Le dictionnaire de l'Histoire

Œdipe

Œdipe est l'un des mythes les plus célèbres de l'Antiquité grecque. Il met en scène la force du Destin à travers le sort tragique du héros, ni coupable, ni innocent. Le mythe a été au XXe siècle récupéré par le père de la psychanalyse Sigmund Freud pour désigner ce qu'il croit être au coeur du malaise occidentale : le désir inconscient de tuer son père et d'épouser sa mère !

Œdipe est fils du roi de Thèbes Laïos et de Jocaste. Un oracle ayant prédit à Laïos que l'enfant tuerait son père et épouserait sa mère, Laïos ordonne de l'abandonner aux bêtes sauvages sur une montagne. Les serviteurs lui percent pour cela les chevilles afin d'y faire passer une lanière et l'attacher au roc. De là son nom qui signifie en grec « pieds enflés ». Mais l'enfant est recueilli par des bergers et confié au roi Polybos qui l'élève comme son fils.

Là-dessus, Œdipe se rend à Delphes où l'oracle l'informe de la prophétie le concernant. Croyant que Polybos est son père, Oedipe le quitte et prend la route de Thèbes. Il croise alors le roi Laïos dont il ignore l'identité, se dispute avec lui et le tue.

Poursuivant sa route, il tombe sur le Sphynx, un monstre qui a coutume de poser une devinette aux voyageurs et les jette dans le précipice lorsqu'ils ne trouvent pas la réponse, ce qui est régulièrement le cas. À Œdipe, il demande : « Qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ? » Œdipe répond : « L'homme ; enfant, il marche à quatre pattes ; adulte, sur ses deux pieds ; vieux, avec une canne ». De dépit, le Sphynx se jette lui-même dans le précipice.

Arrivé à Thèbes, Œdipe est acclamé en héros... et se voit offrir la couronne du défunt roi et la main de sa veuve Jocaste ! Le couple aura deux garçons et deux filles. Là-dessus, la peste frappe Thèbes et l'oracle consulté répond que les dieux ne s'apaiseront que lorsque le meurtre de Laïos sera puni. Œdipe enquête et, de bribe en bribe, comprend qu'il est lui-même le meurtrier de celui qui était son vrai père.

Apprenant la vérité, Jocaste se tue tandis qu'Œdipe se crève les yeux et part sur les routes, accompagné de sa fille Antigone. Seulement victime du Destin, il est recueilli à Colone par le roi d'Athènes Thésée. 

Le mythe se poursuit avec Antigone, dont le nom apparaît pour la première fois dans une tragédie d'Eschyle, Les Sept contre Thèbes. Ses deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône de Thèbes laissé vacant. Polynice, chassé de la ville, revient avec une armée pour en faire le siège. Les deux frères s'affrontent en combat singulier au pied des murailles et s'entretuent. Créon, leur oncle, devenu roi, décide alors que la dépouille de Polynice, traître à sa cité, sera abandonnée sur place, sans sépulture. Antigone proteste...

La suite est racontée par Sophocle dans Antigone : l'héroïne sort de la ville en vue de recouvrir d'une poignée de terre le corps de son frère et le sauver ainsi de l'ignominie. Mais elle est arrêtée par les gardes et traînée devant Créon qui la condamne à être emmurée vivante pour avoir commis un sacrilège. Hémon, le fiancé d'Antigone implore sa grâce et Créon se laisse fléchir, mais trop tard : Antigone s'est déjà pendue. 

Voir : L'invention du théâtre occidental

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