L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte la civilisation étrusque et l’ascension de Rome

La cilisation étrusque et l'ascension de Rome

Bienvenue dans l’Antiquité classique ! Cette série couvre toute la période depuis la chute de Babylone jusqu’aux débuts de l’expansion arabo-musulmane. On parlera de la Grèce et de Rome, des Perses et des Carthaginois, mais aussi de la Chine, de l’Inde, de l’Ethiopie et de l’Amérique précolombienne.

Ce 1er épisode s’intéresse à la civilisation étrusque et à l’ascension de Rome.

Cette nouvelle vigueur de l’Italie s’inscrit pleinement dans l’expansion de l’espace civilisationnel initialement centré sur le Croissant Fertile. En particulier, ce sont les Grecs qui donnent une nouvelle impulsion dans le secteur.

La première colonie grecque d’Italie est Cumes, fondée vers 750 av. J.-C. Rapidement, d’autres cités vont suivre, couvrant les côtes de Sicile et du sud de l’Italie. L’ensemble est appelé la « Grande-Grèce ».

Plus au nord dans l’actuelle Toscane, vit le peuple des Etrusques, que les Grecs appellent les Tyrrhéniens. L’influence grecque va y accélérer le développement d’une civilisation propre : dès 700 av JC, les Etrusques créent leur propre alphabet, inspiré de l’alphabet grec. Malgré ça, leur langue n’est pas déchiffrée. Quant à Rome, fondée selon la légende par Romulus en 753 av. J.-C., il ne s’agit que d’une petite ville latine qui tutoie le pays étrusque.

A l’instar de la Grèce, l’Etrurie n’est pas unifiée politiquement : il s’agit d’un ensemble de cités-états liées par une culture commune. Au cours du VIIe siècle av. J.-C., douze d’entre elles constituent une sorte de confédération qui amorce une expansion territoriale vers le nord et le sud jusqu’à concurrencer l’influence grecque : elle utilise pour ça une infanterie puissante qui adopte la formation en phalange des Grecs.

C’est dans ce contexte que Rome tombe en 616 av. J.-C. sous la domination d’un Etrusque originaire de Tarquinia, Tarquin l’Ancien. Deux autres rois étrusques lui succèdent : Servius Tullius et Tarquin le Superbe. Sous leur impulsion, Rome connaît un développement rapide. Des égouts sont créés pour assainir la ville, une première enceinte fortifiée est dressée, et une conscription est mise en place, ce qui renforce la puissance de la ville.

Cette époque voit l’apogée de la civilisation étrusque. Leur flotte leur permet d’assurer un commerce florissant avec Carthage et la Grande-Grèce. Elle leur permet également de prendre pied en Corse aux dépens des Grecs. Les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes. Les Etrusques possèdent de solides connaissances dans le domaine de la médecine et de l’urbanisme, en particulier dans les réseaux hydrauliques. De religion polythéiste, ils ont beaucoup recours à la divination.

A Rome, Tarquin le Superbe règne de façon tyrannique sans tenir compte des avis du Sénat, où siègent les riches propriétaires terriens appelés les « patriciens » : ces derniers finissent par se retourner contre le roi. Selon la légende, l’élément déclencheur est le viol de Lucrèce, fille d’un général, par le propre fils de Tarquin. Quoi qu’il en soit, Tarquin le Superbe est renversé en 509 av. J.-C. et la République est proclamée.

Le pouvoir est confié à deux consuls élus pour un an, qui gouvernent aux côtés d’un prêtre-roi cantonné aux devoirs religieux. Les cités étrusques voisines attaquent Rome pour rétablir Tarquin sur le trône, sans succès. D’autres villes du Latium en profitent pour se détacher de l’influence étrusque, aidées par la cité grecque de Cumes. Puis en 494, elles s’unissent pour attaquer Rome devenue trop puissante, mais échouent dans leur tentative : au traité de paix, Rome intègre la ligue latine en position dominante.

Cette  année-là voit aussi les premières révoltes de la plèbe contre la domination des patriciens : cette rivalité marquera durablement l’Histoire de Rome.

A cette époque, les Etrusques subissent de plein fouet la grande migration des Celtes originaires du sud de la Germanie. La plaine du Pô, abandonnée par les Etrusques, devient alors la Gaule Cisalpine. Affaiblis, les Etrusques doivent aussi se retirer de Capoue, leur principale ville au sud de l’Italie, et doivent abandonner la Corse aux Grecs et aux Carthaginois. Pendant ce temps-là, Rome mène plusieurs guerres contre Véies, la plus proche des cités étrusques : elle finit par s’en emparer en 396 av JC. Pourtant, sa puissance reste fragile : les Gaulois menés par Brennus poursuivent leurs raids vers le sud et mettent Rome à sac en 390. Ce pillage marquera durablement les esprits : il conduira à la légende des oies du Capitole et du fameux « Vae victis » prononcé par Brennus. D’autres raids gaulois seront menés dans la région dans les décennies suivantes.

L’ascension territoriale de Rome ne démarre vraiment qu’en 343 av JC : la ville de Capoue demande son aide face aux attaques des Samnites qui habitent l’intérieur des terres. La première guerre samnite est un succès et permet à Rome de prendre le contrôle de la côte jusqu’à Capoue. Peu après, Rome réprime une révolte de la Ligue Latine : elle la dissout et place les cités directement sous sa juridiction.

En 327, c’est au tour de la ville grecque de Naples de faire appel à Rome, déclenchant la 2e guerre samnite. Elle pousse les Romains à tracer la première voie romaine, la Via Appia, qui relie Rome à Capoue. Ils remportent aussi des succès contre les Etrusques plus au nord. La côte sud-est de l’Italie, également touchée par les raids samnites, se place alors sous la protection de Rome : en 304, celle-ci a considérablement étendu son territoire.

Une grande alliance des Samnites, Etrusques, Ombriens et Gaulois est alors constituée contre Rome. Rome triomphe de ses adversaires et annexe le territoire samnite en 290. Parallèlement, elle conquiert les cités étrusques une à une : Volsinies sera la dernière à tomber en 264, mettant fin à la civilisation étrusque.

Au sud, l’influence de Rome commence à empiéter sur celle de Tarente, principale cité grecque d’Italie. Celle-ci fait alors appel au roi d’Epire, Pyrrhus Ier, l’un des ambitieux héritiers de l’empire d’Alexandre le Grand. Il débarque en Italie en 280 avec des éléphants de guerre ramenés d’Asie et remporte de nombreuses victoires, mais aux prix de pertes irremplaçables, ce qui donnera l’expression « victoire à la Pyrrhus ». Parallèlement, les cités grecques de Sicile l’appellent à l’aide face à la menace de Carthage : Pyrrhus y remporte là encore de grandes victoires, mais face à l’alliance de Rome et de Carthage, il doit renoncer à ses ambitions : en 272, Rome s’empare de Tarente et obtient ainsi le contrôle de toute l’Italie au sud de l’Arno.

Après ces décennies de guerres, il s’ouvre une période de prospérité économique pour l’Italie romaine. Les conflits séculaires entre le patriciat et la plèbe s’apaisent. Cependant, les victoires des Romains ont affaibli les Grecs de Sicile face aux ambitions de Carthage. Celle-ci devient la principale menace pour Rome, ce qui va bientôt déboucher sur les guerres puniques.

On en parlera dans l’épisode 7 consacré à Carthage. En attendant, nous allons poursuivre notre petit tour du monde des civilisations en allant voir ce qui se passe en Grèce.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-01-12 10:43:21

 
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