Philippe Pétain (1856 - 1951) - Du Panthéon à l'Enfer - Herodote.net

Philippe Pétain (1856 - 1951)

Du Panthéon à l'Enfer

Fils de paysans du Pas-de-Calais, le futur vainqueur de Verdun est confronté à 15 ans à l'horreur de la guerre en secourant les blessés lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Un officier prometteur

Républicain indifférent à la religion mais aussi bourreau de travail, Pétain est nommé professeur à l'École de guerre en 1888. Son opposition aux théories en vogue de l'offensive à outrance lui valent beaucoup d'inimitiés.

Au terme d'une carrière banale et sans avoir participé aux guerres coloniales, il s'apprête à prendre sa retraite de colonel quand survient la Grande Guerre ! Il est promu général d'armée en octobre 1914 puis nommé en février 1916 à la tête de la 2e armée avec mission de défendre Verdun. C'est le début de la célébrité.

En mai 1917, nommé commandant en chef après la désastreuse offensive de Nivelle, il fait face à un mouvement de mutinerie avec modération et fermeté. L'armée lui doit de conserver sa cohésion dans cette passe difficile. Aussi est-il fait maréchal (une dignité honorifique) en décembre 1918.

De l'honneur à l'infamie

Après la guerre, Pétain, devenu une légende vivante, conserve de multiples activités. En 1925, il part combattre Abd el-Krim, au Maroc. En 1931, il entre à l'Académie française. En 1934, il devient ministre de la Guerre... Son autorité est intacte mais il commence alors à être rattrappé par son âge et manifeste des pertes de mémoire (78 ans).

En 1939, il est envoyé à Madrid comme ambassadeur et se réjouit de cette fin de carrière dorée... jusqu'au 16 mai 1940, quand il reçoit un télégramme lui ordonnant de rentrer à Paris où l'on compte sur lui pour sauver la France confrontée à l'invasion allemande... Doté des pleins pouvoirs par la Chambre des députés, repliée à Vichy, le Maréchal met sa popularité au service de la collaboration avec l'occupant. Il croit ce faisant servir les intérêts de la nation.

Il espère préserver les restes de vitalité du pays, saigné à blanc par la précédente guerre, en attendant des jours meilleurs. Mais il est très vite entraîné dans des compromissions de plus en plus douteuses.

Ainsi encourage-t-il la Légion des volontaires français contre le bolchevisme qui combat sur le front soviétique... aux côtés des Allemands. Il ordonne aux troupes françaises d'Afrique du Nord de résister au débarquement anglo-saxon du 8 novembre 1942. Il approuve aussi la création de la Milice, le 30 janvier 1943, et couvre la politique antisémite de son gouvernement.

Après la Libération, ses compromissions lui valent d'être condamné à mort. Grâcié en considération de son grand âge, il va finir ses jours en prison, à l'île d'Yeu, à 95 ans.

Publié ou mis à jour le : 2016-04-25 15:58:17

 
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