Le conservatoire Rachmaninoff

Un concentré d’Histoire russe à Paris

C’est un véritable voyage temporel qu’Arnaud Frilley, directeur du conservatoire, nous a proposé en nous ouvrant les portes du conservatoire Serge Rachmaninoff situé avenue de New-York, en face de la Tour Eiffel. Entièrement rénové, le lieu semble figé dans l’Histoire. On y pratique le chant, le piano ou la danse sous le regard bienveillant des grands noms de la musique russe qui ont fait vibrer ce lieu – et qui le font vibrer encore.

En 1923, des artistes russes en exil créent un conservatoire. Parmi eux se trouvent des figures prestigieuses de la musique du début du XXème siècle : le compositeur Alexandre Glazounov, le chanteur d’opéra Fedor Chaliapine et bien sûr Serge Rachmaninoff. Le conservatoire est un refuge pour les artistes russes exilés à Paris au gré des secousses de l’Histoire : tsaristes après la révolution de 1917, Russes blancs dès 1921, déçus du bolchevisme jusqu'en 1924 – année de la fermeture de la jeune URSS aux émigrés. Elle ne rouvrira partiellement ses portes qu’en 1956. Arnaud Frilley, dont une partie de la famille, menchévik, est arrivée de Moscou dans les années 1920, prend à témoin les lambris du conservatoire : « Ce lieu est lié à ma petite histoire familiale autant qu’à la grande Histoire ».

Le conservatoire Rachmaninoff (Paris), le vestibule

Dès 1926, le pianiste Vladimir Horowitz se produit régulièrement en ces murs. « Il a fait trembler Paris », dira plus tard son ami Arthur Rubinstein. Au fil des décennies, le conservatoire Serge Rachmaninoff devient emblématique de la musique russe. C’est le prince Serge Wolkonsky, administrateur des théâtres impériaux et critique littéraire, qui en devient en 1932 le premier directeur. Sont élus à sa suite plusieurs compositeurs de renom tels que Nicolas Tcherepnine ou Pavel Kovalev. Le danseur Serge Lifar, qui connaît un immense succès à Paris à partir de 1930, enseigne au conservatoire.

Les salons, qui aujourd’hui accueillent des cours de musique pour petits et grands, reçurent d'immenses artistes tels le violoniste Nathan Milstein ou le pianiste Alexander Borovsky. En 1961, on y croise Rudolf Noureev. De même que le pianiste soliste Mikhail Rudy, exilé d’Ouzbékistan en 1975, qui a rejoint le comité de soutien du conservatoire lors de sa rénovation en 2020.

Le conservatoire Rachmaninoff (Paris), ses hôtes illustres

Avec la chute de l’URSS et l’ouverture au reste du monde, nombre d’artistes russes viennent s’installer à Paris. Comme leurs ancêtres, ils y goûtent la douceur de vivre à la Française, mais recherchent surtout cette atmosphère d’émulation artistique si particulière.

Au conservatoire Rachmaninoff, on respire l’âme russe. « Ce n'est pas le domaine réservé d'une certaine Russie ou d'une certaine époque », nous précise Arnaud Frilley, en prenant à témoin la diversité des bustes, des partitions et des photographies d’époque qui recouvrent les murs. « Ici, c’est la maison de toute la culture russe universelle. »

Le conservatoire Rachmaninoff (Paris), la bibliothèque

Publié ou mis à jour le : 2021-12-28 20:42:55

 
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