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Pierre-Auguste Renoir

Essoyes ou la palette du bonheur


plus de cinquante ans, Renoir dcouvre Essoyes, le village natal de son pouse. Il sy plat tant quil en fera sa terre dlection estivale. Il y puisera aussi une foule de sujets et de couleurs quil transformera en tableaux.

Non loin de son atelier, se dresse sa maison, ouverte pour la premire fois au public, aprs une minutieuse reconstitution. Une occasion unique de simmerger dans la vie, les joies et luvre du peintre.

« La maison d'Essoyes », 1906, Pierre-Auguste Renoir, collection privée.

La maison des jours heureux

Nichée au cœur d’Essoyes, petit village de 700 habitants posé sur la plaine de Champagne, à une heure de Troyes, la maison de Renoir reflète largement les goûts et les choix de vie du peintre. Il est déjà dans la deuxième partie de sa vie lorsqu’il fait cette acquisition.

L’acte de vente stipule une valeur de 4 000 francs. En 1896, c’était une somme très conséquente puisqu’elle représentait presque dix ans du salaire d’un ouvrier agricole. Mais Renoir est déjà connu et vit largement de son art.

« Jeunes filles au piano », 1892, Pierre-Auguste Renoir, Paris, musée d'Orsay.En 1892, n’a-t-il pas vendu à l’État l’un de ses tableaux, Jeunes filles au piano pour… 4 000 francs ? L’achat de cette maison est un événement. C’est la première fois que le couple est propriétaire, de surcroît dans le village natal de l’épouse de Renoir.

À l’origine, il s’agit de deux corps de bâtiments séparés, appartenant à des familles de vignerons. Il faudra 4 à 5 ans de travaux pour les réunir et aboutir à la configuration actuelle de la maison : un rez-de-chaussée abritant les pièces à vivre, un premier étage avec les chambres, le tout surmonté de combles aménagés pour héberger les domestiques. La tour accolée au corps du bâtiment est aussi une addition destinée à accueillir l’escalier desservant les autres niveaux.

En 2013, au moment du rachat par la commune, la maison de Renoir, déjà passée entre les mains de deux générations de descendants, ne ressemblait plus guère à ce qu’elle était de son vivant. Comment restituer l’ambiance du lieu et créer le dispositif capable de replonger le visiteur dans le quotidien qui fut celui du peintre ?

Maison de Pierre-Auguste Renoir, © Ch. Pinteaux.Cette mission délicate est confiée à une équipe de production audiovisuelle spécialisée en muséographie. Leur base de départ sera le décor du film Séraphine, de Martin Provost, dont le chef décorateur, Thierry François, a obtenu le César du meilleur décor. 

S’y ajouteront des recherches documentaires, auxquelles contribueront Sophie Renoir, l'arrière-petite-fille du peintre et Anne Distel, conservateur général honoraire du patrimoine au Musée d'Orsay.

Des sondages effectuées dans la maison ont également permis de trouver quelques vestiges des papiers peints d’origine, aux motifs floraux et très colorés.

C’est Catherine Jarrier, elle aussi titulaire d’un César, qui a réussi à retranscrire l’atmosphère du début du XXe siècle grâce à une reconstitution très pointue des meubles et des tapisseries de l’époque.

Salon de la maison des Renoir, © culturebox, DR.

Un bouillonnement perpétuel : le salon

Sitôt franchie l’entrée, les visiteurs découvrent un salon spacieux qui fut aussi, pendant dix ans, l’atelier de Renoir. C’est dans cette pièce qu’ont posé notamment Gabrielle, la domestique et nourrice de Jean, ou encore Renée Jolivet, nourrice de Coco, l’un des fils de Renoir.

« Jeune fille au miroir », vers 1915, Pierre-Auguste Renoir, musée des Beaux-Arts de Rouen.Le peintre était un amoureux de la vie, d’où une superposition des activités artistiques, sociales et familiales caractérisée par un joyeux capharnaüm : chevalet, reproductions de tableaux et vêtements nonchalamment disposés sur un paravent d’un côté, canapés et fauteuils de l’autre, entourant des jeux d’enfants épars, le tout dans une farandole de couleurs…

Deux toiles originales sont aussi exposées dans cet espace (jusqu’au 27 septembre 2017) : Jeune fille au miroir, prêtée par le musée des beaux-arts de Rouen, et Le Petit Pont, représentant un pont de la commune voisine et prêtée par celui d'Orsay.

Dans cet intérieur chaleureux, Renoir recevait beaucoup. Figuraient souvent parmi les convives Julie Manet (fille de Berthe Morisot et d’Eugène Manet, nièce d’Édouard Manet), Ambroise Vollard (un marchand d’art avec qui Renoir a souvent travaillé), Georges Rivière (critique d’art, il est l’un des jeunes hommes du Bal du Moulin de la Galette), ses filles et leurs maris respectifs, Edmond Renoir Jr et Paul Cézanne fils, Henri Matisse, Georges Durand-Ruel (le premier marchand d’art à avoir cru aux peintres impressionnistes), Aristide Maillol ou encore Martial Caillebotte (fils de Gustave Caillebotte, peintre et collectionneur, ami de Renoir).

Une intimité préservée

Au premier étage se situent les chambres de Renoir, de son épouse – ils dormaient séparément – et de leurs enfants. Le peintre estimait qu’il fallait être jeune pour vivre « l’un sur l’autre » et il aimait préserver son intimité.

Chambre de Pierre-Auguste Renoir, © Ch. Pinteaux.

- La chambre de Renoir

Le guéridon, la commode, la table et le lit sont les seuls objets lui ayant véritablement appartenus. L’emplacement du lit est à remarquer : il est face à la fenêtre ! De sorte que c’est le soleil qui réveillait le peintre.

En dépit de sa maladie, un rhumatisme polyarticulaire inflammatoire déformant, Renoir n’a jamais renoncé à prendre son petit-déjeuner au rez-de-chaussée. Faute d’ascenseur, c’est sa domestique et une infirmière qui le faisaient descendre les escaliers à l’aide d’une chaise à porteur.

Chambre d'Aline Renoir, © Ch. Pinteaux.

- La chambre d’Aline

Cette chambre se caractérise essentiellement par une porte intérieure qui permet à Aline d’entrer directement dans la chambre de ses enfants sans être contrainte de passer par le couloir. Peut-on déduire, à partir de cette configuration, quelques traits psychologiques de l’épouse de Renoir : son extrême sollicitude envers ses enfants ? son désir de se préserver de tout regard extérieur, fut-il même celui de son mari ?

- La chambre des enfants

Seuls les lits sont d’origine, mais les peluches, jouets et livres d’enfants nous plongent dans une atmosphère enjouée et ludique.

Un soin particulier a été porté aux tapisseries des trois chambres et du salon atelier. À partir de fragments retrouvés sous des couches de papier peint plus récentes, ou de photographies, l’atelier d’Offard, spécialisé dans la fabrication de tapisserie ancienne, à presse de bois, a reproduit les motifs d’époque.

Atelier de Pierre-Auguste Renoir, 1er étage, © Sylvain Bordier.

L’atelier au fond du jardin

L’atelier, toujours très prisé des visiteurs, n’a vu le jour qu’en 1906, soit dix ans après l’acquisition de la maison. Avant cette date, Renoir travaillait dans son salon. Une situation qui a évolué du fait de la vie familiale, explique sa fille Sophie : « Il ne voulait pas déranger les enfants dans leurs jeux, alors il a décidé d’acheter une nouvelle parcelle, accolée au jardin de la maison, et d’y construire un atelier. »

Atelier de Pierre-Auguste Renoir, rez-de-chaussée, © Sylvain Bordier.En parcourant cet « antre », le visiteur plonge dans le quotidien d’un artiste, tout entier voué à son art et méprisant la maladie. Le rez-de-chaussée, plutôt sombre, accueille à présent le fauteuil roulant qu’il utilisait au quotidien pour se déplacer à la fin de sa vie. Il surplombe une citation qui résume à merveille sa passion pour son art : « Et bien j’aime mieux peindre que marcher. » L’une de ses domestiques laissait en effet le fauteuil au rez-de-chaussée et portait le peintre à l’étage.

Renoir passait ses journées dans cette pièce inondée de lumière, avec le ciel pour seul témoin. Au milieu des œuvres et objets exposés, un grand volume plat et rectangulaire capte les regards, posé contre un mur à côté d'une fenêtre. C'est dans cet assemblage de panneaux de bois que Renoir glissait ses tableaux afin de les protéger durant leur voyage vers Paris. Mais c’était au temps où le train s’arrêtait à Essoyes...

Vanessa Moley

Publié ou mis jour le : 2017-07-26 18:47:06

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