Le monde au Moyen Âge (622-1453)

Vincent raconte l'Éthiopie ancienne (de 1140 à 1476)

Histoire de l'Éthiopie ancienne (de 1140 à 1476)

On va parler ici du Moyen Age éthiopien qui sépare l’apogée antique d’Aksoum des débuts de l’influence portugaise.

Démarrons cette histoire au début du VIe siècle. L’Ethiopie est alors dominée par le royaume d’Aksoum qui a été christianisé depuis l’Egypte romaine. Son principal rival est l’empire d’Himyar situé dans l’actuel Yémen, qui a adopté le judaïsme suite à l’influence de la diaspora juive. Leur prospérité repose essentiellement sur le contrôle du commerce entre l’Inde et l’empire romain qui passe par les détroits.

En 535, l’empire d’Aksoum parvient à s’emparer d’Himyar qu’il remplace par un royaume éthiopien indépendant. Il atteint ainsi l’apogée de sa puissance, mais qui va être de courte durée : en 570, les Himyarites appellent les Perses à l’aide et les Ethiopiens sont chassés du pays.

Au début du VIIe siècle, les flux commerciaux se réduisent fortement en raison des invasions perses jusque dans l’Egypte romaine, ce qui affaiblit l’Ethiopie. Peu après, l’expansion de l’islam a des conséquences encore plus fondamentales : en 650, le califat arabe s’étend de l’Egypte à l’Iran, et le commerce avec l’Inde ne passe plus par la Mer Rouge. Le royaume d’Aksoum périclite alors rapidement : il cesse de battre monnaie et on perd toute information sur cette région.

Ce passage à vide va durer cinq siècles. Tandis que l’islam s’impose sur tout le littoral, la population reste chrétienne dans la région d’Aksoum avec une influence juive non négligeable, et animiste plus au sud. Le christianisme se maintient également le long du Nil dans les royaumes de Nubie et d’Alodie qui résistent à l’expansion du califat.

Au XIe siècle, des communautés musulmanes commencent à s’implanter sur les contreforts orientaux des plateaux éthiopiens. Puis au XIIe siècle, on assiste à un véritable renouveau : la dynastie des Zagwe reforme un royaume chrétien unifié en 1140. Il borde le royaume païen de Damot aux sud-ouest, et le sultanat de Choa au sud-est.

Le royaume des Zagwe atteint son apogée au début du XIIIe siècle sous le règne de Lalibela. Il encourage la construction de nombreuses églises taillées dans le roc autour de sa nouvelle capitale qui gardera son nom. Ce renouveau est peut-être favorisé par la fragmentation du califat abbasside qui redonne du sens au commerce par la Mer Rouge. Les principales marchandises exportées sont l’or, les esclaves, l’ivoire et les céréales. Par ailleurs, les gisements de sel sont très abondants dans les régions côtières.

Le royaume abrite alors deux principaux peuples sémitiques : les Guèzes au nord auxquels appartiennent les Zagwe et qui descendent directement des anciens Aksoumites, et les Amharas au sud. En 1270, la dynastie des Zagwe est renversée par un chef amhara dissident nommé Yekouno Amlak. Pour asseoir sa légitimité, il se déclare descendant du roi Salomon et de la reine de Saba et porte le titre de negus qu’on traduit par empereur. Il fonde ainsi la dynastie salomonienne qui subsistera jusqu’au XXe siècle. La Cour est alors itinérante et il n'y a pas de capitale.

C’est vers cette même époque qu’émerge le sultanat d’Ifat sur la côte qui s’étend vers l’intérieur aux dépens du Choa : il implante sa capitale à Harar et sa position stratégique autour des détroits permet le développement du port commercial de Zeila dans l’actuelle Somalie. L’Ethiopie quant à elle trouve son débouché au niveau du port de Massaoua plus au nord dans l’actuelle Erythrée.

Les guerres sont alors récurrentes entre l’Ethiopie chrétienne, le sultanat d’Ifat, et le royaume païen de Damot. Celui-ci finit par être conquis par l’Ethiopie en 1317. Une grande opération d’évangélisation est alors menée dans la région et le christianisme poursuit sa diffusion vers le sud. En 1415, l’Ethiopie remporte une grande victoire contre le sultanat d’Ifat. Celui-ci prend alors le nom de sultanat d’Adel.

Le règne de Zara Yakob au milieu du XVe siècle marque un apogée de la dynastie salomonienne : il fixe la capitale à Debré Berhan et reconnaît le samedi comme jour de repos, ce qui confirme la forte influence résiduelle du judaïsme. L’influence de l’Ethiopie s’étend alors jusque sur les peuples couchitiques, notamment les Oromos au sud du royaume. Mais ce rayonnement ne survit pas à la mort de Zara Yakob et la Cour abandonne rapidement sa capitale fixe.

Au début du XVIe siècle, les luttes incessantes entre l’Ethiopie et le sultanat Adel vont s’inscrire dans des conflits à beaucoup plus grande échelle entre chrétiens et musulmans. La région va alors être emportée dans la rivalité entre les Portugais et les Ottomans.

On verra ça dans une future vidéo. En attendant, on va poursuivre notre tour d’Afrique en allant visiter les grands royaumes précoloniaux du Sahel.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2023-01-27 16:08:29

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