L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte la Chine divisée (de 220 à 618)

La Chine divisée (de 220 à 618)

Après 36 ans de conflits entre seigneurs de guerre, la Chine se retrouve coupée en trois royaumes en l’an 222 : le Wei, le Shu et le Wu. Les guerres se poursuivent, chaque roi revendiquant le titre impérial. Pourtant la période des 3 royaumes marque un âge d’or de la poésie. Par ailleurs, le taoïsme et le bouddhisme gagnent du terrain aux côtés du confucianisme traditionnel. A cette époque, l’empire Xianbei se désagrège, mais les tribus restent très menaçantes.

Dans les 3 royaumes, le pouvoir royal s’affaiblit rapidement. Un chef de guerre du Wei parvient à s’emparer du Shu en 263 et se proclame roi de Jin. Puis son fils Jin Wudi s’empare du Wu en 280, réunifiant l’empire chinois pour une courte période.

Il réalise des réformes politiques et judiciaires, et pendant quelques années la prospérité semble revenue. Mais en 290, sa mort entraîne une sanglante guerre de succession qui va durer 15 ans. Cette nouvelle période de chaos affaiblit considérablement le pays. Dans le même temps, les peuples d’origine barbare installés en Chine du nord sont massivement utilisés comme mercenaires et acquièrent de plus en plus de pouvoir. Ils fondent des royaumes indépendants dans le nord à partir de l’an 304. La capitale Luoyang est prise en 311 et l’empereur Jin est tué. La Chine du nord passe intégralement sous le contrôle des barbares 5 ans plus tard : elle se retrouve divisée en plusieurs royaumes très instables qui se font sans cesse la guerre, ce qui provoque un important recul économique et artistique.

Pendant ce temps au sud, un prince Jin se proclame empereur en 318 sous le nom de Jin Yuandi, perpétuant la dynastie. Depuis sa capitale Jiankang, l’actuelle Nankin, il passe son règne à réprimer les rébellions intérieures et à contrer l’avancée des royaumes barbares.

A partir de 330, la Chine du sud se consolide peu à peu. Elle contribue à diffuser la culture chinoise chez les peuples du sud. C’est aussi une période faste pour la pensée philosophique.

En 347, les Jin parviennent à s’emparer du Sichuan à l’ouest. Puis ils lancent des expéditions au nord contre les autres royaumes barbares : Qin antérieurs à l’ouest, Yan antérieurs à l’est. Malgré quelques succès, cela ne fait qu’affaiblir les Yan comme les Jin, et ce sont les Qin antérieurs qui en profitent : ceux-ci s’emparent du Sichuan et de tous les royaumes barbares, unifiant la Chine du nord en 376.

La menace qui pèse sur la Chine du sud est écartée de justesse sept ans plus tard à la bataille de la rivière Fei : les Jin remontent la frontière jusqu’au Fleuve Jaune tandis que le royaume des Qin antérieurs se désagrège. La Chine du nord retrouve sa fragmentation en plusieurs royaumes barbares.

Peu après, des luttes de pouvoir plongent la Chine du sud dans 10 nouvelles années de guerre civile aggravée par les guerres contre le nord. C’est le général Liu Yu qui rétablit l’ordre : il s’empare du trône en 420, fondant une nouvelle dynastie.

Peu après au nord, le royaume Wei amorce une expansion sous l’impulsion de son roi Tuoba Tao : il unifie ainsi la Chine du nord en 439. Cette nouvelle configuration de la Chine en 2 royaumes un peu plus stable et aux cultures bien distinctes.

Le sud n’est autre que la continuité de l’ancien empire Han : autrefois à l’écart du centre politique de la Chine, il est maintenant complètement acquis à la culture chinoise et connaît un développement marqué avec une abondante création artistique. Quant au nord dirigé par une dynastie d’origine barbare, il a connu un recul économique par rapport à l’époque des Han.

Il continue pourtant de bénéficier du commerce par la Route de la Soie, tandis que le sud plus à l’écart doit développer une route maritime avec l’Inde qui est alors à son apogée. Cela favorise l’essor de royaumes intermédiaires : Champa dans l’actuel Vietnam, Fou-nan centré sur l’actuel Cambodge, et Tarumanagara à Java. Grâce à cette ouverture, le bouddhisme tend peu à peu à supplanter le confucianisme en Chine. Il gagne aussi le Koguryo en Corée, qui continue à s’étendre et atteint son apogée.

La période reste très belliqueuse : en Chine les empereurs ont une faible légitimité et doivent composer avec une aristocratie guerrière puissante. En 450, l’empereur du nord Tuoba Tao mène une expédition militaire qui affaiblit considérablement le sud et repousse la frontière.

Peu à peu, le nord achève sa sinisation et le contrôle sur les populations des steppes s’affaiblit. La capitale finit par être déplacée à Luoyang. Les garnisons du front nord, insatisfaites par cet éloignement du pouvoir, finissent par se révolter. En 528, Luoyang est mise à sac.

Le royaume du sud profite de cette nouvelle faiblesse en lançant une campagne militaire contre le nord. Face au chaos, deux seigneurs de guerre finissent par prendre les choses en main. La Chine du nord se retrouve divisée en deux royaumes : le Zhou à l’ouest avec pour capitale Chang’an, et le Qi à l’est avec pour capitale Ye.

Finalement, ça contribue à redonner une nouvelle vitalité à la région : à l’ouest les Zhou s’emparent du Sichuan aux dépens de la Chine du sud. A l’est la progression des Qi vers le sud provoque la chute de la dynastie. Les Chen arrivent au pouvoir tandis qu’un général dissident établit son propre royaume au centre.

Les années suivantes sont marquées par des révoltes internes dans le Qi : en 577, le Zhou en profite et annexe le Qi. Peu après, un général des Zhou renverse le roi et fonde la dynastie Sui, prenant le nom de Sui Wendi. En 589, il s’empare du Chen, réunifiant durablement la Chine : après trois siècles de divisions, le pays va enfin connaître trois siècles d’unité.

La Chine des Tang sera abordée à l’occasion d’une autre série. On va maintenant terminer celle sur l’Antiquité en retournant voir les héritiers de Rome, d’abord en Occident, puis en Orient.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-04-11 15:25:32

 
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