IIIe millénaire av. J.-C. à 622

Les premiers calendriers, entre Lune et Soleil

C'est aux Chaldéens, habiles astronomes de Mésopotamie, que l'on doit la première mesure du temps. L'unité principale, l'année, correspondait à peu près à la durée d'une rotation de la Terre autour du Soleil. Elle était divisée en autant de mois que de rotations de la Lune autour de la Terre.

Comme chaque lunaison durait environ 29 jours et demi, une année avait 12 mois de 29 ou 30 jours alternativement (mois caves et mois pleins). Chaque mois commençait avec l'apparition du croissant de lune.

Les Hébreux et les Grecs empruntèrent aux Chaldéens ce calendrier « lunaire » (aligné sur le cycle de la Lune). Mais ils ajoutèrent de temps en temps un treizième mois pour éviter le décalage de quelques jours entre le cycle du Soleil et les douze cycles de la Lune. Cela leur permettait de respecter à peu près le rythme des saisons. C'est ainsi que le calendrier religieux juif, mi-lunaire, mi-solaire, compte aujourd'hui encore sept années de 13 mois par cycle de 19 années.

Au VIIe siècle après Jésus-Christ, les Arabes, peuple de pasteurs et de nomades, n'avaient pas les mêmes soucis que les paysans sédentaires juifs de sorte que le prophète de l'islam, Mahomet, put leur imposer un calendrier lunaire strict. Encore aujourd'hui, les fêtes musulmanes sont, d'année en année, décalées de dix à onze jours par rapport aux saisons, ce qui n'est pas pratique pour les travaux agricoles, jamais programmés à la même date, ni pour le jeûne rituel du Ramadan, qui tombe tantôt en hiver, tantôt en été.

Le calendrier « solaire » (aligné sur le cycle du Soleil) a été mis au point par les habiles jardiniers que furent les Égyptiens de l'époque pharaonique. Il comporte douze mois de trente jours avec un complément de cinq jours dits «épagomènes» qui permet à l'année calendaire de s'aligner presque exactement sur le cycle solaire.

L'année débute le 18 juillet, jour de l'arrivée de la crue du Nil. Elle comporte trois saisons : l'inondation (Akhat), de juillet à novembre ; la germination (Péret), de novembre à mars ; la sécheresse (Chémou), de mars à juillet).

Ce calendrier se perpétue chez les chrétiens coptes d'Égypte !

Lorsque Jules César a voulu corriger le calendrier romain, il a fait appel à un astronome égyptien, Sosigène d'Alexandrie. Celui-ci a conçu un calendrier presque parfaitement adapté au cycle solaire. Réformé quinze siècles plus tard par le pape Grégoire XIII, ce calendrier solaire est en usage aujourd'hui dans tous les pays du monde.

À l'autre bout du monde, en Chine, le calendrier aurait été inventé par le légendaire empereur jaune Huangdi, en l'an 2637 av. J.-C. ! Il s'agissait d'un calendrier luno-solaire qui comptait douze lunes de 29 ou 30 jours, soit 354 jours. Pour corriger le décalage d'avec l'année solaire, on rajoutait en temps opportun un mois intercalaire après le cinquième mois lunaire. Le premier de l'An correspondait à la deuxième pleine lune après le solstice d'hiver.

Le temps chinois est encore organisé autour de deux cycles, l'un de douze années, l'astrologie populaire associant un animal à chacune d'elles, l'autre de soixante années.

Les Aztèques et le temps

Codex Borbonicus (calendrier aztèque, 1507, Assemblée nationale, Paris)

Les Aztèques des hauts plateaux du Mexique utilisaient avant l'arrivée des Espagnols un calendrier solaire incluant 260 jours sacrés, avec des cycles (ou «siècles») de 52 années. Le manuscrit ci-dessus, qui date de 1507, fait partie d'un rouleau illustré, le Codex Borbonicus (Assemblée nationale, Paris) qui illustre le cycle sacré des années et montre le grand dieu Houitzilopochtli.

Invention de la semaine

Des Chaldéens nous vient la semaine de sept jours (six jours de travail, un jour de repos). La Bible hébraïque s'en fait l'écho en précisant que ce fut précisément le temps qu'il fallut à Dieu pour créer le monde.

Depuis l'époque romaine, les jours de la semaine sont dédiés à des divinités qui sont aussi des astres : la Lune (pour lundi, de lune dies, jour de la Lune), Mars (mardi), Mercure (mercredi), Jupiter (jeudi), Vénus (vendredi), Saturne (samedi).

Le septième jour de la semaine était sous l'empereur Auguste dédié au Soleil (on en retrouve le souvenir dans le mot qui désigne ce jour en anglais et en allemand: respectivement sunday et Sonntag). Les chrétiens de langue latine en ont fait le jour du Seigneur, dies dominicus (d'où le mot dimanche). Ce jour est chômé depuis 321, par décision de l'empereur Constantin Ier.

Les révolutionnaires français ont tenté sans succès d'abolir le dimanche au profit du décadi. Comme le calendrier grégorien, la semaine est aujourd'hui d'application universelle.

André Larané

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• 1er janvier 45 av. J.-C. : le calendrier julien
Publié ou mis à jour le : 2019-12-02 17:06:24

 
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