Zhongguo, « le pays du Milieu »

Abrégé d'histoire chinoise

Les Chinois appellent officiellement leur pays Zhongguo (« le pays du Milieu »). Eux-mêmes se disent Han ou fils de Han en référence à la dynastie mise en place par Liu Bang, après la mort du Premier Empereur.

Les mots Chine et Chinois par lesquels nous désignons le pays et ses habitants viendraient selon certaines hypothèses de Qin, la dynastie du Premier Empereur, selon d'autres, de sseu, qui désigne en chinois la soie, le principal produit d'exportation du pays sous l'Antiquité. Les Romains eux-mêmes appelaient la Chine : Serica (« le pays de la soie »).

La Chine dans ses frontières actuelles

La Chine dans ses frontières actuelles (carte: Alain Houot ; cliquez pour voir la carte agrandie)Longtemps le pays le plus peuplé du monde avec un cinquième de l'humanité, la Chine (1,4 milliard d'habitants) est aujourd'hui devancée par l'Inde. Elle s’étend sur une superficie considérable (9 millions de km2) et englobe des peuples et des climats très divers, mais ce sont véritablement les plaines et les plateaux de l’est qui forment son coeur historique :
• Le nord, caractérisé par un climat plutôt froid et sec, propice à la culture du millet, est baigné par le Huang He ou Fleuve Jaune, et son affluent le plus important, la Wei.
• Le sud, caractérisé par un climat chaud et humide propice à la culture du riz, est baigné par le Xi Jiang ou Rivière des Perles qui se jette dans la mer de Chine au niveau de Canton (province  du Xianjong), ainsi que par le Yangzi ou Fleuve Bleu, lequel baigne en aval la ville de Nankin.

Émergence de la civilisation chinoise

Le berceau de la Chine est la riche plaine céréalière du Fleuve Jaune (Huang He) et de son affluent, la rivière Wei. Là se sont développés les dynasties mythiques des Xia ainsi que des Shang et des Zhou (« époque des Printemps et des Automnes »).

Ensuie, au temps des « Royaumes Combattants »,  le royaume de Qin a absorbé ses rivaux sous l'énergique direction de Zhen Ying, devenu en 221 av. J.-C.  le Premier Empereur ou plus précisément le Premier Auguste souverain (Qin) : (Qin) Shi Huangdi. On lui doit la Grande muraille de Chine. 

- la dynastie des Han (202 av. J.-C. à 221) :

Un aventurier du nom de Liu Bang (Gaozu) profite de la rapide déliquescence de la dynastie Qin pour s'emparer du pouvoir et fonder la dynastie des Han, amenée à perdurer quatre siècles. Il obtient le ralliement des sages confucéens, dont le premier empereur avait fait brûler les livres, et confère ainsi une légitimité religieuse au pouvoir des Han.

Les Han s'appliquent à « siniser » l'empire en installant des Chinois en Corée ou dans les provinces du sud et en imposant par la force une « pax sinica » à l'Asie centrale. Ils permettent ainsi l'ouverture de la Route de la Soie et des contacts commerciaux avec Inde et empire romain. Au Ier siècle de notre ère, des voyageurs indiens commencent également à introduire le bouddhisme en Chine.

Le pouvoir Han sombre en 220 après J.-C., sous la pression des révoltes paysannes et de sa corruption interne. La Chine entre alors dans une nouvelle période de morcellement.

- la dynastie des Tang (618 à 907) :

Il faut attendre le VIIe siècle pour que Taizong le Grand et la dynastie des Tang réussissent à réunifier la Chine, jusqu'au Turkestan à l'ouest. Le confucianisme redevient alors doctrine officielle de l'État.

Toutefois, au milieu du VIIIe siècle, la rébellion d'An Lushan, chef de guerre d'origine turque, entraîne l'empire dans une totale anarchie, occasionnant des millions de morts. Après le recensement de 754, qui évaluait la population de la Chine à 52 millions d'habitants, celui de 834 n'en relève plus que 30 millions. Au début du Xe siècle, la dynastie Tang s'effondre, en butte aux révoltes populaires et surtout aux poussées de ses voisins, les nomades turcs et ouïgours.

L'empereur Song Taizu (rouleau de soie, vers 1000, musée national de Taipeh, Taiwan)

Chinois et Barbares en alternance

La période de chaos qui s'ensuit, surnommée période des Cinq dynasties et des Dix États, prend fin grâce au charisme d'un guerrier, qui devient empereur sous le nom de Song Taizu et fonde la dynastie des Song.

- la dynastie des Song (960 à 1276) :

La Chine des Song donne naissance à une civilisation florissante qui utilise l'imprimerie et le papier-monnaie, invente la poudre et valorise la littérature et la peinture. Cependant, les Song ne dominent pas l'intégralité de l'empire des Tang mais doivent se contenter du sud du fleuve Jaune, tandis que deux autres États occupent le Nord et l'Ouest de la Chine actuelle.

C'est donc à une Chine tricéphale que s'attaque le terrible Gengis Khan au début du XIIIe siècle. Les Mongols dévastent d'abord Pékin, la capitale du Nord, mais épargnent le Sud. Le petit-fils de conquérant, Kubilaï Khan, achève la conquête. Il s'attaque à l'empire des Song et s'empare de Hangzhou, la prestigieuse capitale des Song. Le 11 février 1276, la dernière impératrice Song lui remet le grand sceau de l'empire qui confirme sa nouvelle légitimité.

- la dynastie des Yuan (1260 à 1368) :

Exit les Song, donc, remplacés par la dynastie mongole Yuan.

L'empereur mongol Kubilaï Khan réunifie la Chine et installe sa capitale à Pékin qu'il fait renaître de ses cendres. Bien qu'il soit le premier étranger à régner sur la Chine, il respecte ses coutumes, tout en valorisant le bouddhisme plus que les autres philosophies. La Chine s'ouvre à nouveau aux échanges avec l'Occident. Marco Polo y est reçu très courtoisement.

Néanmoins, la fierté chinoise s'accommode mal d'un souverain étranger...

- la dynastie des Ming (1368 à 1644) :

Au milieu du XIVe siècle, un fils de paysans mène une révolte contre les Yuan. Nankin et Canton, puis Pékin, tombent, forçant les Mongols à regagner leurs steppes. Le chef rebelle Zhu Yuanzhang instaure la dynastie des Ming sous le nom de règne Hongwu.

Sous le règne des Ming, la pression des Européens sur la Chine s'accentue. En 1557, les Portugais s'installent à Macao. Les souverains ne semblent pas s'en inquiéter outre mesure, préoccupés en priorité par la menace mongole qui perdure derrière la Grande Muraille. Le danger viendra finalement du nord, sous la forme d'une poussée mandchoue à la fin du XVIe siècle. L'artillerie fournie par les missionnaires jésuites permet dans un premier temps de les repousser aux portes de Pékin, mais la ville finit par tomber en 1644.

Chinois et Barbares

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L'Empire du Milieu connaît au cours du deuxième millénaire une alternance de dynasties nationales et étrangères : Song, Yuan (Mongols), Ming, Qing (Manchous)...

- la dynastie des Qing (1644 à 1912) :

Les Qing mandchous prennent les rênes de l'empire du Milieu. L'empereur Kangxi, le « Roi-Soleil » chinois , le hisse à un très haut niveau de prospérité. Au XVIIIe siècle, sa population passe de 100 à 300 millions d'individus, en partie grâce à un radoucissement du climat qui favorise les récoltes !

Mais quand l'ambassade Macartney se présente à Pékin en 1793, le vieil empereur Qianlong en mesure mal la signification... Au XIXe siècle, la Chine va se montrer incapable de résister à la rapacité des commerçants occidentaux et en particulier anglais.

Ces derniers mènent contre elle deux « guerres de l'opium », qui débouchent sur des traités humiliants dont le traité de Nankin (1842).

L'impératrice douairière Cixi est impuissante à restaurer l'autorité impériale et, en 1912, peu après sa mort, les forces républicaines contraignent le dernier empereur à l'abdication.

- la République populaire (1949 à ...) :

Mao ZedongAu terme d'une longue guerre civile, ponctuée par la Longue Marche et la terrible invasion japonaise, les communistes s'emparent du pouvoir en Chine continentale.

Le 1er octobre 1949, à Pékin, du balcon de la Cité Interdite des anciens empereurs, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine.

L'anniversaire de ce jour est depuis lors devenu fête nationale en Chine populaire.


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De Formose à Taïwan
Publié ou mis à jour le : 2025-04-22 17:45:04
Maëlle Thomas-Bourgneuf (20-09-2020 15:24:18)

Juste 2 précisions : beaucoup de sinologues pensent que Lao-zi n'a jamais existé, et que c'est une compilation de traditions orales. Personnellement, je trouve que "LE MONDE CHINOIS" de Jacques Ge... Lire la suite

Lopez Jean-Claude (28-03-2016 20:46:31)

Merci et bravo pour cet article Une question se pose cependant:Qui est véritablement chinois? un brassage de différentes peuplades d'Asie à l'instar du brassage Européen...la définition des fro... Lire la suite

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