Diane de Poitiers (1499 - 1566)

L'éternelle Beauté

Maîtresse du roi Henri II (et peut-être de son père), Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, personnifie la Renaissance française et la vie de cour joyeuse, raffinée... et cruelle du XVIe siècle.

Diane de Poitiers, par François Clouet, peinture sur bois de 1571 (National Gallery of Art, Washington)

Culture et beauté

Née vers 3 septembre 1499 on ne sait où, Diane est la fille aînée du comte Jean de Saint-Vallier, seigneur de Poitiers (ce nom n'a rien à voir avec la capitale du Poitou ; il désigne un ancien marquisat de Provence, Peytieu, Poitiers en langue d'oïl !).

Elle est mariée à 16 ans au grand sénéchal de Normandie Louis de Brézé, de 40 ans plus âgé qu'elle. C'est sous le nom de Diane de Brézé qu'elle est dès lors connue de ses contemporains, le nom de Diane de Poitiers lui ayant été attribué bien plus tard par le romancier Alexandre Dumas. Grâce à son mari, Diane accède à la haute aristocratie, au plus près de la cour.

Mais son mari garde le souvenir de son père emprisonné et déshonoré pour avoir atrocement poignardé le jeune amant de sa femme. Soucieux de retrouver une place honorable à la cour, il dévoile au roi François 1er la conspiration du connétable de Bourbon. Le connétable doit s'enfuir et ses complices sont arrêtés. Las, parmi eux figure le père de Diane, le comte Jean de Saint-Vallier. Il est dépouillé de ses biens et condamné à mort, enfin grâcié d'extrême justesse sur l'échafaud.

Diane échappe aux conséquences de ce faux-pas paternel. Veuve à 32 ans, c'est une femme d'une grande culture et à la beauté épanouie. Elle s'occupe avec tendresse des fils du roi François 1er.

Le deuxième, Henri d'Orléans, a connu la captivité à Madrid et en a gardé une grande mélancolie. Il trouve du réconfort auprès de cette femme supérieure et de dix-neuf ans plus âgée que lui. Diane va jusqu'à arranger son mariage avec Catherine de Médicis en 1533. Henri et Catherine ont alors l'un et l'autre 15 ans. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et Diane devient vers 1536 la maîtresse d'Henri !

Après la mort de François 1er, le 31 mars 1547, Diane prend sa revanche sur la dernière maîtresse du défunt roi, Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes. Le nouveau roi ne craint pas d'afficher sa relation avec elle, portant ses couleurs blanc et noir dans les tournois. Il la fait duchesse de Valentinois et lui offre le château de Chenonceau, sur le Cher.

Diane s'entoure d'une cour brillante et protège les artistes de son temps tel le poète Pierre de Ronsard. Elle fait construire à l'ouest de Paris le joli château d'Anet, oeuvre de l'architecte Philibert Delorme, décoré par le sculpteur Jean Goujon. L'architecte ajoute aussi un pont à Chenonceau pour permettre à la propriétaire d'aller chasser de l'autre côté du Cher.

Femme de pouvoir, également âpre au gain, la duchesse de Valentinois se fait cependant beaucoup d'ennemis à la Cour.

Les revers surviennent après le fatal tournoi qui coûte la vie à son royal amant. Catherine de Médicis, devenue régente du royaume, prend sa revanche après de longues années d'effacement. L'ancienne favorite, encore séduisante à soixante printemps, est exilée dans son château d'Anet. C'est là qu'elle meurt le 22 septembre 1566 (certaines sources donnent le 25 avril), à 66 ou 67 ans...

D'une vigueur hors du commun, Diane de Poitiers montait régulièrement à cheval, se baignait chaque jour dans une rivière et, dans l'espoir de prolonger sa jeunesse, se soignait avec une décoction d'or, remède qui lui fut sans doute fatal.

Camille Vignolle
La Renaissance vue par Mme de Lafayette

Dans son roman La Princesse de Clèves, publié en 1678, sous le règne de Louis XIV, Mme de La Fayette évoque dans sa langue délicieuse et subtile les dernières années du règne de Henri II et la fin de la Renaissance (avec des considération peu amènes sur la belle Diane) : « La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second... »

La romancière décrit avec esprit l'attachement du roi pour Diane : « La duchesse de Valentinois était de toutes les parties de plaisir, et le roi avait pour elle la même vivacité et les mêmes soins que dans les commencements de sa passion. Madame de Clèves, qui était dans cet âge où l'on ne croit pas qu'une femme puisse être aimée quand elle a passé vingt-cinq ans, regardait avec un extrême étonnement l'attachement que le roi avait pour cette duchesse, qui était grand-mère, et qui venait de marier sa petite-fille. »

Publié ou mis à jour le : 2019-08-21 16:49:50

 
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