Pax romana, pax sinica

La Chine des Han

En 90 av JC, l’empire chinois des Han est vaste et prospère. Le règne énergique de Wudi a considérablement renforcé la puissance de l’empire.

Après lui, la Chine commence à former des alliances contre l’empire des nomades Xiongnu miné par des crises de succession. Les Chinois remportent plusieurs victoires décisives et instituent un protectorat sur les régions occidentales.

Vincent Boqueho
La Chine des Han (droits réservés : Vincent Boqueho, pour Herodote.net)
 

Une unité précaire

En 9 après JC, le régent Wang Mang se proclame empereur et entend fonder une nouvelle dynastie. Il tente des réformes importantes comme l’abolition de l’esclavage et la nationalisation des terres, mais la multiplication des révoltes l’oblige à renoncer.

Wang Mang doit aussi faire face à une reprise des hostilités de l’empire Xiongnu couplée à une rébellion des territoires de l’ouest. A l’est, le royaume coréen de Koguryo , très influencé par la culture chinoise, en profite pour lancer des attaques contre la Chine.

Enfin, cette époque est marquée par des fluctuations importantes du cours du Fleuve Jaune qui provoquent des inondations et des famines. Cela entraîne des révoltes qui tournent à la guerre civile. Wang Mang est tué en 23 mais la guerre se poursuit.

L’empereur Guang Wudi restaure la dynastie Han et passe de nombreuses années à combattre les chefs de guerre. La nouvelle capitale est placée plus à l’est, à Luoyang, ce qui ouvre la période des Han Orientaux. L’empire retrouve une nouvelle prospérité économique. La Chine comporte alors 58 millions d’habitants selon les premiers recensements, soit un peu moins que l’empire romain à la même époque.

En 70, la Chine récupère les territoires occidentaux perdus sous le règne de Wang Mang, profitant d’une division dynastique au sein de l’empire Xiongnu. Le contrôle de la région reste fragile jusqu’à l’effondrement de l’empire xiongnu 20 ans plus tard.

Cette période voit l’apogée du commerce entre les empires romain et chinois par la Route de la Soie. Les denrées peuvent alors circuler librement de l’Atlantique au Pacifique. C’est aussi à cette époque que le bouddhisme gagne la Chine par cette voie. Toutefois, l’empire parthe empêche tout contact direct entre Rome et la Chine afin d’en conserver le contrôle. Cette route fait aussi la richesse de l’empire kouchan où les villes de Boukhara et de Samarkand s’épanouissent. C’est aussi l’époque où l’écriture sur papier se généralise en Chine.

Au début du IIe siècle, d’incessantes intrigues à la Cour affaiblissent le pouvoir impérial et les provinces gagnent de plus en plus en autonomie. En 107, le peuple Qiang se soulève au nord-ouest, coupant la Route de la Soie. La Chine se perd alors dans des guerres qui amplifient ses difficultés financières. Au nord, la menace des Xiongnu est rapidement remplacée par celle d’un nouveau peuple, les Xianbei, qui reconstituent un vaste empire.

A partir de 159, les épisodes sanglants à la Cour se multiplient, puis une inondation du Fleuve Jaune en 184 provoque une rébellion qui accélère la fragmentation de l’empire.

La Chine se retrouve divisée entre seigneurs de guerre qui se livrent à des conflits incessants. Le rôle des empereurs n’est plus que symbolique : le dernier empereur Han est finalement destitué en 220. Trois seigneurs de guerre réclament alors le titre impérial, ce qui divise la Chine en trois parties : le Wei, le Shu et le Wu. C’est le début de ce qu’on appelle la période des Trois Royaumes.


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• Parthes et Kouchans
Publié ou mis à jour le : 2019-11-07 12:35:01

 
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