Les deux universitaires s'affrontent sur la question de la laïcité réouverte par l'assassinat du professeur Samuel Paty, qui avait présenté à ses élèves des caricatures de Mahomet pour illustrer la liberté d'expression.
Soulignons le propos de François Héran, démographe et professeur au Collège de France :
Savez-vous quelle est la première finalité des cours d’éducation morale et civique ? « Respecter autrui. » La Charte de la laïcité à l’école va dans le même sens : la laïcité « repose sur une culture du respect et de la compréhension » (art. 9).
François Héran en tire argument pour critiquer la démarche de Samuel Paty qui avait utilisé pour son cours le dessin de Coco, « Une étoile est née », paru dans Charlie Hebdo le 19 septembre 2012 : Mahomet en prière, dans une posture obscène, le sexe à l’air, avec une étoile jaune sur l’anus !
On peut s'étonner que l'Éducation nationale invite les enseignants à commenter ce type de caricature. Le résultat de l'attentat contre Charlie Hebdo se réduirait-il à sacraliser la liberté de désacraliser, cela sur le dos de l’islam ? se demande François Héran. Le droit au blasphème doit-il virer au devoir de blasphémer ? « On rejoint la limite du dolus specialis : en matière de religion, l’outrage pour l’outrage serait le summum de la laïcité – une vision jusqu’au-boutiste où les djihadistes ont réussi à nous enfermer... »
Dans le droit fil de ce propos, rappelons que, dans un hommage maladroit à Samuel Paty, Emmanuel Macron a ramené la liberté d’expression au blasphème et à la caricature ! La liberté d’expression et la démocratie se réduisent-elles donc à cela ? N’avons-nous que l’outrage à proposer comme modèle de vie aux populations musulmanes issues de l’immigration ?...
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