Le kiosque de l'Histoire, anciennes parutions

GeoHistoire

Bimestriel, N° 7, Février-Mars 2013, 6,90€

Bimestriel, N° 7, Février-Mars 2013, 6,90€

 À l'occasion du cinquantenaire du traité de l'Élysée, consacrant le rapprochement de l'Allemagne et de la France, GeoHistoire propose un survol des relations entre les deux pays : 800 - 2013, France Allemagne.

«Comme des frères ennemis, la France et l'Allemagne n'ont cessé de se copier, de s'influencer, de se battre pour mieux se réconcilier» lit-on en exergue du dossier. La formule est belle mais elle aurait pu s'appliquer au moins aussi bien aux relations entre la France et l'Angleterre...

Elle révèle toute l'ambiguïté qui recouvre les relations franco-allemandes, que nos hommes politiques croient obligatoire de toujours exprimer sous le vocable : «amitié franco-allemande». 

Si l'on s'en tient aux faits, il y a plutôt moins d'«amitié» entre l'Allemagne et la France qu'entre celle-ci et, disons, l'Angleterre ou l'Italie. Les Français visitent bien plus volontiers Londres que Berlin ou Cologne. Ils se passionnent pour la littérature et les séries historiques anglaises bien plus que pour leurs équivalents allemands. Pour le travail et les études également, ils préfèrent traverser la Manche que le Rhin.

Les Allemands eux-mêmes sont plutôt moins nombreux dans les musées français que les Espagnols ou les Britanniques et ils préfèrent de très loin l'Adriatique à la Côte d'Azur. En matière linguistique, inutile d'insister sur la place mineure de l'allemand en France et du français en Allemagne.

Mais l'important est-il là ? N'est-il pas plutôt de vivre en bon voisinage, un point c'est tout ? Cela doit inclure la possibilité d'un partenariat franc et loyal.

Deux pays, une histoire

GeoHistoire entame son dossier par quelques hauts lieux, à commencer par le tombeau de Charlemagne, dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. C'est là que Frédéric 1er Barberousse fit inhumer les restes du grand empereur en  1165. Lui-même repose aussi dans la cathédrale et l'on dit que Napoléon songea un moment à se faire couronner en ce haut lieu de la mémoire franco-germanique.

Les méandres du Rhin évoquent la légende de la Lorelei et le romantisme, un legs de l'Allemagne à la France. En sens inverse, c'est Versailles qui inspira le roi Louis II de Bavière dans son château du lac de Chiemsee, dont la première pierre fut posée le 31 mai 1878. Il resta inachevé mais l'on peut toujours admirer la réplique (en plus long) de la Galerie des Glaces.

Pour couronner le tout, voilà que le cinéaste Volker Schlöndorff, né en 1939 (palme d'Or à Cannes pour Le Tambour, en 1979), nous révèle son amour de la France, qu'il a connu du temps de sa jeunesse, dans un internat à Vannes et au lycée Henri IV (Paris).

Fort de cette double culture, il s'est beaucoup impliqué dans la réconciliation et fait en sorte que cinéastes allemands et français (Louis Malle par exemple) produisent ensemble. Étudiant à Paris, en 1963, il n'a pas pour autant prêté attention au traité de l'Élysée, une affaire de «vieillards» (de Gaulle et Adenauer). 

Il note aussi que la réconciliation de l'Allemagne avec la France était relativement aisée, cette dernière ayant assez peu souffert du deuxième conflit mondial. Il en va tout autrement de la réconciliation avec la Pologne ou encore l'Ukraine, qui reste à faire...

Au fil des époques, GeoHistoire évoque l'empereur Charlemagne / Karl der Grosse dont Français et Allemands se disputent la mémoire, l'aventure des cathédrales gothiques, inaugurée dans le Bassin Parisien et continuée en Allemagne (comme dans le reste de l'Europe occidentale), les échanges intellectuels au temps des Lumières, avec Voltaire, bien sûr, mais aussi Leibniz, Goethe, Offenbach et par-dessus tout Heinrich Heine.

L'historien Étienne François souligne la persistance des relations entre les deux pays après la guerre franco-prussienne de 1870-1871 : échanges nombreux (on circule sans passeport), fascination réciproque pour la culture de l'autre... Les Français goûtent le festival de Bayreuth. Berlin s'inspire de l'urbanisme parisien et de son métro etc.

Après un détour par les guerres mondiales, GeoHistoire clôt son dossier par l'émouvante histoire de la chanteuse Barbara à Göttingen.

André Larané


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