06 mai 2020

Niall Ferguson : « La nouvelle guerre froide a du bon »

L'historien écossais Niall Ferguson est un spécialiste reconnu des crises économiques. Il est marié à la ville avec la militante somalienne Ayyan Hirsi Ali. Il s'exprime dans Le Point sur les nouveaux rapports de force géopolitiques révélés par la pandémie de coronavirus. Il y voit la confirmation de la « nouvelle guerre froide » qu'il avait annoncé il y un an déjà. Cette guerre froide met aux prises les États-Unis et la Chine.

Qui l'emportera ? Les jeux restent ouverts. Certes, la Chine a en apparence mieux géré la pandémie que les États-Unis mais elle souffre d'un régime centralisé moins efficace et moins souple sur le long terme que le système américain. D'ailleurs, face à la pandémie elle-même, elle a été incroyablement moins efficace que les démocraties taïwanaise et coréenne. Niall Ferguson n'exlut donc pas qu'elle s'effondre dans un proche avenir.

Les élections américaines de novembre 2020 seront décisives, selon l'historien. Elles nous diront si l'Amérique est capable de rebondir.

Reste l'Europe. « Je suis, depuis longtemps, eurosceptique sur la question de l'union monétaire, selon moi une erreur majeure. Mais d'un point de vue géopolitique, l'Europe est toujours viable. Elle a d'ailleurs été paradoxalement renforcée par le départ du Royaume-Uni, l'obstacle principal à sa fédéralisation, » note Niall Ferguson. Mais il y a encore du chemin à parcourir : « la pandémie a montré que l'UE n'était pas un État fédéral et que toutes les intégrations en termes de liberté de mouvement, contingentes, peuvent être révoquées. Comme en 2015-2016, lorsque les Allemands ont agi de façon unilatérale face à la crise des réfugiés. »

Concernant la pandémie elle-même, l'historien recadre les choses : « Je crois que nous, Occidentaux, avons beaucoup de difficultés à comprendre que nous mourrons chaque année et en grand nombre, épidémie ou non, et que le problème d'une épidémie est la surmortalité, pas la mortalité. Quand une maladie tue de façon disproportionnée des personnes de plus de 60, 70 ou 80 ans, il s'agit d'une affaire bien moins terrible qu'une pandémie plus classique, où nos enfants seraient autant en danger que nos parents... »



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