Le monde au Moyen Âge (622-1453)

Vincent raconte la Chine des Tang (589-907)

La Chine des Tang (589-907)

Au Ve siècle, la Chine est divisée entre un nord dominé par des royaumes d’origine barbare, et un sud où se maintient l’héritage culturel de l’ancien empire chinois. Puis la situation commence à évoluer au début du VIe siècle avec la sinisation des élites en Chine du Nord. A partir de l’an 577, le royaume des Zhou centré sur Chang’an commence à s’étendre aux dépens des autres royaumes. Les Zhou sont bientôt renversés par un général qui fonde la dynastie Sui et achève les conquêtes : il unifie la Chine en 589 et devient l’empereur Sui Wendi.

C’est un événement capital : ce sont 3 siècles d’unité qui vont succéder à 4 siècles de divisions. Wendi et son successeur Yangdi mènent tous deux de grandes réformes dans tous les domaines : des terres sont redistribuées pour diminuer les égalités et de nombreux greniers sont construits pour réguler le cours du grain, ce qui favorise une nouvelle croissance démographique. Des examens impériaux sont institués pour redistribuer les postes de fonctionnaires au mérite et diminuer la corruption. L’appareil d’Etat est refondé avec la création de trois départements, dont deux organes législatifs et un organe exécutif, qui resteront en place pendant plus de 3 siècles.

De grands travaux sont entrepris : la Grande Muraille est restaurée pour mieux contrer les attaques des nomades, notamment les Turcs qui viennent de fonder un grand khaganat couvrant les steppes d’Eurasie. Le Grand Canal est agrandi et prolongé pour faciliter le commerce entre le Nord et le Sud : il part de la ville de Luoyang qui devient la nouvelle capitale à partir de 604.

Les empereurs Sui mènent également des guerres pour agrandir l’empire, mais qui vont causer leur perte. Au sud, la guerre contre le Champa est un échec. Au nord, la guerre contre le Koguryo en Corée dure seize ans et fait plusieurs centaines de milliers de morts sans qu’il y ait de réelle avancée. Ce désastre provoque des révoltes dans tout le pays qui se transforment en guerre civile avec l’émergence de plusieurs seigneurs de guerre. L’un d’eux mène un coup d’état contre Sui Yangdi et monte sur le trône en 618 sous le nom de Gaozu, fondant la dynastie Tang.

Il passe son règne à mater les révoltes tandis que les invasions des Turcs sont difficilement repoussées. Finalement, la paix n’est rétablie que sous son successeur Taizong. Il peut alors reprendre l’offensive contre les Turcs : dès 629, une victoire décisive permet de prendre le contrôle du khaganat oriental. Puis en 648, il s’empare du Xinjiang aux dépens des Turcs Occidentaux, établissant un protectorat le long de la route de la soie.

Les Turcs Occidentaux sont définitivement matés par son successeur Gaozong et l’influence chinoise s’étend alors jusqu’en Asie Centrale. A l’est, les guerres incessantes contre le Koguryo finissent par porter leurs fruits : le royaume s’effondre en 668 et devient un protectorat chinois. Au sud enfin, le protectorat d’Annam est institué dans l’actuel Vietnam. L’empire chinois est plus vaste que jamais et le contrôle de la route de la soie favorise son enrichissement. Ça favorise aussi la progression du bouddhisme qui se mêle au taoïsme et au confucianisme sans complètement les remplacer.

Cependant, les Turcs des marges septentrionales demeurent une sérieuse menace et parviennent à refonder un khaganat indépendant en 682. Le règne de Gaozong est également marqué par l’influence croissante de sa maîtresse qui finit par prendre le pouvoir après sa mort sous le nom de Wu Zetian. Elle devient ainsi la seule impératrice régnante de toute l’Histoire de Chine. Comme une bonne partie de l’aristocratie lui est hostile, elle s’installe à Luoyang et remanie complètement les membres du gouvernement.

Elle est finalement renversée par son propre fils en 705, ce qui entraîne une période d’instabilité dynastique jusqu’à l’avènement de Xuanzong en 712.  Son règne marque l’apogée de la dynastie Tang, et la capitale Chang’an est alors la plus grande ville du monde. L’art bouddhiste connaît son plein développement avec la multiplication des pagodes, l’érection de statues et la réalisation de pièces d’orfèvrerie. La littérature est florissante et connaît une importante diffusion à partir du IXe siècle grâce à l’invention de l’imprimerie. La peinture se développe avec la représentation de personnages et de paysages.

L’essor du califat arabe amplifie considérablement les échanges commerciaux par les voies terrestre et maritime. Plus encore que la soie, c’est surtout la porcelaine qui est le plus exportée. Ce nouvel apogée commercial rappelle celui des Han à l’époque de l’empire romain.

Vers l’an 750, l’empire chinois est toutefois confronté à de nouveaux voisins très puissants : le Nanzhao et le Tibet au sud, les Arabes à l’ouest, et les Turcs Ouïghours au nord. C’est dans ce contexte de menace croissante que le général An Lushan décide de se rebeller contre l’empereur Xuanzong en 755 : il marche sur la capitale qui est pillée de fond en comble, mais les troupes impériales poursuivent la résistance et le pays sombre dans la guerre civile. Elle dure huit ans et provoque un effondrement démographique. La Chine en sort ravagée et la dynastie Tang ne retrouvera jamais son prestige d’antan : les gouverneurs de province en acquièrent un grand pouvoir, ce qui fragilise l’armée impériale. Les Tibétains en profitent pour s’avancer jusqu’au Xinjiang dans les années 760. L’empire chinois subit alors des raids incessants de la part de ses voisins et finit par perdre toute emprise sur la Corée. Il parvient à briser la puissance du Tibet en 801, mais ça profite surtout aux Ouïghours qui s’implantent dans le Xinjiang. Enfin l’extrême sud autour de Hanoï est perdu en 827.

Le déclin des Tang s’accélère dans les années 860 : les famines entraînent l’émergence de bandes de pillards qui ravagent le territoire. La capitale elle-même est mise à sac en 881, ce qui réduit à néant l’autorité des Tang : à compter de cet instant, le pays passe sous le contrôle de plusieurs seigneurs de guerre qui se créent de véritables royaumes au sein de l’empire. Le dernier empereur Tang est finalement renversé en 907. Le chaos va durer plusieurs décennies avant que la dynastie Song ne restaure le rayonnement de la Chine.

Dans cette vidéo, on aura pu constater l’ampleur des liens et des rivalités entre la Chine et la Corée. Dans le prochain épisode, on s’intéressera à l’Histoire de la Corée ancienne..

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-09-19 16:30:56

 
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