1483-1562

La Renaissance française

En ce début du XVIe siècle, la France est un pays riche et stable. Elle souffre assez peu des guerres d'Italie qui entraînent la noblesse et le roi à combattre au-delà des Alpes. Aussi va-t-elle profiter pleinement des innovations intellectuelles et artistiques de la Renaissance. Nous en gardons de merveilleux souvenirs, dans nos paysages comme dans nos lettres et nos arts.

Richard Fremder
Délices de la vie de Cour

Peu affecté par ses déboires militaires, François Ier développe une vie de cour brillante, inspirée des fastes de la Renaissance italienne.

La cour, centre de la vie politique, promène ses munificences de château en château dans le val de Loire, choisi pour l'agrément de son climat et de ses paysages : Blois, Chambord, Chenonceau.... Les dames l'animent de leur esprit et de leur beauté. L'écrivain Brantôme, auteur des Dames galantes, l'appelle joliment la « Cour des Dames ».

François Ier lui-même s'affiche avec différentes maîtresses, en particulier la comtesse Françoise de Châteaubriant puis Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes. On lui connaît aussi une relation avec une bourgeoise de Paris, la « belle Ferronnière », dont le surnom sera attribué à un chef-d'oeuvre de Léonard de Vinci.

Autour de cette « Cour des Dames » gravite une pléiade d’artistes, de sculpteurs et d’architectes, y compris italiens (Benvenuto Cellini, Léonard de Vinci). Écrivains et poètes, tels Rabelais et Ronsard, donnent à la langue française ses lettres de noblesse.

Marguerite de Navarre et Anne de Pisseleu

Sur la miniature ci-dessous, la reine Marguerite de Navarre (en noir) offre l'un de ses livres, Le débat d'amour, à Anne de Pisseleu, maîtresse du roi.

La soeur aînée du roi, Marguerite d'Angoulême, mariée au duc Charles d'Alençon puis au roi de Navarre Henri d'Albret, reçoit volontiers les poètes comme Clément Marot dans sa cour de Nérac. Rabelais lui dédie son Tiers Livre. Cultivée, elle connaît sept langues dont le grec et l'hébreu, et écrit elle-même des recueils de poésie et de nouvelles. L'Heptaméron (1546) est le plus connu.

Très pieuse, elle suit les travaux des théologiens du cercle de Meaux, tel Lefèvre d'Étaples, et entre même en relations avec Calvin ! Elle protège autant que faire se peut les protestants français.

Idées nouvelles, nouveaux horizons

François Ier, sans avoir le talent de sa sœur, se montre très ouvert aux idées de son temps. Il ramène de ses campagnes en Italie sinon des victoires du moins... des artistes.

En 1516, à Bologne, où débutent les négociations sur le concordat, le jeune roi, fort de son prestige, convainc Léonard de Vinci (67 ans environ) de le suivre en France. Il l'installe au manoir de Cloux (le Clos-Lucé), à Amboise, où l'artiste, désormais dans l'incapacité de peindre, se voue à des recherches sur les machines et l'urbanisme. Il ébauche aussi le projet d'une ville royale à Romorantin, au cœur de la Sologne, projet qui ne se réalisera jamais.

En collaboration avec l'architecte Dominique de Cortone, Léonard esquisse aussi les plans d'une résidence résolument nouvelle, au cœur de la forêt de Chambord. Les travaux débutent en 1519, l'année où meurt l'artiste ; ils s'achèveront en 1544, à la fin du règne et nous laisseront un château sans pareil, avec ses toitures fantasmagoriques et son étonnant escalier à double vis.

Au contact du vieil artiste, François Ier se prend de passion pour la Renaissance italienne et participera de son mieux à sa diffusion en France.

À partir de 1528, le roi séjourne dans ses châteaux de la région parisienne, au milieu de giboyeuses forêts : Saint-Germain, Fontainebleau, Boulogne, Villers-Cotterêts...

Il fait venir des artistes italiens tels les peintres Giovanni Battista Rosso et Le Primatice (Francesco Primaticcio), le sculpteur Benvenuto Cellini et l'architecte Sebastiano Serlio. Leur grand œuvre est l'embellissement de Fontainebleau, ainsi que la construction du château de Madrid, aujourd'hui disparu, à Boulogne-sur-Seine.

Guillaume Budé, plus grand humaniste français, écrivain mais aussi bibliothécaire et imprimeur, devient en 1522 maître de la Bibliothèque royale. En 1530, il convainc François Ier de fonder le Collège des lecteurs royaux ou Collège des Trois-Langues (latin, grec, hébreu), futur Collège de France, avec des pensionnaires tenus de fournir un enseignement libre et gratuit.

L'humaniste ouvre par ailleurs la bibliothèque de Fontainebleau, à l'origine de la Bibliothèque nationale. Il s'enorgueillit d'avoir « rouvert les sépulcres de l'Antiquité ».

Le roi instaure en 1536 le dépôt légal qui fait obligation aux imprimeurs de déposer un exemplaire de chaque livre à la Bibliothèque royale ; un habile moyen d'enrichir celle-ci. François Ier étend sa bienveillance sur Clément Marot et François Rabelais.

Lyon, sous le règne de François Ier, devient avec Paris le principal centre de l'imprimerie, assez important pour que les ouvriers se groupent en confrérie. C'est l'embryon du syndicalisme ! La ville surpasse par ailleurs Tours dans la production de soieries.

Le roi se montre également ouvert au grand large. Une génération après la découverte du Nouveau Monde, il réclame, par l'intermédiaire de Jean Le Veneur, abbé du Mont Saint-Michel, le droit d'explorer les mers inconnues. Il s'agit d'en finir avec le traité de Tordesillas qui réserve ce droit aux Espagnols et aux Portugais !

Le pape Clément VII, soucieux de marier sa nièce Catherine de Médicis, lui donne raison en 1533. Du coup, le roi encourage les entreprises maritimes de l'armateur dieppois Jean Ango et apporte son appui au malouin Jacques Cartier, qui lui est présenté par Jean Le Veneur. Le 9 août 1535, Jacques Cartier atteint l'embouchure du Saint-Laurent. Il découvre et nomme le Canada, d'après un mot indien qui signifie village.

La reprise de la guerre sur le continent interrompt toutefois ses explorations.

Publié ou mis à jour le : 2019-08-30 11:31:42

 
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