Un jeudi matin, confortablement installé sur une banquette du Café des Frères Prévert, Andres Serrano, 73 ans, parle avec émoi de « son » Amérique. Dans cet ex-cabaret installé au rez-de-chaussée de l’actuel musée Maillol, fréquenté en son temps par Boris Vian, Yves Montand et autres Barbara, l’artiste new-yorkais témoigne de sa volonté à « contribuer au débat sur l’identité américaine dans toute sa diversité ».
Avec « Portraits de l’Amérique » (30 avril–20 octobre 2024), le musée Maillol propose un voyage dans l'œuvre étatsunienne d’un artiste provocateur. Au fil de dix séries et quatre-vingt-dix photographies à l’objectivité glacée, l’exposition livre le portrait anthropologique d’une Amérique fracturée, telle que Serrano la croise au quotidien depuis quarante ans. Et telle qu’il la sent évoluer sous son objectif, vers toujours plus de violence, de déclassement, et de marginalisation.
Publié ou mis à jour le : 2024-05-23 11:03:08
Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Aucune réaction disponible