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Henry Stanley (1841 - 1904)

Un aventurier en Afrique


L'aventurier Henry Stanley  représente la face la plus sombre de la colonisation de l'Afrique. Immoral et dépourvu d'humanité, il a gagné la confiance de ses commanditaires, au premier rang desquels le roi des Belges Léopold II, grâce à ses talents de journaliste et de bonimenteur.

À la rencontre de Livingstone

Henry Morton StanleyFils illégitime d'une servante de ferme du Pays de Galles, John Rowlands s'embarque à 14 ans comme mousse pour l'Amérique. Il est adopté par un commerçant de la Nouvelle-Orléans dont il prend le nom et, pendant la guerre de Sécession, mène aux États-Unis une vie errante.

Il devient journaliste et au cours d'un reportage en Abyssinie (ancien nom de l'Éthiopie), assiste en 1868 à une victoire des Anglais sur le roi local. Il en informe son journal avant tous ses confrères après avoir soudoyé le télégraphiste de Suez.

Ce succès lui vaut d'être embauché par le New York Herald Tribune. Le journal l'envoie peu après sur les traces du pasteur et missionnaire écossais David Livingstone, dont on a perdu la trace en Afrique depuis plusieurs années.

Parti de Zanzibar, sur la côte de l'océan Indien, Stanley retrouve Livingstone après une marche de 3500 km et 411 jours ! L'aventurier sans scrupules est bouleversé par la rencontre du pieux missionnaire.

Avec lui, il explore pendant cinq mois les rives du lac Tanganyika avant de regagner Londres et d'y cueillir la récompense de son succès. Livingstone, quant à lui, reste en Afrique où il ne tarde pas à mourir d'épuisement.

Violences tropicales

Stanley, gagné par le virus de l'exploration, repart le 17 novembre 1874 de Zanzibar pour l'embouchure du Congo avec une impressionnante caravane de 350 hommes, dont trois Européens seulement, ainsi qu'un bateau en pièces détachées, le Lady Alice (nom d'une éphémère fiancée de 17 ans qui n'attendra pas le retour de l'explorateur pour se marier avec un paisible industriel).

L'expédition atteint le royaume du Bouganda (Ouganda actuel), sur les rives du lac Victoria, le plus grand lac d'Afrique, non sans devoir affronter les populations locales.

Le Lady Alice est remonté et remis à l'eau sur le lac, dont il fait le tour. Puis l'expédition repart à pied vers le lac Tanganyika, plus au Sud, déjà entraperçu par l'explorateur Richard Burton. Stanley en fait le tour avec son bateau puis atteint le cours supérieur du Congo. Le grand fleuve d'Afrique équatoriale forme une immense boucle en fer à cheval entrecoupée de dangereux rapides avant de se jeter dans l'océan Atlantique. 

C'est à bout de forces que Stanley arrive trois ans plus tard au pied des chutes gigantesques qui barrent l'embouchure du fleuve Congo. Il ne lui reste plus que 114 hommes et il est le seul Européen survivant. Mais il a accumulé d'innombrables informations sur les fleuves et les lacs africains et démontré en particulier l'absence de relation entre le Nil, grand fleuve du nord du continent, et les fleuves du sud.

Conquête du Congo

Dans un article publié par le Daily Telegraph en novembre 1877, Stanley adjure son gouvernement d'occuper le bassin du Congo qu'il vient lui-même d'explorer. Mais Londres dédaigne l'offre.

Qu'à cela ne tienne, le roi des Belges Léopold II, qui vient de créer une «Association internationale pour l'exploration et la civilisation de l'Afrique centrale», financée sur sa cassette personnelle, reçoit l'aventurier le 10 juin 1878 à Bruxelles.

Séduit par son bagout, peu regardant sur ses méthodes, il lui confie la mission d'explorer le bassin du Congo et de construire une voie ferrée de façon à franchir les chutes qui barrent l'embouchure du fleuve (le Stanley Pool) et permettre l'exploitation commerciale des ressources naturelles de la région.

John Rowlands (Henry Morton Stanley) (Dinbych, Pays de Galles, 28 janvier 1841 - Londres, 10 mai 1904)Assisté de plusieurs mercenaires européens et de supplétifs africains, Stanley remonte cette fois le fleuve Congo depuis son embouchure. N'hésitant pas à faire usage de ses armes, il obtient la soumission des chefs locaux...

Massacres et pillages sont à inscrire au passif de l'explorateur, lequel ne se prive pas de tirer les Noirs comme des lapins, à moins que, homosexuel refoulé, il ne s'en serve comme jouets sexuels.

Mais il renonce à s'emparer de la rive droite du Congo revendiquée au nom de la France par Savorgnan de Brazza et défendue avec détermination par Malamine, un sergent sénégalais au service de ce dernier.

Avant de prendre sa retraite, Stanley part encore au secours d'Emin Pacha, un aventurier allemand converti à l'islam et parti explorer la région des lacs africains.

Rentré à Londres, Stanley reprend la nationalité britannique. Homosexuel, il se marie sur le tard sans d'ailleurs réussir à honorer sa malheureuse épouse. Il est élu à la Chambre des Communes et anobli.

Gabriel Vital-Durand

Publié ou mis à jour le : 2013-07-23 10:42:27

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

JP Saels (15-04-201712:58:26)

Bonjour à tous,
C'est vrai, sans que je cherche à l'affirmer ou le nier.
Mais, il faut se remettre dans le contexte de l'époque. (Conquête de l Ouest, croissance démographique, etc ...).

Sarba Khan (21-09-201322:16:55)

Un portrait qui détruit celui que de « pieuses » biographies avaient construit dans mon esprit. On nous présentait bien un Stanley aventureux, mais tout auréolé de la sympathie qu’on accorde à un héros de western, passant au cours de la guerre de sécession du côté esclavagiste (donc Sudiste) au côté nordiste après une prise de conscience très opportune , survenue dans un camp de prisonniers où il avait été enfermé après la bataille de Shiloh, puis participant aux guerres indiennes comme r... Lire la suite

Hugues Gosset (23-07-201320:30:06)

Bonsoir,
Ca change de ce que nous lisions (il y a 55 ans) dans les "Belles Histoires de l'Oncle Paul", semaine après semaine…………
Le nouveau Roi des Belges semble nettement plus civilisé, heureusement.


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