En 1449, alors que la Castille est en guerre contre l'Aragon, les habitants de Tolède se voient réclamer une importante contribution financière. Ils en font reproche à un édile de la ville qui se trouve être un juif converti de fraîche date. Une fois la paix revenue, ils publient donc un décret excluant des charges publiques tous les conversos qui ne peuvent attester de plusieurs générations d'appartenance à la foi chrétienne.
Bien que condamné par le pape Nicolas V, le décret fera des émules dans le pays. Il inaugure la mise en application d'un principe inédit, la « limpieza de sangre » (la « pureté du sang »).
Si contestable qu'elle soit, la limpieza de sangre n'a rien de racial ou génétique malgré l'allégorie du sang, assez commune au demeurant (« sang bleu », « bon sang ne saurait mentir », etc.). Cette forme de « pureté » se réfère à la religion et non à la race. Elle découle du souci de protéger et renforcer la foi catholique à l'issue de plusieurs siècles de combat contre l'adversaire musulman (« Au fond, on ne craint pas le Juif mais la fragilité de la conviction chrétienne », écrit Josy Eisenberg). En cela, elle relève encore de l'antijudaïsme médiéval, sans rien à voir avec l'antisémitisme racial qui émergera beaucoup plus tard, au milieu du XIXe siècle.












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