Assassins politiques - Déséquilibrés et mystiques - Herodote.net

Assassins politiques

Déséquilibrés et mystiques

Il est une catégorie d’assassins politiques particulièrement difficile à appréhender : ceux qui agissent sans mobile apparent. Mystiques ou atteints psychologiquement, leurs motivations laissent perplexe et leur acte donne parfois lieu à des théories reposant sur une possible manipulation.

Julien Colliat

Assassinat d'Henri IV et arrestation de Ravaillac le 14 mai 1610, Charles-Gustave Housez, XIXe siècle, musée national du Chateau de Pau.

- Ravaillac, le mystique régicide

Issu de la bourgeoisie d’Angoulême, François Ravaillac rêve d’entrer dans les ordres mais échoue lors de sa période probatoire en raison de visions qui hantent son esprit. Persuadé d’être commandé par une vision divine, il tente vainement de rencontrer Henri IV afin de l’enjoindre à convertir les protestants.

Portrait de Ravaillac, en pied, en haut à droite, dans trois médaillons, les portraits d'Henri IV, de Marie de Médicis et de Louis XIII, Christoffel Van Sichem, graveur, BnF, Gallica, Paris.Au printemps 1610, le projet d’Henri IV d’envahir les Pays-Bas espagnols suscite une vive inquiétude en France. Des membres du clergé qui voient dans l’alliance entre le roi et les princes protestants une guerre contre le pape, appellent à la fronde. Le 14 mai 1610, Ravaillac poignarde mortellement Henri IV dans son carrosse, rue de la Ferronnerie.

Le meurtrier ne cherche pas à s’enfuir et échappe de peu au lynchage. À l’issue d’un procès de 10 jours, le Parlement de Paris conclut à l’acte isolé d’un fou. Ravaillac est condamné à mort et exécuté en place de Grève, le 27 mai 1610, après un effroyable supplice qui s’éternise durant une journée. Sa famille est contrainte à l’exil ou doit changer de nom.

L’acte de Ravaillac et sa personnalité trouble fit aussitôt naître la rumeur d’un complot, ourdi par le duc d’Épernon et la marquise de Verneuil, pour le compte de l’Espagne.

L'Assassinat de Spencer Perceval, illustration de Walter Stanley Paget, XIXe siècle, Histoire Illustrée de Cassell en Angleterre. Vol.5.

- John Bellingham assassine le Premier ministre britannique pour une dette

Marchand anglais installé dans le port russe d’Arkhangelsk, John Bellingham est emprisonné en 1804 pour une dette de 5000 roubles. Libéré quatre ans plus tard, il retourne en Angleterre où il exige de son gouvernement une indemnisation pour ses années de captivités.

John Bellingham, 15 mai 1812, Norris Museum, Royaume-Uni.Le Royaume-Uni ayant rompu ses relations diplomatiques avec la Russie, ses doléances restent sans effet. Bellingham va alors se venger sur le Premier ministre conservateur, Spencer Perceval, alors très impopulaire en raison de sa politique intransigeante contre Napoléon, qui a considérablement appauvri les Anglais.

Le 11 mai 1812, il se rend au Parlement et attend dans le hall. Lorsqu’arrive Perceval, Bellingham va à sa rencontre et l’abat d’une balle en plein cœur, juste devant l’entrée de la Chambre des communes. Le meurtrier s’assoit ensuite sur un banc comme si de rien n’était et est appréhendé.

Lors de son procès, il assume pleinement son geste, sans le moindre remord. Malgré les preuves de son déséquilibre mental, il est condamné à mort et pendu en place publique sept jours plus tard.


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• 15 mars 44 av. J.-C. : César : «Tu quoque, mi fili»
Publié ou mis à jour le : 2018-01-23 10:54:35

 
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