Santa Anna (1794 - 1876) - Le «Napoléon du Nouveau Monde» - Herodote.net

Santa Anna (1794 - 1876)

Le «Napoléon du Nouveau Monde»

Militaire charismatique, qui se définit lui-même comme le «Napoléon du Nouveau Monde», plus flamboyant que doué pour gérer les affaires quotidiennes de l'État, Antonio Lopez de Santa Anna a été à de multiples reprises président du Mexique, à une époque où l'instabilité politique prévalait dans le pays nouvellement indépendant.

Béatrice Roman-Amat
Flamboyant militaire

Figure de la guerre d'indépendance, le général Santa Anna s'oppose au sacre impérial du président Iturbide en 1822 et finit par le renverser. À la tête de 400 hommes, il proclame le 2 décembre 1823 à Veracruz la restauration de la République.

Il soutient le républicain Vicente Guerrero qui devient président, puis Anastasio Bustamante, avant de se faire élire lui-même à la tête de l'État en 1833.

La politique centralisatrice qu'il mène vis-à-vis des colons américains installés au Texas est en partie responsable de la sécession de la région en 1836. Il reprend Fort Alamo aux Texans malgré leur résistance héroïque mais est ensuite vaincu à San Jacinto le 21 avril 1836.

Fait prisonnier le lendemain, il est suspendu de ses fonctions par le gouvernement mexicain mais réussit à s'échapper au bout de huit mois. Son prestige de chef militaire est toutefois profondément entamé par la perte du Texas, lequel rejoindra les États-Unis en 1845.

Le général parvient à regagner une partie de son aura en défendant la ville de Vera Cruz contre les Français qui attaquent le Mexique en 1838, dans le cadre de la guerre de la pâtisserie. Il perd alors une jambe au combat.

En 1841, il revient sur la scène politique en renversant Bustamante, à nouveau président, mais doit quitter le pouvoir en 1844 quand l'armée lui retire son soutien. Il s'exile au Cuba jusqu'à ce que son pays le rappelle pour prendre part à une guerre contre les États-Unis, en 1846-1847. Au terme de celle-ci, le Mexique perd la Californie et le Nouveau-Mexique.

Après la révolution de 1853, Santa Anna se fait élire «dictateur à vie» avec le titre d'altesse sérénissime. Un titre qui ne l'empêche pas d'être évincé dès 1855 par les libéraux de Juarez, qui prennent le pouvoir et mènent d'énergiques réformes anticléricales.

Santa Anna tente une dernière fois de revenir au pouvoir après l'exécution de l'empereur Maximilien, fusillé en 1867 après avoir été abandonné par son principal soutien, Napoléon III, mais il est arrêté et condamné à mort. Juarez le gracie mais il ne lui épargne pas l'exil. Une mesure d'amnistie lui permettra de mourir à Mexico, en 1876.

Publié ou mis à jour le : 2013-02-20 15:33:39

 
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