Les débuts de l'Histoire

Mésopotamie : l’âge des cités-états

Nous allons parler dans cet épisode des débuts de la période historique en Mésopotamie, qui démarre symboliquement avec l’invention de l’écriture vers -3300, et qui s’achève avec l’essor de l’empire d’Akkad en 2340 av. J.-C.. Cette époque est caractérisée par une fragmentation en cités-états souvent rivales, et par une nette domination culturelle du pays des Sumériens en Basse Mésopotamie.

Le renouveau des cités

En -3300, Uruk est toujours la plus vaste ville du monde, mais elle tend à perdre peu à peu son rôle moteur. En 3100 av. J.-C. s’ouvre une période assez obscure pendant laquelle aucune ville ne se distingue vraiment. La culture sumérienne tend même à disparaître sur les plateaux iraniens, tandis qu’elle poursuit sa progression au nord-ouest dans l’actuelle Syrie. Le mythe sumérien du Déluge, qui inspirera plus tard les Hébreux, prend peut-être sa source à cette époque.

Dans tous les cas, un certain renouveau apparaît à partir de 2900 av. J.-C. : des cités-États puissantes commencent à sortir du lot en soumettant les petites villes avoisinantes. Dans le pays des Sumériens au sud, des villes comme Ur, Nippur ou Lagash rivalisent avec Uruk. Plus au nord en Mésopotamie centrale habite un peuple sémitique, les Akkadiens, totalement converti à la culture sumérienne. La puissante cité-état de Kish s’y distingue parmi d’autres.

Toutes ces villes sont dirigées par un roi, qui doit toutefois composer avec l’importance du monde divin : ainsi le temple et le palais sont-ils les 2 principales institutions des cités. Chaque ville vénère ses propres dieux, mais un panthéon commun à toute la Basse Mésopotamie commence à apparaître avec la triade An, Enlil et Enki. Enlil le dieu du vent finit par s’imposer comme dieu suprême : ainsi Nippur, dont c’est le dieu tutélaire, va progressivement devenir le principal centre religieux du pays.

Au gré des conflits, certaines villes de Basse Mésopotamie parviennent temporairement à obtenir une relative hégémonie : la ville de Kish notamment acquiert ce statut dès 2900 av. J.-C. et conservera une grande puissance pendant plusieurs siècles. La ville d’Uruk parviendra aussi périodiquement à retrouver son rôle central : ainsi son roi Gilgamesh, qui régna vers 2650 avant notre ère, deviendra le héros d’une célèbre épopée appréciée jusqu’en Égypte.

La Basse Mésopotamie doit aussi faire face à des menaces extérieures : ainsi sur les plateaux à l’est, les Élamites ont étendu leur propre civilisation, profitant de l’affaiblissement de la culture d’Uruk vers -3000. En particulier, la ville de Suse, autrefois intégrée à la sphère sumérienne, bascule à cette époque dans le domaine élamite. Les Élamites créent même leur propre système d’écriture, qui n’a pas encore été déchiffré.

La Haute Mésopotamie se réveille un peu plus tard : vers -2500, des cités-États sémitiques puissantes prennent leur essor dans l’actuelle Syrie : notamment Mari située sur l’Euphrate, et Ebla à l’extrême nord-ouest de l’aire culturelle sumérienne. Les royaumes y sont bien plus vastes qu’en Basse Mésopotamie, mais beaucoup moins densément peuplés.

En 2400 av. J.-C., Mari exerce sa suzeraineté sur un domaine immense, depuis Ebla au nord jusqu’à la Basse Mésopotamie au sud. Mais bientôt, le roi de Kish va retrouver la première place. En quelques années, il va réussir à unir pour la première fois toute la Mésopotamie en fondant le premier vaste empire de l’Histoire humaine.


Publié ou mis à jour le : 2020-05-09 11:38:32

 
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