Le monde à l'apogée égyptien

Anatolie : le nouvel empire hittite

Au milieu du XVe siècle av. J.-C., le royaume hittite traverse une période très sombre caractérisé par des meurtres et des coups d’État. À l’extérieur, il doit faire face à deux principales menaces : les Gasgas au nord, qui forment un peuple de montagnards, et les Hurrites au sud-est, qui ont fondé le puissant royaume du Mitanni.

Puissants et si vite disparus !

L’avènement du roi Tudhaliya Ier, qui règne autour de 1430 av. J.-C. marque un regain de vitalité du pays. Les Hittites bénéficient surtout de l’affaiblissement du Mitanni attaqué par l’Egypte de Thoutmosis III, ce qui leur permet d’étendre à nouveau leur influence sur le Kizzuwatna. Cette expansion vers la sphère mitannienne amène en retour de nombreux Hurrites dans la Cour hittite.

À l’ouest, les Hittites remportent des victoires contre l’Arzawa, à l’époque où les Mycéniens commencent à s’implanter sur la côte anatolienne. Mais au nord, les Gasgas continuent de pénétrer dans le royaume et de ravager le pays : la capitale Hattusa elle-même est pillée vers 1380 av. J.-C.. L’Arzawa en profite pour regagner du terrain.

Ce n’est qu’à l’avènement du roi Suppiluliuma Ier, vers -1360, que démarre vraiment le Nouvel Empire hittite. Il commence par repousser les Gasgas et l’Arzawa, puis se tourne vers la Syrie. A cette époque, les rois locaux sont au carrefour des influences de l’Egypte et du Mitanni, qui sont devenus des alliés. Cependant, l’inaction de l’Égypte face à l’attaque de Suppiluliuma permet aux Hittites de s’en emparer.

À l’est, l’Assyrie en a profité pour se détacher de l’influence du Mitanni. L’action combinée de Souppilouliouma (Suppiluliuma) et d’Assur-Uballit donne le coup de grâce au Mitanni qui devient un état vassal. La ville de Karkemish est la dernière à tomber vers 1326 av. J.-C., et devient la 2e ville de l’empire hittite. Les Hittites tentent également de progresser davantage vers le sud, mais sont arrêtés par le pharaon Horemheb qui reprend Qadesh. Cette ville sera régulièrement perdue et reprise dans les décennies suivantes.

Suppiluliuma meurt de la peste vers 1322 av. J.-C., de même que son successeur quelques mois plus tard. Mursili II monte alors sur le trône et reprend la lutte contre les Gasgas et l’Arzawa, qui s’est allié entre temps aux Mycéniens. Il finit par s’emparer de sa capitale Éphèse, et l’ensemble du territoire tombe sous suzeraineté hittite. A sa mort vers 1295 av. J.-C., l’empire hittite est à son apogée.

Muwattali II parvient à maintenir la vitalité de l’empire, et étend même sa domination au nord-ouest jusqu’à la ville de Troie. Mais il ne parvient pas à contenir les prétentions de l’empire assyrien qui s’empare de toutes les terres à l’est de l’Euphrate, tandis qu’au sud les Egyptiens restent très menaçants.

Mursili III lui succède en 1272 av. J.-C., mais est victime d’un coup d’État perpétré par Hattusili Ier. Cet usurpateur règne 27 ans et déploie beaucoup d’efforts pour affirmer sa légitimité. Son activité diplomatique lui permet de mettre fin à plus d’un siècle de conflit avec l’Égypte. L’empire assyrien reste la principale puissance hostile, mais au nord les Gasgas continuent de menacer les frontières tandis que la domination hittite à l’ouest reste fragile. Le règne de son successeur Tudhaliya IV marque une profonde évolution religieuse qui confirme que la culture hurrite continue de gagner du terrain au sein du Hatti. Les hiéroglyphes hittites, inventés deux siècles plus tôt par les Louvites, tendent dans le même temps à remplacer l’écriture cunéiforme. Tudhaliya IV conquiert également l’île de Chypre.

Avec son règne, le rayonnement de l’empire hittite touche à sa fin : en effet, sa mort vers 1215 av. J.-C. marque le début d’un effondrement rapide. Des peuples venus de la mer Égée s’avancent inexorablement en détruisant tout sur leur passage : ainsi, les principales villes de l’empire comme Hattusa ou Ugarit disparaissent définitivement vers 1180 av. J.-C., à l’exception de Karkemish. Ces peuples conquérants affaibliront aussi de proche en proche tous les autres empires du Proche-Orient, mais c’est en Anatolie que la chute est la plus radicale. Leur origine est probablement à trouver en Grèce, où la civilisation mycénienne disparaît au même moment de façon tout aussi brutale. L’arrivée de nouveaux peuples venus du nord, les Doriens, a peut-être initié cette réaction en chaîne.

Quoi qu’il en soit, les Hittites parviendront à reformer de petits États à l’ouest de Karkemish, appelés « royaumes néo-hittites », mais ils ne retrouveront jamais plus le devant de la scène.


Publié ou mis à jour le : 2020-05-09 11:38:32

 
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