Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï (Égypte) a été édifié en 548 sur ordre de l’empereur byzantin Justinien Ier, au pied du mont Moïse, à 1 570 mètres d’altitude, là où Moïse reçut les Tables de la Loi. Au cœur même du monastère se trouve l'église dite du Buisson ardent, érigée sur le site où Moïse aurait entendu la voix divine émanant d’un buisson en feu sans se consumer. Le monastère renferme aussi une exceptionnelle bibliothèque de manuscrits anciens et une collection inestimable d’icônes byzantines. Sainte-Catherine est reconnue comme le plus ancien établissement monastique chrétien encore en activité. Elle fut dès l’origine un carrefour spirituel, accueillant pèlerins, savants et voyageurs de toutes confessions. Relevant canoniquement du patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem, le monastère compte encore une vingtaine de moines orthodoxes, pour la plupart d'origine grecque. Mais il constitue un espace sacré commun aux trois grandes religions monothéistes – judaïsme, christianisme et islam.

Dans les années qui ont suivi la révolution égyptienne de 2011, sous l’impulsion du gouvernement alors dominé par les Frères musulmans, des procédures judiciaires furent engagées afin de contester les droits fonciers du monastère. Désormais, les moines du monastère Sainte?Catherine du Sinaï ne sont plus considérés comme propriétaires, mais comme de simples « occupants autorisés », bénéficiant d’un droit d’usage limité à leurs fonctions liturgiques. Enfin, un arrêt rendu par la cour d’appel égyptienne fin mai 2025 ouvre la voie à une possible expropriation de ses terres au profit de l’État, accompagnée de la menace d’expulsion de sa communauté monastique...
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