L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte la naissance de l'empire chinois

La naissance de l'empire chinois (de 771 à 202 av. J.-C.)

Nous abordons ici l’une des époques les plus sombres de l’Histoire de la Chine. Paradoxalement, cette détresse humaine va favoriser l’essor des grandes philosophies chinoises, posant les bases d’une nouvelle civilisation et d’un empire puissant.

En 771 av JC, la Chine du Nord est encore puissante sous la dynastie Zhou. Mais l’irruption des barbares des steppes finit par entraîner sa fragmentation. La plaine du fleuve jaune se retrouve morcelée en de nombreux royaumes qui se font sans cesse la guerre : c’est la période dite des Printemps et Automne. La dynastie des Zhou subsiste à Chengzhou mais son autorité devient largement symbolique. Plus au sud se trouvent d’autres royaumes sans aucun lien avec les Zhou. Parmi eux, le Chu s’agrandit considérablement. Il faut noter que la quasi-totalité de ces royaumes est habité par un même peuple, les Han, dont l’expansion remonte à la dynastie Shang.

Sans jeu de mots, c’est dans le Chou que serait né le personnage de Lao Tseu, au VIe siècle av JC. Si son existence historique reste contestée, c’est en tout cas vers cette époque que les bases du taoïsme sont posées : inspiré de croyances anciennes autour du cycle de la nature revisitées par le chaos ambiant, il prêche l’acceptation harmonieuse d’un environnement en perpétuel mouvement. La complémentarité du yin et du yang est essentielle dans cette recherche d’harmonie.

C’est à cette même époque, dans le royaume de Lu, que naît le philosophe Confucius. Marqué par le chaos politique ambiant et inspiré par le culte des ancêtres déjà très ancien, il met en avant la soumission aux parents et au roi mandaté par le Ciel.

Peu après la mort de Confucius, vers 450 av JC, les gros royaumes commencent à absorber les plus petits. En contrepartie, les conflits deviennent encore plus violents : c’est le début de la période des Royaumes Combattants, pendant laquelle la suzeraineté symbolique des Zhou s’éteint complètement.

Bien qu’extrêmement sanglante, cette époque est celle où la civilisation chinoise se façonne, avec la codification des enseignements de Lao Tseu et de Confucius. La centralisation et l’organisation des états se renforcent. Avec les défrichements et les aménagements hydrauliques, l’agriculture fait des progrès énormes. En corollaire, l’essor des grandes villes provoque l’épanouissement de l’artisanat et du commerce, ainsi que l’invention de la monnaie. Cependant, l’explosion des effectifs militaires transforme les guerres en hécatombes : à titre d’exemple, la bataille de Changping entre les royaumes Qin et Zhao fait près de 700 000 morts en 260 av JC. Les soldats vaincus sont enterrés vivants.

De nombreux progrès sont réalisés dans le domaine de l’armement : l’arbalète apparaît aux côtés de l’arc, les épées remplacent les lances, la cavalerie remplace la charrerie, et le fer supplante peu à peu le bronze. De vastes murailles en terre sont érigées, qui formeront les embryons de la Grande Muraille de Chine.

Si le Chu s’accroît peu à peu vers l’est, c’est surtout le royaume Qin qui tire son épingle du jeu en s’étendant dans toutes les directions. Comme à l’époque de la dynastie Zhou, c’est donc la vallée de la Wei qui retrouve un rôle de 1er plan.

En 246 av JC, le roi Zheng monte sur le trône du Qin à l’âge de 13 ans. Après 16 ans de conflits, il parvient à annexer le royaume de Han, puis les autres royaumes tombent les uns après les autres : Zhao, Yan, Wei, Chu, et enfin Qi en 221 av JC. Cette année marque l’unification de la Chine : Zheng prend le nom de Shi Huangdi et devient le premier empereur de cette Chine unifiée. Afin de renforcer la cohésion de l’ensemble, il adopte une seule monnaie et une seule écriture, standardise les poids et mesures, et développe le réseau routier. Au nord, il consolide les défenses en remplaçant les anciens murs de terre par un grand rempart de pierre, qui deviendra la Grande Muraille de Chine.

Au sud, il poursuit les conquêtes au-delà du pays peuplé par les Han, au prix de lourdes pertes et de déplacements de populations.

Après un règne despotique et paranoïaque qui voit l’exécution de la plupart des lettrés, Shi Huangdi meurt en 210 av JC et se fait enterrer sous un tumulus de 115 m de haut aux côtés d’une armée en terre cuite. Son fils lui succède, mais il s’avère encore plus violent que son père : en peu de temps, des chefs de guerre émergent et proclament leur indépendance, disloquant l’empire. L’un d’eux nommé Liu Bang parvient à s’emparer de la capitale Xianyang, mettant fin à la dynastie Qin. Après 5 années de guerre, il achève la réunification du pays à l’exception des récentes conquêtes au sud : il devient alors empereur en 202 av JC sous le nom de Gaozu, fondant la dynastie Han avec pour capitale Chang’an, l’actuelle Xi’an. Contrairement à la précédente, cette nouvelle dynastie va perdurer pendant 4 siècles et va marquer l’une des périodes les plus prospères de la Chine.

On verra ça dans l’épisode 12. En attendant, il est temps d’aller en Inde qui connaît une évolution très comparable : là aussi, l’essor de nouvelles spiritualités va favoriser l’apparition du premier empire, celui des Maurya.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-01-21 19:03:11

 
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