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Mésopotamie : le Nouvel Empire assyrien

Au XIe siècle av. J.-C., la Mésopotamie s’est effondrée sous les coups d’un nouveau peuple sémitique venu de Syrie : les Araméens.

Le réveil de l'Assyrie

Ce reflux a commencé en Assyrie dès -1080, avant de se poursuivre en Babylonie. En 1025 av JC, l’Assyrie est ramenée à son territoire originel autour d’Assur et Ninive. En Babylonie, la dynastie d’Isin s’effondre après 125 ans au pouvoir. Le pays perd alors son unité et la situation politique y devient très chaotique. En Haute Mésopotamie, les Araméens tendent à remplacer peu à peu le peuple assyrien et fondent des royaumes.

L’Assyrie ne reprend de la vigueur que vers -900, sous le règne d’Adad-Nirari II. Il stoppe l’avancée des Araméens et ravage leurs royaumes en Haute-Mésopotamie, puis attaque la Babylonie. Paradoxalement, cette attaque réveille Babylone, dont le roi retrouve un semblant d’autorité sur le pays. Les relations entre Assyrie et Babylonie finissent par être pacifiées.

Les successeurs d’Adad-Nirari II poursuivent la lutte contre les Araméens. Assurnazirpal II fonde une nouvelle capitale à Kalkhu, qui va connaître un essor rapide. Il poursuit plus à l’ouest et s’empare notamment de Karkemish. Sous son règne, la cruauté devient une arme de guerre inégalée. Le principal objectif n’est pas de conquérir des territoires, mais de terroriser les populations pour les rançonner.

Après lui, Salmanazar III poursuit avec succès cette politique guerrière, mais cela pousse les ennemis à s’unir : ainsi au nord près du lac de Van, les Urartéens, descendants des anciens Hurrites, se regroupent face aux attaques assyriennes et fondent un royaume qui va devenir puissant, l’Urartu. Au sud-ouest, le royaume araméen de Damas parvient à lever une vaste coalition qui englobe la Syrie, le Levant et l’Egypte : Salmanazar est repoussé à la bataille de Qarqar, mais il revient quelques années plus tard et ravage tout le Levant. Enfin, il vient en aide au roi de Babylone pour faire taire les révoltes dans son pays, confirmant la suprématie de l’Assyrie.

À la fin de son règne en -825, la rivalité entre ses deux fils provoque une guerre civile. Shamshi-Adad V finit par monter sur le trône, mais peine à rétablir sa pleine autorité sur l’empire. L’expansion de l’Assyrie connaît alors un coup d’arrêt. Au nord, l’Ourartou en profite pour s’agrandir et devient une sérieuse menace.

À l’est les Mèdes et les Perses, peuples indo-européens venus de l’Orient, commencent à faire irruption dans le Zagros et deviennent menaçants. Au sud, cela se fait aux dépens des Elamites : l’Elam s’affaiblit et se trouve réduit autour de Suse.

Adad-Nirari III parvient à rétablir la puissance de l’empire assyrien grâce à de nombreuses campagnes. Cependant, sa mort en -783 marque un nouvel affaiblissement de l’Assyrie. Parallèlement, la situation en Babylonie redevient chaotique à cause de la montée en puissance d’un nouveau peuple sémitique : les Chaldéens. A l’inverse, cette période marque l’apogée de l’Urartu. Sa richesse provient notamment des ressources minières, abondantes dans ces régions montagneuses. Des forteresses sont érigées sur l’ensemble du territoire.

Cependant, l’Assyrie voisine va franchir une étape cruciale sous l’impulsion d’un roi : Teglath-Phalasar III. Celui-ci s’empare du pouvoir par un coup d’État en -745, à l’occasion d’une révolte dans la capitale. Il commence par intervenir en Babylonie pour aider le roi de Babylone face aux Araméens et aux Chaldéens, et en fait un protectorat. Puis il stoppe l’expansion de l’Urartu, notamment en Syrie du nord qui tombe dans le giron de l’Assyrie. Enfin, il s’avance jusqu’en Palestine et place tous ces territoires sous sa coupe.

Teglath-Phalasar change surtout le mode d’organisation des territoires conquis, dont beaucoup sont annexés au lieu de demeurer des vassaux. C’est notamment le cas en Babylonie, où il se proclame roi en -729, initiant un siècle de domination directe.

L’armée est profondément réorganisée pour assumer ces changements : ainsi les bataillons légers destinés aux razzias sont remplacés par une infanterie lourde, la cavalerie remplace les chars, les engins de siège apparaissent, et une armée de métier est mise en place. Teglath-Phalasar III est ainsi le fondateur du modèle des nouveaux vastes empires à venir : assyrien, babylonien, et perse.


Publié ou mis à jour le : 2020-05-09 11:38:32

 
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