L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte l'empire perse achéménide

L'empire perse achéménide (de 525 à 336 av. J.-C.)

On s’intéresse ici à la fabuleuse histoire de l’empire perse achéménide. Pour le détail de ses origines, on pourra se référer à notre dernière vidéo sur la Haute Antiquité. Rappelons brièvement : au VIe siècle, les Perses sont encore soumis à l’empire mède jusqu’à ce que Cyrus II s’en empare en 553 av JC. Fort d’une remarquable supériorité militaire, il conquiert l’empire lydien, l’empire babylonien, et une grande partie de l’Asie Centrale jusqu’aux frontières de l’Inde. En 525 av JC, son successeur Cambyse II parachève son œuvre en s’emparant de l’Egypte, tournant la page de la Haute Antiquité. L’usage d’une cavalerie héritée des steppes alliée à l’organisation élamite est pour beaucoup dans ces succès militaires.

Cambyse ne règne que 7 ans. Son frère Bardiya entend lui succéder, mais il est assassiné par un général, Darius, qui s’empare du trône. Cette usurpation provoque des révoltes dans presque toutes les provinces de l’empire, qu’il réprime une à une. Pour asseoir sa légitimité, il revendique un ancêtre commun avec Cyrus, Achéménès, qui donnera son nom à la dynastie des Achéménides. Par la suite, Darius engage une réorganisation de l’empire qui lui permettra de traverser deux siècles en dépit de sa taille gigantesque. Les satrapies créées par Cyrus sont mieux contrôlées par le pouvoir central, ce qui est permis par la construction de routes qui sillonnent l’empire. Pour prévenir les révoltes, les coutumes et les lois locales sont préservées. En particulier, dès le règne de Cyrus, les juifs déportés à Babylone sont autorisés à repartir en Judée et à reconstruire le Temple de Jérusalem.

Par ailleurs, c’est la langue majoritaire du Proche-Orient, l’araméen, qui est utilisé pour les communications aux dépens du vieux-perse. Quant aux religions locales, elles sont préservées elles aussi. En Iran, le mazdéisme reste majoritaire : proche du védisme introduit en Inde, il met l’accent sur la dualité entre le Bien et le Mal, tandis que le dieu Ahura Mazda est placé au sommet du panthéon. Sous l’influence de Zarathoustra qui a vécu dans le nord-est de l’Iran, il tend peu à peu à se transformer en une forme de monothéisme, devenant le zoroastrisme.

Darius est aussi un grand bâtisseur : en complément de l’ancienne capitale Pasargades, il embellit Suse dont il fait une deuxième capitale, puis en fonde une troisième à Persépolis. En Egypte, il remet en état le canal des pharaons qui relie le Nil à la mer Rouge.

Enfin, Darius poursuit l’agrandissement de l’empire : après avoir réprimé une violente révolte en Ionie, il s’avance en Thrace et obtient la soumission de la Macédoine. En revanche, il échoue au nord face aux Scythes, et au sud face aux Grecs lors de la 1ère guerre médique. Il mène aussi des campagnes victorieuses vers le Caucase et l’Asie Centrale. A la mort de Darius en 486 av JC, l’empire perse est à son apogée.

Son fils Xerxès lui succède. Il doit réprimer des révoltes en Babylonie et en Egypte, mais son règne est surtout marqué par sa tentative d’invasion de la Grèce : en dépit de son armée et de sa flotte immenses, il est défait par la coalition de Sparte et Athènes lors de la 2nde guerre médique. Puis la ligue de Délos menée par Athènes le contraint à abandonner les cités grecques d’Ionie. L’empire perse doit peu à peu se replier d’Europe.

Son fils Artaxerxès lui succède en 465. Il doit faire face lui aussi à une révolte en Egypte menée par un Libyen et soutenue par Athènes. Il finit par la mater, mais Athènes en profite pour s’emparer de Chypre.

Après une succession d’assassinats, c’est Darius II qui monte sur le trône en 424 av JC. Il connaît des révoltes en Médie, en Lydie, et surtout en Egypte. A sa mort en 404, celle-ci reprend son indépendance sous l’impulsion d’Amyrtée qui se proclame pharaon. Après des débuts turbulents, le véritable renouveau de l’Egypte n’intervient que sous le règne d’Achôris : il parvient à résister aux armées perses et s’avance même jusqu’au Proche-Orient en 383. Mais dans le même temps les Grecs, trop divisés, perdent la côte ionienne.

En Egypte, le successeur d’Achôris est renversé par Nectanébo Ier qui fonde la XXXe et dernière dynastie locale : ce pharaon porte l’Egypte à un nouvel apogée en remportant une victoire majeure contre les Perses qui éloigne durablement la menace. Le pays bénéficie à nouveau d’un commerce florissant, et de vastes chantiers de restauration et de construction sont engagés. A sa mort, une période de troubles laisse place à son petit-fils Nectanébo II, le dernier Egyptien à la tête du pays. Son avènement est contemporain de celui de Philippe II en Macédoine et d’Artaxerxès III en Perse. Celui-ci parvient à reprendre le contrôle de la Basse-Egypte en 343, puis mate la résistance en Haute-Egypte 8 ans plus tard.

Ce regain de vitalité de l’empire perse va être pourtant de courte durée car en 338, Philippe II de Macédoine parvient à unir une bonne partie de la Grèce sous son autorité. Il a une ambition : reconquérir les anciennes terres de l’empire lydien. C’est finalement son fils Alexandre le Grand qui va porter ce projet beaucoup plus loin en s’emparant de l’intégralité de l’empire perse.

Ça fera l’objet de l’épisode 8. En attendant, on va continuer notre voyage vers l’orient en allant jusqu’en Chine où la naissance du confucianisme et du taoïsme vont former le terreau du 1er empire.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-01-17 14:30:10

 
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