L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte la décadence de l'empire romain (de 161 à 337)

La décadence de l'empire romain (de 161 à 337)

Dans l’épisode 14, nous avons laissé l’empire romain en plein apogée. Mais à partir de l’an 161, il va entrer dans un cercle vicieux qui va le conduire au fond du gouffre.

L’avènement de Marc-Aurèle coïncide avec la reprise de la guerre contre l’empire parthe sur fond de lutte pour le contrôle de l’Arménie. Les troupes romaines en ramènent une épidémie de peste qui décime un sixième de la population de l’empire. Cela encourage une attaque massive des peuples germaniques qui s’avancent jusqu’en Italie. Marc-Aurèle passe le reste de son règne à guerroyer sur ce front, aidé par son frère Verus : c’est la 1ère fois qu’un co-empereur est associé au pouvoir, une initiative qui finira par s’imposer sous le bas empire. Marc-Aurèle est aussi un grand philosophe stoïcien et cherche à réprimer la montée du christianisme.

Les guerres contre les Germains s’achèvent en 188 sous le règne de son successeur, Commode. Celui-ci devient de plus en plus tyrannique et cruel, aimé du peuple mais haï du Sénat. Il finit assassiné en 192, ce qui déclenche une guerre civile mettant aux prises plusieurs prétendants. Le général d’origine africaine Septime Sévère finit par prendre le pouvoir et parvient à restaurer la stabilité. Dorénavant, l’empereur tire sa légitimité de l’armée et non plus du Sénat. Les religions orientales deviennent de plus en plus populaires dans l’empire.

En 211, Caracalla lui succède et s’empresse de tuer son frère qui avait été désigné comme co-empereur. Il donne la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’empire. Au nord, il remporte des victoires contre les Germains et sécurise la frontière. En 216, il organise un massacre à Alexandrie pour des raisons mal élucidées qui fait plus de dix mille morts : la ville ne s’en relèvera jamais. Il engage aussi une guerre contre les Parthes, s’empare de l’Osrhoène, et se livre à un nouveau massacre à Ctésiphon. Tyrannique et impopulaire, il finit assassiné à l’instar de ses successeurs. Après le règne fantasque d’Elagabal, c’est Sévère Alexandre qui restaure une dernière période de stabilité. De nature douce, il soulage la population en supprimant des impôts mais tend à mépriser l’armée. En 231, les Perses sassanides héritiers des Parthes lancent des attaques contre l’empire romain qui sont difficilement repoussées. Accusé de mollesse, Sévère Alexandre est assassiné par ses soldats en 235, mettant fin à la dynastie des Sévère.

A compter de cet instant , c’est l’armée qui choisit les empereurs. La faiblesse du Sénat entraîne alors une instabilité politique : pendant plusieurs décennies, les empereurs se succèdent à un rythme effréné. L’empire romain doit faire face simultanément sur deux fronts : au nord face à la pression des Germains, et à l’est face à l’empire perse. En 260, l’empereur Valérien est même fait prisonnier en Perse où il meurt comme esclave. Son fils Gallien lui succède, mais en Gaule, le général Postume profite de ce désastre pour se proclamer lui-même empereur. Cela crée une première scission au sein de l’empire romain : l’empire des Gaules englobe l’Hispanie, la Gaule et la Bretagne.

Pour faire face à ce nouveau front, Gallien doit abandonner la Dacie, ramenant la frontière au Danube plus facile à défendre. L’armée absorbe alors toutes les ressources de l’Etat.

Pendant ce temps à l’est, la ville de Palmyre a pris le relais de Pétra en tant que principale cité caravanière. Le Nabatéen Odénat parvient à repousser les attaques des Perses, et acquiert de fait les pleins pouvoirs sur la partie orientale de l’empire. A sa mort en 267, sa femme Zénobie prend les commandes d’un véritable royaume qu’elle agrandit jusqu’à l’Egypte. En 271, elle officialise la scission en proclamant son fils empereur. Entre temps, l’empereur Gallien est mort et l’Hispanie a prêté allégeance à son successeur.

L’empereur Aurélien s’empare de Palmyre deux ans plus tard et capture Zénobie, mettant fin à la sécession. L’année suivante, il s’empare de l’empire des Gaules, devenu lui-même instable à la mort de Postume. Il réunifie ainsi l’empire romain.

L’instabilité politique se poursuit pourtant jusqu’à l’avènement de Dioclétien en 284. Les multiples menaces extérieures et les troubles intérieurs le poussent à s’adjoindre un deuxième empereur, Maximien, pour se répartir la charge militaire : cela préfigure la division entre un empire d’orient et un empire d’occident. Puis il désigne deux « César », Constance Chlore et Galère, pour assister les deux « Auguste » : il fonde ainsi le système de la tétrarchie, qui s’avère efficace d’un point de vue militaire. La sécurité est rétablie sur les frontières et dans les provinces, face aux Germains comme face aux Perses dont la frontière est repoussée. Dioclétien, qui demeure le principal empereur, réduit le pouvoir des gouverneurs et persécute les minorités, notamment chrétiennes, pour prévenir les révoltes.

Puis en 305, Dioclétien abdique conjointement à Maximien, pacifiant ainsi la transition avec les deux César, qui deviennent les nouveaux Auguste. Mais dès l’année suivante, la mort de Constance Chlore remet la tétrarchie en question : Constantin est proclamé empereur par ses hommes, et bientôt l’empire compte sept Auguste. En 312, il ne reste plus que Constantin et Licinius qui se sont alliés contre les autres empereurs. Ils se livrent rapidement à une guerre ouverte qui tourne à l’avantage de Constantin : en 324, celui-ci devient l’unique empereur.

Il encourage très vite le christianisme et réunit le concile de Nicée pour définir un dogme officiel visant à résoudre les divisions entre les Eglises. En parallèle, il puise dans les richesses des temples païens pour financer ses lourdes dépenses.

Dès 324, Constantin fonde la ville de Constantinople sur les vestiges de l’ancienne Byzance. Il en fait une nouvelle capitale destinée à rivaliser avec Rome : c’est là qu’il passe l’essentiel de son temps, entre deux attaques des Goths sur les frontières du Danube. Lorsqu’il meurt en 337, il laisse derrière lui un empire profondément transformé, de plus en plus divisé entre un Orient grec et un Occident latin.

Cette division finira par entraîner la chute de Rome, comme on le verra dans l’épisode 20. En attendant, on va passer voir le meilleur ennemi des Romains : l’empire perse sassanide.

Vincent Boqueho
Publié ou mis à jour le : 2022-03-22 19:43:58

 
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