Chevauchées barbares (IIe-Ve siècles)

La Chine divisée

Après quatre siècles de rayonnement sous la dynastie Han, l’inondation de 184 marque le retour du chaos en Chine. Après 36 ans de conflits incessants, les seigneurs de guerre finissent par déposer le dernier empereur Han, coupant le pays en 3 royaumes : le Wei, le Shu et le Wu. Les guerres se poursuivent, chaque roi revendiquant le titre impérial.

Pourtant, la période des Trois Royaumes marque un Âge d’or de la poésie et l’essor du taoïsme et du bouddhisme aux dépens de la doctrine confucianiste omniprésente. À cette époque, l’empire Xianbei se désagrège, mais les tribus restent très menaçantes...

Vincent Boqueho

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Trois Royaumes pour un empire

Dans les trois Royaumes, le pouvoir royal s’affaiblit rapidement. Un chef de guerre du Wei parvient à s’emparer du Shu en 263 et se proclame roi de Jin. Puis son fils Jin Wudi s’empare du Wu, réunifiant l’empire chinois pour une courte période.

Il réalise des réformes politiques et judiciaires, et pendant quelques années la prospérité semble revenue. Mais en 290, sa mort entraîne une sanglante guerre de succession qui va durer 15 ans. Cette nouvelle période de chaos affaiblit considérablement le pays.

Dans le même temps, les peuples d’origine barbare installés en Chine du nord sont massivement utilisés comme mercenaires et acquièrent de plus en plus de pouvoir. Ils fondent des royaumes indépendants dans le nord à partir de 304. La capitale Luoyang est prise peu après et l’empereur Jin est tué. La Chine du nord passe intégralement sous le contrôle des barbares. Elle se retrouve divisée en plusieurs royaumes très instables qui se font sans cesse la guerre, ce qui provoque un important recul économique et artistique.

Pendant ce temps, la dynastie Jin se maintient au sud et revendique la continuité impériale. Depuis sa capitale Jiankang, l’actuelle Nankin, l’empereur passe son règne à réprimer les rébellions intérieures et à contrer l’avancée des royaumes barbares.

À partir de 330, la Chine du sud se consolide peu à peu. Elle contribue à diffuser la culture chinoise chez les peuples du sud. C’est aussi une période faste pour la pensée philosophique.

En 347, les Jin parviennent à s’emparer du Sichuan à l’ouest. Puis ils lancent des expéditions au nord contre les autres royaumes barbares : Qin antérieurs à l’ouest, Yan antérieurs à l’est. Cela ne fait qu’affaiblir les Jin : les Qin antérieurs en profitent : ils s’emparent du Sichuan et de tous les royaumes barbares, unifiant la Chine du nord en 376.

La menace qui pèse sur la Chine du sud est écartée de justesse sept ans plus tard à la bataille de la rivière Fei : les Jin remontent la frontière jusqu’au Fleuve Jaune tandis que le royaume des Qin antérieurs se désagrège. La Chine du nord retrouve sa fragmentation en plusieurs royaumes barbares mais la Chine du sud n’en profite pas : elle replonge dans une guerre civile aggravée par les guerres contre le nord. Le général Liu Yu parvient finalement à rétablir l’ordre : il s’empare du trône en 420, fondant une nouvelle dynastie.

Peu après au nord, le royaume Wei amorce une expansion sous l’impulsion de son roi Tuoba Tao : il unifie la Chine du nord en 439. Cette nouvelle configuration de la Chine en 2 royaumes va s’avérer plus stable et va ouvrir une période un peu plus prospère.


Publié ou mis à jour le : 2019-11-07 11:07:29

 
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