchodonosor II se heurte aux prétentions retrouvées de l’empire égyptien qui entend profiter du vide créé par la disparition de l’empire assyrien. Il remporte la victoire à la bataille de Karkemish qui lui donne le contrôle de toute la côte. Il lui faudra toutefois de nombreuses années pour y mater les révoltes soutenues par l’Egypte, d’autant qu’il doit aussi réprimer des révoltes à Babylone. Nabuchodonosor annexe finalement le royaume de Juda en 588 : la célèbre déportation des juifs à Babylone s’inscrit dans la tradition des empires mésopotamiens. Tyr est la dernière ville à tomber après 13 ans de siège. Dans le même temps, de grands travaux de construction sont entrepris à Babylone.

Les 42 ans de règne de Nabuchodonosor occupent l’essentiel du Nouvel Empire Babylonien. Sa mort est marquée par quelques années d’instabilité politique, puis Nabonide monte sur le trône. Il s’allie aux Perses contre l’empire mède, mais Babylone n’en profite pas et entre dans une situation économique difficile. Très mystique, Nabonide conquiert Taima en Arabie pour des raisons religieuses et il y reste 10 ans, ce qui le coupe de sa population. Lorsque le roi des Perses Cyrus II se retourne contre lui en 539 av. J.-C., Nabonide ne réagit pas : les Perses s’emparent ainsi de Babylone sans combattre. Cette date marque la fin définitive de la Mésopotamie indépendante, et la fin de sa civilisation après 3 millénaires d’existence. Submergée par l’araméen, la langue akkadienne va s’éteindre rapidement, faisant tomber cette civilisation dans l’oubli.

Cet événement symbolise la fin de la Haute Antiquité, d’autant que l’Égypte va également être conquise par les Perses dans la foulée. C’est ce qu’on verra dans le prochain épisode.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2021-11-30 17:08:52

 
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