Jean Ferrat (1930 - 2010)

Les mélodies de la fidélité

Jean Ferrat, issu d'un milieu ouvrier, est toute sa vie resté fidèle à ses engagements de jeunesse, la classe ouvrière, le communisme et la CGT, sa femme Christine, son imprésario etc. Chanteur populaire, compositeur et mélodiste, il est l'alter ego de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré, ses contemporains et ses amis, qui ont enchanté les années 60.

Il est apprécié tant pour ses chansons sentimentales que pour ses chansons militantes (PotemkineNuit et Brouillard ou encore Ma France interdite d'antenne en 1969)


Jean Ferrat chante Potemkine en public le 17 février 1966,  source : INA
 

Communiste envers et contre tout

Né à Vaucresson, en banlieue parisienne, le futur chanteur-compositeur a une mère auvergnate et un père né en Russie dans une famille juive, Manassé Tannenbaum, tous deux épris de musique, de chansons et d'opéra. Son père est un artisan joaillier moyennement aisé. Élevé en-dehors de la religion, l'enfant découvre la judéité de son père quand il est déporté en 1942 à Auschwitz où il disparaîtra. Obligé de fuir avec sa mère, son frère et sa soeur, Jean est ébloui dans les Pyrénées par l'humanité et la grandeur d'âme des maquisards communistes qui viennent à son aide. Il ne va dès lors plus jamais se départir de sa fidélité au communisme, sans toutefois adhérer au Parti.

À 17 ans, après la guerre, Jean Tannenbaum devient ouvrier dans une usine du 15e arrondissement à Paris et adhère à la CGT (Confédération Générale du Travail), syndicat communiste auquel il demeurera aussi toujours fidèle. Mais il ne tarde pas aussi à suivre des cours du soir avec l'ambition de devenir ingénieur chimiste. À 20 ans, il éprouve une amère épreuve : une infection pulmonaire entraîne l'ablation d'un poumon. Le jeune homme n'en poursuit pas moins ses rêves. Il découvre le théâtre et la chanson en amateur, s'achète une guitare et se produit en soirée. Il met en musique un poème de Louis Aragon, Les Yeux d'Elsa. C'est le début d'une collaboration amicale qui va offrir à l'oeuvre du poète communiste une popularité comme il n'en aurait jamais rêvé.

Il rencontre une chanteuse de talent qui deviendra sa femme et l'amour de sa vie, Christine Sèvres, mais dont il étouffera la carrière. Elle a déjà une fille d'un premier mariage et lui ne voudra pas d'autre enfant. En 1959, un ami de seulement 24 ans, Gérard Meys, devient son imprésario. Jean s'attribue un pseudo passe-muraille en consultant la carte de France : ce sera Ferrat, comme Saint-Jean-Cap-Ferrat. 

Le succès survient en 1961 dans la salle parisienne de l'Alhambra, en vedette américaine du spectacle de Zizi Jeanmaire, puis avec la sortie d'un premier 33 tours, Deux enfants au soleil. Il s'installe avec sa femme et sa fille adoptive dans un appartement d'Ivry, dans la banlieue ouvrière de Paris. Les succès s'enchaînent...

En 1972, épuisé par les tournées, Jean Ferrat s'éloigne de la scène. Il se retire dans un village de l'Ardèche pour lequel il a eu un coup de coeur, Antraigues. Après la mort de sa femme Christine en 1980 et son remariage, il s'y fera peu à peu oublier jusqu'à sa mort le 13 mars 2010.

Publié ou mis à jour le : 2020-03-16 19:24:24

 
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