Ve siècle avant JC - La démocratie athénienne - Herodote.net

Ve siècle avant JC

La démocratie athénienne

À Athènes, à l'époque classique, soit au Ve siècle avant JC, les citoyens et leurs familles représentent à peine le tiers des 300.000 habitants. Le reste de la population est constitué par les esclaves et les métèques.

La cité vit sous un régime politique qu'il est convenu malgré cela de qualifier de démocratique. Cette démocratie a été mise en place par étapes au siècle précédent, sous la direction de quelques fortes personnalités, Dracon, Solon, Pisistrate et Clisthène.

Jean-François Zilbermann

Les citoyens et les autres à Athènes
– les citoyens :

 À la base de la démocratie athénienne figurent les citoyens. C'est l'ensemble des hommes libres de plus de 18 ans qui sont nés de père et mère athéniens et ont fait le service militaire de deux ans (l'éphébie).

Ils ont seuls le droit de participer au culte public, de siéger aux assemblées et d'y prendre la parole, de voter, d'être magistrat, de contracter un mariage légal, de posséder des immeubles. En contrepartie, il doivent payer l'impôt et remplir bénévolement certaines charges publiques.

– les métèques :

Les métèques, c'est-à-dire les étrangers venus des autres cités (du grec meto, qui a changé, et oikos, maison), doivent avoir un citoyen athénien comme répondant et se trouvent alors sous la protection de l'État.

Payant l'impôt, faisant leur service militaire et pouvant assister aux fêtes religieuses, il leur est cependant interdit de devenir propriétaire ou de contracter un mariage légal sauf s'ils rendent de grands services à l'État. Il leur est possible dans ce cas d'acquérir le droit de cité.

– les esclaves :

Les esclaves sont des paysans tombés en servitude faute d'avoir pu payer leurs dettes, des prisonniers de guerre ou encore des étrangers achetés sur les marchés. Ils peuvent être affranchis et deviennent alors des métèques.

Il existe deux sortes d'esclaves à Athènes : ceux des particuliers et ceux de l'État. Ces derniers occupent des fonctions auprès de la police, dans les bureaux de la magistrature, aux archives ou à la Monnaie. En temps de guerre, on les mobilise dans la marine ou à l'armée.

Les tribus d'Athènes

Pour saper le pouvoir de l'aristocratie et apprendre aux citoyens à vivre et oeuvrer ensemble, Clisthène a l'idée de diviser Athènes et sa région, l'Attique, en une centaine de circonscriptions territoriales, les dèmes.

Puis, aux quatre tribus anciennes, il en substitue dix nouvelles, les phylai, chacune étant constituée de trois régions ou trytties, non contigües, l'une dans la ville d'Athènes proprement dite, l'autre dans l'intérieur des terres, la troisième sur la côte.

Les institutions politiques

La démocratie athénienne issue des réformes de Solon et Clisthène se fonde principalement sur :
– deux assemblées de citoyens : l'Ecclésia et la Boulê,
– deux catégories de dirigeants : les archontes et les stratèges,
– deux tribunaux : l'Aréopage et l'Héliée.

1 – L'Ecclésia :

Conformément à la Constitution de Solon, les citoyens des quatre classes censitaires (des plus riches aux plus pauvres) se réunissent au moins quatre fois par mois sur la colline du Pnyx. Ils forment l'Ecclésia.

Au cours du Ve siècle avant JC, pour limiter l'absentéisme des citoyens pauvres, qui préfèrent généralement travailler aux champs plutôt que de débattre sur le Pnyx, le stratège Périclès leur accorda une indemnité, le mystos, en échange de leur participation aux débats.

Au sein de l'Ecclésia, les citoyens débattent et votent à main levée les lois et les déclarations de guerre.

2 – La Boulê :

Clisthène a rénové une assemblée qui a rapidement pris le pas sur l'Ecclésia. C'est la Boulê (ou conseil des citoyens).

Cette assemblée se compose de 500 membres, les bouleutes. Chaque tribu en tire au sort 50 parmi ses membres. Elle examine les projets de loi, administre la cité et exécute les décisions de l'Ecclésia.

Les 50 représentants de chaque tribu doivent se tenir prêts à tout moment à intervenir à la Boulê. Pour cela, ils vivent à côté, aux frais de la cité, pendant le temps de leur mandat, dans un bâtiment circulaire propre à chaque tribu et appelé Tholos.

3 – Les stratèges et les archontes :

Tous les ans, les citoyens de l'Ecclésia élisent les dix stratèges, c'est-à-dire les chefs des régiments de hoplites (soldats à pied). Par ailleurs, ils tirent au sort les archontes, les chefs du gouvernement, et les magistrats.

Les archontes, au nombre de 9, sont tirés au sort parmi des volontaires issus de la classe la plus riche (le volontariat limite le risque d'incompétence).

Ils ont la charge d'exécuter les décisions de l'assemblée mais leur puissance décline au fil du temps au profit des stratèges (un par tribu, éligible et rééligible indéfiniment). Ces stratèges sont à l'origine de simples officiers mais finissent par devenir les vrais maîtres du gouvernement.

4 – Les tribunaux :

Les tribunaux les plus importants sont l'Aréopage et l'Héliée.

– Les juges de l'Aréopage, une antique assemblée héritée de l'époque oligarchique, sont d'anciens archontes. Ils siègent sur la colline d'Arès (Areios pagos en grec) d'où leur nom. Leur pouvoir a décliné avec Solon, qui leur a enlevé la désignation des magistrats au profit de l'Ecclésia.

– Le tribunal populaire de l'Héliée siège à l'extérieur, sous le soleil (Hélios en grec), d'où son nom. C'est une juridiction d'appel qui réexamine les arrêts rendus par les magistrats des tribunaux aristocratiques, ce qui limite l'arbitraire de ceux-ci.

Ses membres, les héliastes, au nombre de 6.000 (600 par tribu), sont tirés au sort annuellement parmi l'ensemble des citoyens, sans distinction de classe. C'est le coeur de la réforme de Solon.

La démocratie au quotidien

Le gouvernement et les magistrats délibèrent sur l'Agora, centre civique d'Athènes. Ce lieu sacré, au pied de la colline sacrée de l'Acropole, est délimité par des pierres sur lesquelles est inscrit: «Je suis la frontière de l'Agora».

Ont interdiction d'y pénétrer les déserteurs, les métèques (étrangers libres) et... les gens aux mains sales, considérés comme impurs (des bassins d'eau bénite permettent à toute personne de se laver les mains avant d'entrer).

Les citoyens se réunissent sur l'Agora une fois par an afin d'évaluer le travail des magistrats et punir ceux qui abuseraient de leur pouvoir. Ils votent au moyen d'ostracas (tessons de poterie... ou coquilles d'huîtres).

Tout vote positif en entraîne un second deux mois plus tard afin de laisser le temps au citoyen de s'amender. Un deuxième vote positif (au moins 6.000 voix sont nécessaires) entraîne l'exil pendant dix ans (d'où notre mot ostracisme, synonyme de mise à l'écart).

Ce principe est censé être équitable... Néanmoins, lors du vote pour le bannissement de Thémistocle, les archéologues, en examinant le millier d'ostracas mis à jour, ont découvert que ces derniers avaient été réellement écrits par quatorze personnes seulement. Il semblerait que les adversaires de l'archonte aient profité de l'analphabétisme ou de l'indécision de certains afin de faire pencher la balance du côté qu'ils désiraient.

Notons que cette démocratie athénienne s'est fondée sur l'exclusion ; les citoyens étant, par-dessus leurs différences sociales, solidaires face aux exclus de la cité : métèques (étrangers libres) et esclaves, sans parler des femmes.

Publié ou mis à jour le : 2017-10-05 11:26:43

 
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