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Fêtes et solennités
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Moeurs

Français en fête


Musiciens ambulants, mosaïque pompéïenne, musée de Naples, 100 avant JC

Faire la fête ? Quelle idée ! À l'époque du «Travailler plus...», il peut sembler déraisonné de perdre ainsi son temps et son argent...

Pourtant, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, l'être humain s'est employé avec beaucoup d'imagination à multiplier ces occasions de réjouissance ou de recueillement.

Reflet des mentalités du moment, la fête, comme l'indique l'origine latine du mot («dies festus»), est un jour «frappé» d'un signe spécial, un temps sacralisé. Plongeons-nous dans son univers coloré...

Rome en fête : tous ensemble !

55 ! C'est le tout petit nombre de jours ouvrables ou «fastes» que les Romains devaient consacrer au travail si l'on retire du calendrier les jours «néfastes» réservés aux dieux et les jours mixtes. Les fêtes ont donc un poids considérable dans la vie quotidienne : elles soulignent le lien avec les divinités et contribuent à la cohésion sociale.

Obligation sociale, la fête permet de montrer son attachement à la communauté ou à l'empereur. Pas question de faire triste mine quand tous rendent grâce aux dieux, célèbrent un triomphe militaire ou s'enthousiasment pour les héros des jeux du cirque ! Certaines fêtes privées, comme les obsèques, peuvent aussi devenir spectacles.

L'Église à l'assaut du calendrier

Avec l'arrivée de la religion chrétienne, les données changent. Finies, mythologies romaines et superstitions celtiques ! Il importe de faire disparaître les anciennes croyances. Pour cela, l'Église dispose de l'arme parfaite : le calendrier.

Les païens célébraient Mithra et la naissance du soleil fin décembre ? Ce sera désormais Noël et le rappel de l'Incarnation du Christ. Les Romains aimaient à se rassembler pour favoriser la fécondité de la nature en mangeant des galettes en l'honneur de Proserpine ? Le renouveau sera à présent symbolisé par la crêpe, en forme de soleil, de la Chandeleur, commémoration de la Présentation du Christ au Temple. Pensons aussi aux feux de la Saint-Jean, le 24 juin, directement inspirés de cultes païens et notamment celtes.

C'est ainsi qu'après l'An Mil, dans la chrétienté, un jour sur trois est chômé en raison des fêtes. Les célébrations religieuses rythment le calendrier mais l'année est également riche en festivités profanes. Les fêtes personnelles, communautaires et politiques sont prétexte à processions, joutes, tournois, festins... qui renforcent sans cesse les liens sociaux.

La fête : un rite de passage

Et si la vie n'était qu'une succession de fêtes ? Du baptême aux anniversaires, de la communion aux noces de platine, les grandes étapes de l'existence donnent lieu à des réjouissances, d'ordre religieux ou simplement personnel. Il s'agit de marquer l'appartenance de l'individu à une famille, à une communauté, à la société tout entière.

Ces festivités s'accompagnent de rites souvent anciens, à l'exemple du lancer de riz sur les mariés pour apporter la fécondité au couple. Même ceux qui ont du mal à se faire une place dans la collectivité ne sont pas oubliés : c'est le cas des jeunes filles célibataires de 25 ans, invitées à coiffer sainte Catherine le 25 novembre. Du côté des garçons, le service militaire et sa «quille» si convoitée ont longtemps fait office d'entrée dans le monde des adultes. Si les rites du deuil ont peu ou prou disparu, la mort reste l'occasion de retrouvailles dans le souvenir de la personne décédée.

Moyen Âge : les rues s'animent

Oyez ! Oyez ! C'est la fête dans les rues ! Nous sommes au XIIe siècle et les villes commencent à surgir de terre. Avec elles, voici les grandes foires et braderies qui attirent toute la population d'alentour. Certaines ont traversé les siècles, comme la Grande Braderie de Lille, le premier dimanche de septembre. Les «nouveaux riches» veulent montrer leur puissance en orchestrant de fastueuses fêtes patronales, et les corporations d'artisans rivalisent d'imagination pour prendre place dans cette nouvelle organisation sociale.

Dans les cités enrichies par le commerce, «ducasses» et défilés de Géants donnent l'occasion aux citadins de toutes conditions de resserrer leurs liens dans la bonne humeur. Au pied d'un mât de cocagne, au coeur d'un charivari, au milieu d'une farandole, sur un char bariolé, costumé en sauvage ou en fou, chacun profite d'une vie qu'il sait précaire.

Les fêtes étudiantes : les plus folles !

Les bourgeois s'en méfient, les autorités les surveillent... Voici les confréries d'étudiants qui envahissent les rues dans un grand élan de défoulement joyeux. Animées par des «abbés» élus par leurs soins, elles se lancent dans des jeux scéniques imaginatifs, chers à Rabelais. À l'occasion du carnaval, les chahuteurs laissent libre cours à une éloquence satirique et libertine que le pouvoir observe avec suspicion. Tout ce beau monde retrouve cependant son sérieux pour la cérémonie de doctorat, organisée à la cathédrale ; puis c'est la traversée de la ville en cortège au son du hautbois, conclue par un festin bien mérité.

Le père cent (ou percent, cent jours avant le baccalauréat... ou la fin du service militaire) et les monômes des carabins (étudiants en médecine) prolongent aujourd'hui cette tradition.

Le clergé ferme les yeux sur les débordements et se préoccupe davantage d'éliminer les superstitions et figures païennes qui peuplent encore l'imaginaire des campagnes. Les divinités de la nature sont en effet toujours bien présentes, dissimulées dans les sources, les animaux ou encore les menhirs. L'Église choisit de les assimiler. Ce sera notamment le rôle de La Légende dorée, ouvrage rédigé au XIIIe siècle par le dominicain italien Jacques de Voragine. S'appuyant sur les traditions locales, il inscrit le merveilleux dans la religion chrétienne à travers l'épopée de ses héros, saints guerriers ou protecteurs.

Dans le même temps, des fêtes sont instaurées aux grandes dates du calendrier agraire qui reprend ainsi à son compte les rites ancestraux destinés à assurer la fertilité. Dans les trois jours précédant l'Ascension, les paysans ont recours aux Rogations, prières et processions de printemps pour prévenir les calamités et attirer la bénédiction du ciel sur les champs et les troupeaux. Ils prient aussi et processionnent à la Fête-Dieu, 60 jours après Pâques. Ils célèbrent Saint Vincent le 22 janvier pour s'assurer de belles vendanges...


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Publié ou mis à jour le : 2015-10-26 19:21:31

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