Wolfgang «Amadeus» Mozart (1756 - 1791)

Aimé de Dieu et des hommes

Wolfgang « Amadeus » Mozart naît le 27 janvier 1756 à huit heures du soir dans une belle maison bourgeoise de Salzbourg.

L'enfant révèlera très tôt des dons musicaux exceptionnels qui lui vaudront le qualificatif de « divin Mozart ». Depuis deux siècles et demi, il figure parmi les plus aimables représentants de l'humanité.

Camille Vignolle

Fils prodige

Portrait de Mozart à six ans, par Pietro Antonio Lorenzoni (1721-1782), Musée Mozart, SalzbourgLors de la naissance de Mozart, Salzbourg, agréable cité alpine, est une principauté ecclésiastique indépendante gouvernée par un prince-archevêque et située entre la Bavière et les États autrichiens des Habsbourg. Elle sera rattachée à l'empire d'Autriche seulement en 1815, soit 25 ans après la mort du compositeur (ce qui fait de ce dernier un Allemand et non un Autrichien).

Wolfgang est le dernier-né d'une famille de sept enfants... et le seul survivant avec sa soeur Maria, de cinq ans plus âgée que lui, plus connue sous le petit nom de « Nannerl ». Elle ne manque pas non plus de talent pour la musique et se révèle une virtuose du clavecin. 

Sur cet instrument, en vogue au XVIIe siècle, la puissance des sons est indépendante de la force avec laquelle le musicien frappe sur les touches. C'est ce qui le différencie du piano-forte, qui lui succèdera au début du XVIIIe siècle, et du piano, ultime déclinaison du piano-forte.

De Theophilus à Amadeus

À son baptême, le lendemain de sa naissance, le futur compositeur reçoit les prénoms de Johannes Chrysostomus Wolfgang Theophilus (plus tard s'ajoutera à la liste Sigismond, par égard pour le prince-archevêque de la ville Sigismond von Scrattenbach).

Très vite, son père Léopold remplace le grec Theophilus par l'allemand Gottlieb (dans l'une et l'autre langue, le prénom signifie « Aimé des dieux » ; le correspondant français étant Amédée).

En 1770, lors d'un premier voyage en Italie, Mozart hérite de la traduction italienne de Gottlieb, Amadeo... Mais jamais il n'utilisera la variante latine Amadeus popularisée par le film de Milos Forman.

Père attentionné

Léopold, le père de Wolfgang, est maître de chapelle du prince-archevêque de Salzbourg et par ailleurs excellent pédagogue, auteur d'une célèbre Méthode de violon (1756). Il devine très tôt les extraordinaires dispositions de son fils pour la musique et il les cultive avec art et détermination, lui apprenant à jouer des instruments (piano et violon) et à composer.

C'est ainsi que le jeune prodige joue devant l'impératrice Marie-Thérèse dès l'âge de cinq ans et compose sa première oeuvre, un menuet pour piano. On admire ses dons d'instrumentiste et lui-même prend plaisir à donner des concerts les yeux bandés.

À l'âge de sept ans, il entame une tournée de presque cinq ans à travers l'Europe avec sa soeur, sous la houlette aimante de leurs parents. Se déplaçant d'une cour à l'autre, de Munich à Mannheim, Paris, Londres, Amsterdam, Genève etc, les enfants recueillent un immense succès.

À Londres, Wolfgang est pris en main par Johann Christian Bach, l'un des fils du grand compositeur, qui complète sa formation en matière d'opéra et de pianoforte. L'enfant, qui a déjà composé sa première symphonie à huit ans, se lance à onze ans dans un premier opéra, en latin : Apollo et Hyacinthus. L'année suivante, c'est Bastien et Bastienne, en allemand.

Chéri des dieux

Vivant intensément, dans un tourbillon de travail, de plaisirs et de mondanités, sujet à de fréquentes maladies, tourmenté par les tracas familiaux et financiers, le jeune Wolfgang navigue entre accès de dépression et d'excitation. Il noue une amitié durable à Vienne avec le compositeur Joseph Haydn, qui prend la mesure de son génie. 

Portrait ressemblant de Mozart, réalisé en 1777 par un peintre anonyme pour un collectionneur de Bologne (Bibliothèque de Bologne)Mais le nouveau prince-archevêque de Salzbourg, le comte Hieronymus Colloredo considère si peu Wolfgang qu'il lui fait porter la livrée des domestiques et l'oblige à manger en cuisine ! De désespoir, le compositeur démissionne de sa charge et part à vingt ans pour une nouvelle tournée européenne. Son père étant empêché de quitter Salzbourg par Colloredo, il se fait accompagner par sa mère. 

De passage à Mannheim, en mars 1778, Wolfgang s'éprend de la cantatrice Aloysia Weber mais doit renoncer à ce parti jugé indigne par son père. Poursuivant sa tournée, il arrive à Paris où ses prestations sont accueillies dans l'indifférence. Pour tout gâter, sa mère meurt en juillet 1778. Elle est inhumée à l'église Saint-Eustache.

De retour à Salzbourg, le jeune homme doit reprendre son emploi auprès du prince-archevêque.

Il bénéficie d'un premier succès avec l'opéra Idoménée dont la première représentation a lieu à Munich le 29 janvier 1781. Peu après, le 9 mai 1781, à Vienne, il a une dispute mémorable avec son employeur prince-archevêque, qui le traite de gueux et de crétin. 

Mozart s'établit alors à Vienne, chez les parents d'Aloysia Weber, avec la perspective d'exercer son art en indépendant.

Aloysia ayant fait un beau mariage, Wolfgang ne tarde pas à tourner son regard vers sa soeur Constance. Voici ce qu'il en dit dans une lettre à son père : « Elle n'est pas laide, mais elle n'est toutefois rien moins que belle. Toute sa beauté réside en deux petits yeux noirs et une belle taille. Elle n'a pas de vivacité d'esprit mais suffisamment de sain entendement pour remplir ses devoirs d'épouse et de mère »

Constance Weber, épouse de Mozart ( 5 janvier 1762 ; 6 mars 1842, Salzbourg)Il l'épousera malgré ce portrait peu flatteur et l'opposition de son père au mariage. En dépit de tout, les deux époux s'aimeront de façon passionnée... et très charnelle. Ils auront six enfants dont deux seulement survivront.

Le 16 juillet 1782, l'empereur Joseph II assiste à la première représentation au Burgtheater de Vienne du singspiel(opéra populaire comique) L'enlèvement au sérail. Il s'agit du premier opéra en allemand (et non plus en italien).

Après la représentation, l'empereur félicite le compositeur en des termes inattendus :
« Trop joli pour nos oreilles et trop de notes, mon cher Mozart !
- Sire, pas une de trop ! »

Joseph II, mélomane certifié, a été dérouté par la représentation. Il s'attendait selon les usages de l'époque à quelques turqueries aimables et faciles, ne livrant au public que quelques ariettes (airs faciles à chanter). Il se demandait si le compositeur n'avait pas « saturé de musique » une oeuvre sans prétention.

Plusieurs autres opéras suivent, dont Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi fan tutte, tous les trois sur un livret en italien de l'abbé libertin Lorenzo da Ponte. 

Les Noces de Figaro est inspiré par la pièce de Beaumarchais, Le mariage de Figaro, qui a fait scandale à Paris et a été interdite à Vienne. L'opéra est néanmoins autorisé par l'empereur par le fait qu'il est en italien ! Il est joué le 1er mai 1786 au Burgtheater, à Vienne, mais c'est à Prague qu'il va véritablement triompher. Même déconvenue avec Don Giovanni. Inspiré par la tragédie Don Juan de Molière, cet opéra est créé et applaudi à Prague mais sifflé à Vienne. 

Wolfgang vit à Vienne sur un grand pied, avec maison spacieuse, domestiques, voiture avec chevaux... Fort de sa notoriété, il vend ses oeuvres à des éditeurs de musique, donne parfois des cours à des enfants de l'aristocratie et organise des concerts, financés par souscription publique. Avide de plaisirs et de luxe, il dépense sans compter, ce qui l'amène à rompre avec son père Léopold. Mais, après l'échec de Don Giovanni, cependant, ses recettes diminuent et lui-même commence à s'endetter jusqu'à tomber dans le besoin  et la pauvreté.

La mort de Joseph II, le 20 février 1790, et l'avènement de Léopold II, parfaitement indifférent à la musique, privent Mozart de l'espoir de devenir un jour musicien de cour. Une commande impromptue, pour le couronnement du nouvel empereur, l'amène à écrire en un temps record (20 jours) un nouvel opéra, La Clémence de Titus. Ce sera un échec, vite compensé par l'accueil enthousiaste de la La Flûte enchantée, le 30 septembre 1791 à Prague. Cette euvre populaire, en allemand, reprend des thèmes franc-maçonniques, comme une douzaine d'autres compositions de Mozart, entré en maçonnerie en décembre 1784.

Drame

Mozart meurt d'épuisement à 35 ans, le 5 décembre 1791, sans venir à bout d'un Requiem commandé par un certain comte Franz von Walsegg, compositeur médiocre qui comptait le faire jouer sous son nom dans sa chapelle privée à la mémoire de sa femme. L'oeuvre sera achevée par un disciple, Franz Xaver Süssmayr, conformément à ses ultimes instructions.

Mozart (Salzbourg,Mozart museum) Wolfgang est inhumé dans la fosse commune du cimetière Saint-Marc, à quelques kilomètres de Vienne, mais l'on n'en retrouvera pas l'emplacement lorsque l'on voudra plus tard donner au musicien une sépulture digne de son génie.

Il nous reste l'essentiel : plus de 600 oeuvres de toute nature (opéras, sonates, concertos, quatuors à cordes, symphonies), dont la célébrissime Petite musique de nuit, qui marquent l'apogée de la musique classique occidentale.

On peut voir La Flûte enchantée au cinéma, joliment filmée par Ingmar Bergman, et la vie de son auteur, romancée avec un immense talent par Milos Forman, dans le film Amadeus. Le cinéaste reprend à ce propos la légende selon laquelle le compositeur prodige aurait été persécuté à mort par un rival jaloux, Antonio Salieri.

Publié ou mis à jour le : 2019-05-22 17:18:26

 
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